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Moisson : des volumes en baisse mais de la qualité

Alternant excès d’eau, orages et envol des températures, la campagne 2017-2018, aussi atypique qu’elle ait pu être, donne au final des résultats acceptables... en céréales à paille.

Les moissons d'été se sont déroulées avec une à trois semaines d'avance du fait des températures supérieures aux normales.
© V. Marmuse

Une moyenne de 71,1 q/ha en blé tendre et une moisson de 35,1 millions de tonnes (Mt) au total : c’est ce qu’estimait Agreste (ministère) dans sa note de conjoncture diffusée le 7 août. C’est bien plus qu’espéré début juillet, où les fortes chaleurs et les orages de fin de cycle commençaient à donner des sueurs froides après les excès d’eau de l’hiver et du printemps. Ces chiffres demeurent toutefois en-deçà des résultats 2017. Réalisée avec parfois trois semaines d’avance, la récolte connaîtrait ainsi une baisse en volume de 4 % par rapport à l’an passé, ramenée à 2,1 % par rapport à la moyenne quinquennale 2003-2017. « Les rendements sont très hétérogènes en fonction du secteur, les sols profonds ayant subi un excès d’eau », signalent FranceAgriMer et Arvalis dans une note conjointe publiée le 8 août. Une fois n’est pas coutume, les terres plus légères et drainantes ont bien supporté le trop-plein de précipitations et s’en sortent souvent mieux que les terres plus riches et plus profondes.

Le Sud et l’Ouest pénalisés davantage par les pluies

C’est dans le Sud et l’Ouest du pays que les performances sont les plus mauvaises. Comme l’a expliqué Arvalis en conférence de presse le 26 juillet, le cumul exceptionnel de pluies depuis la sortie de l’hiver jusqu’à la maturité des grains a pesé sur les rendements en blés tendre et dur. À 1,8 Mt, soit une chute de 13,4 % par rapport à l’an passé, la production de blé dur repasserait ainsi sous la barre des 2 Mt. Les bons résultats du Centre (+ 0,6 % par rapport à 2017), qui a mieux résisté aux aléas climatiques que le Sud, sauvent la mise et limitent l’impact des baisses de production en région Paca (- 37,4 %) ou en Occitanie (- 35,5 % dans le Languedoc-Roussillon et - 18,9 % en Midi-Pyrénées). En orge, les volumes sont en recul de 2,7 % sur un an, descendant à 1,8 Mt pour un rendement moyen de 65 q/ha en escourgeon et de 62,4 q/ha en orge de printemps.

Des teneurs en protéines supérieures à 11,5 % en blé en moyenne

Globalement et sauf exception dans le Sud, la qualité est là. En blé, les teneurs en protéines dépassent dans toutes les régions la barre des 11,5 %, atteignant même souvent 12 %. Sur les poids spécifiques (PS), Arvalis et FranceAgriMer signalent de « l’hétérogénéité », liée à la fréquence et à l’intensité des pluies de fin de cycle. Malgré tout, « les moyennes régionales dépassent systématiquement le seuil de 76 kg/hl […] et sont bien souvent supérieures à 77 kg/hl », précisent les deux organismes. Bémol en blé dur, toutefois : les PS sont en moyenne faibles, nécessitant du tri, et des problèmes de moucheture et de mitadin sont identifiés. Côté orge, les lots devraient a priori respecter les fourchettes demandées en brasserie, avec des teneurs comprises entre 10 et 11 %.

Les fortes chaleurs de l’été font craindre des difficultés pour les cultures récoltées à l’automne. Dès le 8 août, le ministère de l’Agriculture envisageait une baisse de rendement de 10 % en maïs grain, à moins de 93 q/ha…

Le colza en net recul

Le colza avait sauvé bien des situations l’an passé, séduisant les agriculteurs à l’automne 2017 : les surfaces avaient grimpé de plus de 100 000 hectares, franchissant la barre des 1,5 million d’hectares. Mais l’oléagineux ne renouvellera pas ses exploits en 2018. Le rendement moyen ne dépasserait guère 30 q/ha. C'est une chute de 14 % par rapport à 2017 et un retour au niveau de 2016. « Les sols gorgés d’eau tout l’hiver ont dégradé les systèmes racinaires des plantes », observaient Terres Inovia et FranceAgriMer le 8 août, soulignant également la forte pression parasitaire. Les protéagineux s’en sortent quant à eux « en demi-teinte » selon les deux structures : - 8 % en volume en pois et - 4 % en féverole par rapport à 2017.

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