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RAVAGEURS DU MAÏS
Lutter contre le taupin reste un casse-tête

En 2009, les agriculteurs vont bénéficier de deux insecticides, Cruiser et Force 1,5 G, pour lutter contre le taupin sur maïs... avec des conditions très contraignantes.

C’est mieux que rien. Les maïsiculteurs de France auront à composer avec deux produits pour protéger leurs maïs des taupins en 2009: le traitement de semences Cruiser (thiamethoxam) et le produit granulé Force 1,5 G (téfluthrine) à appliquer dans la raie de semis. Ces deux spécialités de Syngenta Agro sont soumises à des conditions d’utilisation contraignantes( 1). Leurs usages nécessitent des adaptations sur les semoirs et le traitement d’une parcelle n’est autorisé qu’une fois tous les trois ans pour les deux insecticides. Ainsi, une parcelle qui aura reçu des semences traitées Cruiser en 2008 ne pourra pas recevoir le même produit pendant les deux années 2009 et 2010. Il y a la solution Force 1,5 G pour 2009.

ARRETE POUSSIERE
Et pour 2010 ? D’autres produits sont en attente d’homologation ou de dérogations ( 2). « Concernant notre produit Cruiser, nous attendons la parution d’un arrêté poussières qui doit définir la qualité d’enrobage des semences de maïs, informe Frédéric Cannaert, responsable développement national sur la protection des semences et les insecticides du sol chez Syngenta Agro. Une norme donnera la quantité de poussières à ne pas dépasser au quintal de graines enrobées. L’arrêté oblige également la mise en place de déflecteurs sur les semoirs. Notre société apportera son expertise sur ce point. » Le challenge est de taille. Pour les agriculteurs qui utiliseront des semences avec la protection Cruiser, les semoirs devront être munis d’un dispositif destiné à propager le moins possible de poussières issues de l’enrobage et à rabattre celles-ci sur le sol. Aux yeux de Jean-Baptiste Thibord,ce n’est pas insurmontable. Le spécialiste ravageurs maïs chez Arvalis juge le dispositif simple à mettre en oeuvre sur la majorité des semoirs. « Mais il reste certains types de semoirs qui demanderont des ajustements et nous avons trois mois pour faire ces adaptations à grande échelle. »

DES SITUATIONS D’ÉCHEC À PRÉVOIR
De son côté, le produit Force 1,5 G nécessite la mise en place d’un diffuseur pour l’application optimale du microgranulé dans la raie de semis. Les diffuseurs existent. Syngenta a deux ans de recul. Force 1,5 G avait reçu une dérogation d’utilisation en 2008 et 2007. « Le diffuseur actuel est très bien adapté pour les semoirs à socs. C’est moins le cas pour les semoirs à disques qui sont la majorité des équipements en maïs, remarque Jean-Baptiste Thibord. L’outil nécessite encore quelques adaptations pour permettre une diffusion optimale des microgranulés avec lessemences dans la raie de semis. C’est important car la téfluthrine, matière active du Force 1,5 G, est très peu mobile dans le sol. Les microgranulés doivent bien être à proximité des semences pour protéger les futurs plants de maïs. » Le produit n’offre pas les mêmes garanties de performance que Cruiser. « Dans certaines situations, il faut s’attendre à des déceptions sur l’efficacité du Force 1,5 G, prévient Jean-Baptiste Thibord. Les situations de non labour et les semoirs à disques ne favorisent pas sa bonne application. Les sols riches en matière organique rendent le produit moins efficient, notamment dans les situations de pression de taupins élevées. » Les maïsiculteurs devront faire avec. !

(1) Voir notre mensuel n° 221, janvier 2009, page 43. et le site Internetwww.syngenta-agro.fr
(2) Dérogations encore espérées pour Oncol (benfuracarbe), Belem (cyperméthrine) pour 2009; ou Cruiser et Force 1,5 G sans les restrictions d’emploi.

ALTERNATIVE À LA LUTTE CHIMIQUE

Des méthodes encore au stade de la recherche
« L’utilisation de phéromones (hormones sexuelles) permet de piéger des adultes en masse mais la méthode n’a pas encore prouvé son efficacité indirecte sur les larves. » Rapporteur ravageurs souterrains au Service de protection des végétaux, Bernard Guéry pense qu’il faut encore des années d’études pour cerner les potentialités de ces phéromones. « Il existe également des nématodes entomophages utilisables contre les taupins. Là encore, l’efficacité est limitée et la question se pose quant à leur impact sur des insectes auxiliaires (carabes). » Les méthodes culturales restent encore les meilleurs moyens alternatifs de lutte contre le taupin.

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