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Chasse et agriculture
Les sangliers coûtent plus de 100 millions de francs de dégâts aux cultures

Les sangliers se multiplient et les dégâts avec. Ils sont à l´origine des trois quarts des 150 millions de francs d´indemnisation en 2000. Comment prévenir plutôt que guérir ?


150 millions de francs : c´est le montant de l´indemnisation des dégâts de gibier pour l´année 2000. Ce chiffre n´a eu de cesse d´augmenter depuis 1970 avec une envolée à partir de 1990. Les dégâts de grand gibier sont imputables en grande partie au sanglier : plus des trois quarts.
Le tableau de chasse démontre une forte expansion de cet animal depuis les années 90 . Son effectif a augmenté dans des départements où il était déjà présent. Il a refait son apparition dans d´autres départements d´où il avait disparu depuis plusieurs décennies.
Les printemps froids rendent les cultures vulnérables
Les céréales, maïs, cultures oléagineuses sont particulièrement touchées par les dégâts de grand gibier. Qu´est-ce qui incite sangliers, cerfs, biches et autres chevreuils à quitter leur milieu boisé pour se nourrir sur les parcelles de cultures ? Les disettes en hiver et au début du printemps sont une des raisons. « Pendant cette période, les cultures viennent d´être semées ou elles sont à un stade de développement végétatif peu avancé. En cas de présence de grand gibier sur ces parcelles, les surfaces chahutées sont très importantes, explique Michel Vallance, directeur des études et de la recherche de l´Office National de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS). La biomasse est faible sur ces parcelles. Le besoin de nourriture sera assouvi par une surface d´autant plus grande que la culture est peu développée. »
Le spécialiste de l´ONCFS nous donne l´exemple de l´année 1996. « On a atteint une surface record de dégâts avec 20 000 hectares. Le froid avait perduré au printemps. Les cultures semées étaient restées à un état peu développé longtemps. Il y avait même eu des ressemis. Toutes ces surfaces en cultures étaient donc vulnérables à de forts dégâts de la part des sangliers en particulier. » Sur les cultures bien développées, maïs ou blés épiés par exemple, les dégâts sont moins importants en surface du fait de la grande quantité de biomasse végétale disponible.
Sangliers ©G.Deloison

La situation en forêt peut être également un facteur favorisant la sortie de grand gibier. Ainsi une faible production de glands sous une chênaie pénalise les sangliers. La protection par des clôtures électriques autour des parcelles est efficace contre le grand gibier. A condition de veiller à l´entretien de ces clôtures.
Le plan de chasse mis en place chaque année dans les départements est sensé réguler les populations de gibiers. Avec plus ou moins d´efficacité. « En Champagne-Ardenne, la courbe de dégâts a diminué ces dernières années en même temps que le tableau de chasse augmentait en nombre. Ce dernier comptage a atteint un plateau : la preuve que l´on a trouvé un équilibre acceptable entre population de sangliers et répercussions sur les cultures, cite comme exemple Michel Vallance. Le plan de chasse d´une façon générale doit permettre le prélèvement de la moitié de l´effectif de sangliers présents à l´ouverture de la chasse pour stabiliser une population. »
La pose de clôtures électriques ©CG

La pose de clôtures électriques est une solution efficace pour protéger les cultures.
Mais il faut en entretenir les abords.
Ne pas tirer n´importe quel sanglier
Le contrôle de la population doit amener les chasseur à être sélectifs sur les individus à prélever. « Se garder de tirer les laies par exemple ne fera qu´empirer une situation de population trop forte de sanglier en favorisant leur reproduction », souligne le spécialiste de l´ONCFS.
Autre solution pour minimiser les méfaits de gibier : « L´agrainage de dissuasion à poste fixe permet de concentrer les animaux en certains endroits de la forêt à un moment où les cultures sont les plus vulnérables. Mais cet agrainage ne doit pas se faire tout le long de l´année sinon il favorise un développement trop important de la population. »`
On ne parle pas des introductions intempestives de sangliers ou d´individus apparentés qui n´améliorent en aucun cas une situation de forte densité de population. Aux chasseurs de ne pas transformer leur loisir en activité insupportable pour les agriculteurs. Ceux-ci ont déjà pris à partie des fédérations départementales de chasseurs (FDC) de certains départements pour exprimer leur mécontentement.
INDEMNISATION DES DÉGATS
Les Fédérations départementales de chasseurs succèdent à l´ONCFS
La nouvelle loi chasse a modifié les rôles de l´ONCFS et des FDC, dans l´indemnisation des dégâts de gibiers. Depuis le 1er juillet 2001, le compte d´indemnisation a été transféré de l´ONCFS et redistribué entre les différentes FDC. Ce compte est approvisionné par les bagues grands gibiers, la redevance sanglier...
L´agriculteur constatant des dégâts ne doit plus avertir l´ONCFS mais le président de la FDC de son département. Une déclaration de dégâts doit être déposée auprès de la FDC, sans délai s´il s´agit de dégâts sur semis ou d´une culture en cours de végétation et, dans tous les cas, au plus tard dix jours avant la date de récolte.
Les dommages sont alors constatés par un expert désigné par la FDC qui donne une estimation de la perte pour l´agriculteur. Le président de la FDC propose ensuite une indemnisation au réclamant avec un abattement légal de 5 % ( !). En cas de désaccord, c´est une commission départementale paritaire qui entre en jeu quand l´indemnisation est évaluée à plus de 2000 francs. D´après l´ONCFS
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