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Bioéthanol
Mutualiser les gains et les pertes sur le blé éthanol

Comment assurer la pérennité de l’approvisionnement en céréales pour les usines d’éthanol et répartir les gains éventuels ? Une proposition est mise sur la table.

L’AGPB, l’AGPM et Coop de France ont annoncé leur volonté de mettre en place un mécanisme de mutualisation de l’approvisionnement en céréales des usines de bioéthanol. Le dispositif comporterait trois étapes.

La première étape est d’obtenir l’accord de tous — industriels, organismes stockeurs (OS) et agriculteurs — pour qu’il y ait un partage de l’écart, qu’il soit positif ou négatif, entre le prix du blé alimentaire et celui du blé éthanol(1). « Ce partage n’existe pas aujourd’hui, insiste Hervé le Stum, directeur de l’AGPB. Il doit être calculé en se référant à des cotations officielles. »

La deuxième étape est d’ouvrir le marché de l’éthanol à l’ensemble des OS, y compris les privés, même si la Fédération national du négoce n’a pas pris part à la réflexion. « Sur les deux millions de tonnes de blé, orge et maïs utilisées, nous proposons de mutualiser la moitié. Cela permettrait de mieux gérer l’approvisionnement des usines », souligne Philippe Pinta, président de l’AGPB. Un système d’échange papier pourrait être mis en place pour les OS les plus éloignés des usines, comme dans la filière Diester. Aucun OS ne doit s’engager sur plus de 10 % de sa collecte.

Troisième étape, la mise en place d’une cotisation volontaire obligatoire (CVO) de deux euros la tonne payée par les OS sur une période de trois ans maximum, qui serait remboursée à tous ceux qui consacrent au moins 2 % de leur collecte à la filière éthanol.Mais il faut pour cela l’accord de Bercy. « L’objectif de cette CVO n’est pas de couvrir des pertes accumulées jusqu’alors. L’idéal serait de ne pas avoir besoin d’y recourir », précise Hervé Le Stum.

« Ce dossier peut constituer un nouvel élan pour l’éthanol, tout en restant dans des volumes raisonnables, considère Philippe Pinta. Étant donnés les enjeux, les dirigeants des coopératives perçoivent l’intérêt majeur de cette mutualisation. Quant aux industriels, ils ont besoin de nos matières premières pour fonctionner. » Or, certains contrats vont arriver à échéance. Pas sûr que les OS aient envie de les renouveler en l’état.

(1) Valorisation du blé éthanol = vente de l’éthanol + vente des drèches – coût industriel.

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