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Maudit glyphosate

Au grand dam des associations environnementalistes, le glyphosate n’est pas mentionné en tant que tel dans le projet de loi agriculture et alimentation issu des États généraux de l’alimentation. Mais le « plan de sortie » du glyphosate annoncé le 22 juin par le gouvernement doit y pallier.

Une cartographie des données d'achat et de vente de glyphosate est prévue d'ici la fin de l'année.
© S.Leitenberger

Auditionnés le 8 novembre dans le cadre de la mission d’information commune de l’Assemblée nationale sur le sujet, les ministres de l’Agriculture et de l’Environnement ont précisé les modalités évoquées une première fois en juin concernant le plan de sortie du glyphosate. Le « centre de ressources » chargé de regrouper toutes les solutions existantes pour se passer de l’herbicide sera mis à disposition de la profession d’ici la fin 2018. De même pour la « cartographie des données d’achat et de vente de glyphosate », qui sera rendue publique dans la même échéance, avec une mise à disposition des données sources. Les ministres ont également confirmé que les nouvelles autorisations de mise en marché délivrées pour les produits à base de glyphosate n’iront pas au-delà du 31 décembre 2020. Le plan de sortie va être coordonné au niveau interministériel par le préfet Pierre-Etienne Bisch, notamment président du comité de rénovation des normes en agriculture. Ces travaux seront menés sous étroite surveillance de la mission d’information de l’assemblée. Le travail « au long cours » de la mission, ainsi qu’elle l’explique, doit se clôturer par la sortie du glyphosate au 1er juillet 2021, conformément au souhait d’Emmanuel Macron. Deux députés LREM en sont les rapporteurs, Jean-Luc Fugit (Rhône) et Jean-Baptiste Moreau (Creuse).

L’Allemagne prépare elle aussi un plan

Le gouvernement français n’est pas le seul à durcir les règles d’utilisation du glyphosate. L’Allemagne, qui a voté l’an passé en faveur du renouvellement de l’autorisation de l’herbicide pour cinq ans, commence à préparer son plan de sortie. C’est ce qu’a annoncé le 6 novembre la ministre allemande de l’Environnement, Svenja Schulze. Déjà interdit dans les parcs et jardins, le produit serait également prohibé dans les zones écologiquement sensibles, à proximité des points d’eau. Plus globalement, la ministre envisage un renforcement de la procédure d’autorisation des phytos. La mise en place d’une « zone de diversité » serait par exemple imposée aux agriculteurs utilisant des phytos à partir du 1er janvier 2020.

Écophyto renforcé
Réduire l’utilisation des phytos est décidément au cœur des préoccupations du gouvernement. Ainsi, la loi agriculture et alimentation fait entrer dans les missions des chambres d’agriculture la promotion de la réduction des phytos. C’est nouveau. De son côté, le PLF pérennise à 41 millions d'euros par an le financement du plan Écophyto par les agences de l’eau. Pour l’instant, il n'était garanti que jusqu’en 2018.

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