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Organisation du travail : « Je suis passé au semis direct d'abord dans un objectif de gain de temps sur mon exploitation dans la Sarthe

Dans la Sarthe, Bertrand Leroux-Coyau a abandonné le labour pour s’engager dans le semis direct. La recherche de gain de temps de travail est son objectif premier pour gérer une double activité d’agriculteur et de fiscaliste.

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Alexandre Hatet, chambre d'agriculture des Pays de la Loire et Bertrand Leroux-Coyau, agriculteur à Ballon-Saint-Mars (Sarthe),Le passage au semis direct doit permettre à la vie biologique de se développer dans le sol.
© C. Gloria

La recherche de réduction de temps de travail est l'une des motivations majeures qui a amené Bertrand Leroux-Coyau à abandonner la charrue pour le non-travail du sol. Et pour cause, l’agriculteur à la tête d’une exploitation de 95 hectares (1) dans la Sarthe se rend quelques journées par semaine à Paris pour son activité de fiscaliste. « J’ai repris l’exploitation en 2020 dont les terres étaient labourées avant tous les semis. Un labour était réalisé à raison de 8 à 10 hectares par jour, avec l’aide d’un chauffeur pour assurer la tâche, se remémore l’agriculteur au début de son installation. Je me suis renseigné sur les nouvelles façons de préparer le sol avec, outre la réduction du temps de travail, un objectif d’amélioration de sa qualité. Le taux de matière organique était tombé jusqu’à 1,4 et des phénomènes de battance commençaient à apparaître. »

L’agriculteur a débuté par des techniques culturales simplifiées comportant plusieurs déchaumages avant le semis, toujours gourmandes en temps de travail. Le labour était abandonné en partie et une partie des travaux était déléguée à une ETA. « J’ai avancé dans ma réflexion et j’ai acheté un semoir Horsch CO 6 en juin 2024 pour passer au semis direct sans travail du sol. J’ai alors franchi un palier avec des semis directs de toutes les cultures d’automne avec un gain énorme de temps de travail. J’ai pu assurer moi-même ces semis alors que précédemment, je devais déléguer une partie de ces travaux à un entrepreneur. »

Un semis six fois plus rapide avec des dents adaptées au semis direct sur le Horsch CO

L’agriculteur a chiffré les temps de travaux. « Avec une charrue 4 socs et un semoir combiné rotative, il fallait deux heures pour semer 1 hectare. Avec le semoir Horsch de 6 mètres de large en l’équipant de dents adaptées, il devenait possible de semer 3 hectares à l’heure, soit 25 hectares par jour. » Pour ses cultures d’automne, le semis ne lui prenait plus que deux jours au maximum.

L’agriculteur a tiré avantage de ce nouveau semoir pour améliorer la qualité de semis de ses couverts d’interculture, ces cultures intermédiaires rentrant dans la stratégie d’amélioration de la structure du sol. Précédemment, les couverts étaient semés à la volée avec une qualité de couverture du sol aléatoire. Dorénavant, la levée du couvert est meilleure. Bertrand Leroux-Coyau en réalise avant les cultures d’automne, entre blé et orge d’hiver par exemple, avec un mélange de phacélie, trèfle d’Alexandrie et sarrasin. Semés début juillet, ces couverts sont détruits fin septembre. En interculture longue avant culture de printemps, le producteur a opté pour un mélange féverole-phacélie.

Le passage au semis direct a permis une économie substantielle en consommation de carburant. « Semer un hectare de blé consomme 5 à 6 litres de GNR actuellement », estime Bertrand Leroux-Coyau. Auparavant, avec la charrue et combiné de semis, la consommation était plutôt de l’ordre de 35 litres par hectare (l/ha). « Moins d’heures de tracteur, c'est moins de consommation de fioul, mais aussi moins d'entretien avec un impact positif sur la valeur d’un équipement à la revente », ajoute-t-il.

Un accompagnement nécessaire des agriculteurs s’engageant en ACS

Pour la première année de mise en œuvre, le rendement du colza a atteint les 37 q/ha, mais le blé tendre a pâti du coup de sec en mai dans certains secteurs au sol limono-sableux peu profond avec 60 q/ha sur ces secteurs, 90 q/ha ailleurs.

Mais tout n’est pas simple en passant d’un système avec labour à une gestion du sol en semis direct. « Nous accompagnons des agriculteurs qui entrent dans cette démarche et il faut qu’ils soient convaincus de l’intérêt en prenant en considération les risques, présente Alexandre Hatet, conseiller spécialisé en agronomie et environnement à la chambre d’agriculture de la région Pays-de-Loire. Si l’évolution peut répondre à certains problèmes dans les sols, on peut rencontrer de nouvelles difficultés, notamment en matière de désherbage ou de ravageurs du sol. »

Bertrand Leroux-Coyau reconnaît que les utilisations d’herbicide ont augmenté, mais pas celles en fongicide ou insecticides. Il a démarré des formations avec la chambre d’agriculture dès son installation et a continué à en suivre parmi un groupe d’agriculteurs sur l’agriculture de conservation. « Ces formations portent notamment sur les cultures intermédiaires et le semis direct sous couverts végétaux pour améliorer la fertilité du sol et permettre une réduction d’intrants. La dynamique de groupe apporte beaucoup aux agriculteurs, en se rassurant entre pairs », souligne Alexandre Hatet qui anime deux groupes en agriculture de conservation des sols.

(1) Blé tendre, orge, avoine, colza, tournesol, luzerne, maïs, féverole.

Un semoir avec des dents adaptées pour le semis direct sans préparation du sol

Semoir Horsch CO 6 d’occasion (2001) acheté 25 000 euros en juin 2024

6 mètres de large, 24 dents, interrang de 25 cm

Semoirs équipés de socs duett à l’origine

Socs remplacés par de nouvelles dents Metcalfe de deux types

Dents de 12 mm pour le semis de colza, de féverole et de couverts végétaux d’été (interrang 25 cm)

Dents avec ailerons pour le semis de blés et orges (interrang 15 cm)

3 hectares semés à l’heure

 

 
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Equipés de dents adaptées, le semoir Horsch CO 6 permet de semer 3 hectares à l'heure de céréales ou de colza. © C. Gloria

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