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Panneaux photovoltaïques : « Nous avons optimisé tous les coûts grâce à notre projet collectif de bâtiments dans l’Aube »

Dans l’Aube, Samuel Rouilleaux et 16 autres agriculteurs ont créé une SAS commune pour construire 21 centrales photovoltaïques sur bâtiment. Objectif : optimiser les coûts à tous les niveaux et sécuriser le projet.

Les chiffres de la SAS Optim’Agrisoleil sont impressionnants : 21 centrales photovoltaïques sur bâtiments agricoles réparties dans le département de l’Aube, un investissement de 3,5 millions d’euros et une puissance totale installée de 2 252 kilowatts crête (kWc) (100 kWc par centrale environ). C’est un groupe de 17 agriculteurs qui s’est lancé en 2020 dans ce projet photovoltaïque collectif dans l’objectif de mutualiser la maîtrise d’ouvrage, les coûts et les risques d’une telle activité. « Les premières centrales produisent de l’énergie depuis trois ans, le dernier bâtiment construit est en route depuis un an », précise Samuel Rouilleaux, agriculteur à Montangon, sur une exploitation de polyculture(1), et associé de la SAS Optim’Agrisoleil créée par les agriculteurs.

Répondre à un besoin en bâtiment sur les exploitations

Le projet est né début 2020 sous l’impulsion de la FDSEA de l’Aube. « Nous avions alors détecté un besoin de bâtiments chez les adhérents, mais avec parfois des difficultés à le financer », explique Samuel Rouilleaux, également secrétaire général du syndicat. Le photovoltaïque collectif est alors apparu comme une solution. « Nous avons organisé une réunion qui a attiré près de 130 adhérents », se souvient-il. Après avoir découvert le projet en détail, 17 exploitations se lancent finalement dans l’aventure, en pleine période Covid. Les agriculteurs se font accompagner par la société Agrisoleil, spécialisée dans l’assistance à maîtrise d’ouvrage des projets photovoltaïques, en particulier collectif.

Des hangars standardisés pour faire des économies

Le ticket d’entrée pour devenir associé de la SAS et accueillir un bâtiment sur son exploitation a été fixé à 20 000 euros. Tous les bâtiments sont de même taille et de même forme : un hangar bipente de 650 m2, avec des bardages sur trois côtés. Autre condition pour chaque agriculteur : fournir un terrain propre et stabilisé pour permettre les travaux de construction.

La société supporte l’emprunt bancaire pour financer les bâtiments et leur toiture photovoltaïque et c’est elle qui touche les revenus de la vente d’électricité. « Cette solution évite d’augmenter le taux d’endettement sur les exploitations », précise l’agriculteur. Lorsque les prêts seront remboursés, les associés de la SAS vont percevoir les mêmes dividendes. Et ce, quelle que soit l’énergie produite par chaque centrale. « L’objectif est de commencer à verser les dividendes dans 18 ans, voire un peu avant si c’est possible », précise-t-il.

La mise en œuvre collective a permis un véritable effet de levier sur les coûts. « Avec l’appui d’Agrisoleil, nous avons établi des cahiers des charges et lancé des appels d’offres pour la construction des bâtiments et l’installation des panneaux photovoltaïques, explique Samuel Rouilleaux. La standardisation des constructions a permis de négocier des tarifs avantageux dans un contexte où les prix des matériaux étaient en forte inflation. » Les agriculteurs estiment avoir réalisé entre 20 et 30 % d’économies sur la facture totale par rapport à un projet individuel.

Un projet qui fait des émules

Pour le financement bancaire et l’assurance, des appels d’offres ont également été effectués. Au final, le projet a été financé par le Crédit agricole au taux historiquement bas de 1 %. C’est Groupama qui assure les bâtiments après avoir revu sa proposition initiale à la baisse de 30 % pour accompagner les agriculteurs.

Concernant le tarif d’achat de l’électricité, il s’élève en moyenne pour la SAS à 9,8 centimes d’euro par kilowattheure (c€/kWh) avec des prix garantis sur 20 ans.

Face à ce premier succès, un deuxième groupe s’est constitué en 2023 pour construire une quinzaine de bâtiments dans les départements de l’Aube et de la Marne. « La dimension collective de ces projets permet à certains agriculteurs d’accéder à un bâtiment qu’ils n’auraient pas pu faire seul, se félicite Samuel Rouilleaux. Ils réunissent aussi des agriculteurs qui ne se seraient jamais rencontrés autrement. »

Exploitation individuelle, 195 ha de SAU répartis entre la Champagne crayeuse et la Champagne humide. Blé, orge, colza, betterave et multiplication de semences sur la moitié de la surface (luzerne, tournesol et soja).

La solution collective aussi choisie pour l’aménagement intérieur

À condition qu’ils restent à vocation agricole, l’aménagement des bâtiments est à la discrétion de chaque agriculteur. Toutefois, 70 % d’entre eux les ont destinés au stockage à plat des grains. C’est pourquoi ils ont également décidé de mutualiser l’aménagement pour faire baisser les coûts (dalle béton, cloisons de séparation, ventilation…). Les autres bâtiments servent au stockage du matériel agricole, mais aussi au stockage de la paille grâce à la dimension collective. « Généralement, les assureurs n’autorisent pas le stockage de la paille ou du fourrage à cause des risques d’incendie. Mais dans notre cas, si un bâtiment prend feu, l’impact sera limité sur la production et la vente d’électricité à l’échelle de la SAS », précise Samuel Rouilleaux.

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