Aller au contenu principal

L’exposition aux phytos des utilisateurs agricoles mal prise en compte

Trop peu de données, des politiques de prévention des risques pas bien ciblées, une sensibilisation insuffisante des utilisateurs… Dans son rapport sur les expositions professionnelles aux pesticides publié fin juillet, l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) est sévère. Elle met particulièrement en cause le déficit de centralisation, d’accessibilité et d’exploitation des trop rares données disponibles, en France ou à l’étranger. En grandes cultures, l’agence s’est penchée sur le cas des traitements sur colza, qu’elle a analysés à partir des données issues de l’enquête sur les pratiques culturales de 2011. Ce travail montre que dans 20 % des situations, la personne qui effectue l’application ne prend pas de précaution, la protection étant « occasionnelle » dans 26 % des cas. 11 % des traitements concernent des produits dangereux pour la santé (perturbateurs endocriniens ou cancérogènes, mutagènes, reprotoxiques). Dans 50 % des parcelles, au moins une intervention est faite avant le délai de réentrée de 48 heures. Des progrès sont donc envisageables.

Aller au-delà des mesures d’hygiène et de protection

Pour l’Anses, il faut aller au-delà des mesures d’hygiène ou du port d’équipements de protection : « ces mesures ne devraient être utilisées qu’en dernière intention, après la substitution et la mise en œuvre de mesures de prévention collective relatives, par exemple, à l’organisation du travail ». L’agence rappelle que pour éviter les risques, « objectif explicite du Code du travail », la suppression des dangers, donc la réduction des applications, est un objectif en soi. Elle recommande par ailleurs de renforcer « dans un cadre indépendant », les actions de conseil et formation des utilisateurs. Elle pointe par exemple la méconnaissance des risques liés à la réentrée sur les parcelles traitées. Le ministère a répondu à ce rapport en déclinant les mesures déjà prises : le dispositif de phytopharmacovigilance créé en 2014, le plan santé au travail lancé en décembre 2015, le Certiphyto ou la création du site substitution-cmr.fr. Pourrait suivre la création d’un fonds d’indemnisation des victimes des phytos, proposition de la sénatrice Nicole Bonnefoy soutenue par Stéphane Le Foll.

Les plus lus

Pommes de terre : des milliers de tonnes à détruire, faute de débouchés suffisants

La filière pomme de terre subit depuis cette année un retournement de conjoncture. La forte hausse des surfaces en 2025…

<em class="placeholder">Adolescent au volant d&#039;un tracteur </em>
Les enfants d’agriculteurs peuvent-ils donner un coup de main sur l’exploitation familiale en toute légalité ?

À partir de 16 ans, voire dans certains cas dès 14 ans, les enfants d’agriculteurs peuvent contribuer aux travaux de l’…

<em class="placeholder">Chemin goudronné entre parcelles agricoles</em>
Que le chemin n’appartienne qu’à un seul propriétaire ne l’empêche pas d’être un chemin d’exploitation

La Cour de cassation dans un arrêt du 9 janvier 2025 a réaffirmé que ce qui caractérise un chemin d’exploitation est…

<em class="placeholder">Julien Bricquet devant son bâtiment d&#039;exploitation initialement construit sur un terrain appartenant à son père</em>
Bâtiment agricole : « On a construit sur sol d’autrui, sans être alertés et sans connaître les risques »

Comme beaucoup de sociétés agricoles familiales, le SCEA Bricquet et Fils, à Saint-Amand-sur-Fion (Marne) a construit un…

<em class="placeholder">Thierry Boudaud président de la Coop de l’eau 79 devant un enrouleur.</em>
Sainte-Soline : « Notre réserve restera vide cette année, laissant les exploitations sans solution alternative d’irrigation »

Thierry Boudaud est président de la Coop de l’eau 79, qui porte les réserves de substitution du bassin de la Sèvre niortaise.…

Xavier Priault, céréalier dans le Loiret.
Traitement phytosanitaire : « Dans le Loiret, je pulvérise de nuit en bas volume à 50 l/ha pour maximiser l’efficacité des produits »

Xavier Priault est céréalier à Saint-Maurice-sur-Aveyron, dans le Loiret. Il réalise ses pulvérisations phytosanitaires…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 108€/an​
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Grandes Cultures
Consultez les revues Réussir Grandes Cultures au format numérique sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce à la newsletter Grandes Cultures