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Les plateformes participatives pour compléter le financement de son projet

Faire financer ses projets par des particuliers et non plus par des banques, c’est possible. L’appel au financement participatif, ou crowdfunding, peut être une solution. Encore faut-il choisir une stratégie adaptée à son projet pour réussir sa campagne. Éclairages.

Une campagne participative de financement peut se faire pour des dons, des prêts ou des actions.
© Pixabay

Le financement participatif, sous forme de dons, de prêts ou d’investissements, intervient comme une alternative, soit parce que le projet est trop petit pour intéresser les banques, soit parce qu’il est jugé trop risqué », indique Florence de Maupeou, coordinatrice de Financement participatif France, l’association des professionnels du crowdfunding. De plus, « les banques couvrent rarement un projet à 100 % des besoins financiers, c’est plutôt de l’ordre de 70 % à 80 % », souligne Lionel Lasry, président et cofondateur d’Agrilend, une plateforme de prêt participatif agricole.

Une campagne participative a des intérêts multiples. Elle « permet de rapidement récupérer des fonds sans avoir à présenter des garanties », informe par exemple Ségolène Bregeon, responsable de la communication chez Tudigo, une plateforme de financement généraliste. La plupart des sites de crowdfunding proposent des durées de campagne au maximum de 90 jours et, réussir à mobiliser des fonds sur une courte période permet « d’effectuer un effet de levier pour décrocher des prêts bancaires si besoin », souligne la responsable. La campagne de financement « est aussi un moyen de communication important pour se faire connaître et rassembler une communauté autour d’un projet, note-t-elle. C’est l’occasion de tester son produit et d’être en contact avec des clients potentiels ». Car en échange d’un don d’argent, voire d’un prêt, le porteur de projet propose gratuitement une contrepartie, souvent en lien avec son projet. Atout supplémentaire, le responsable est accompagné par la plateforme pendant la campagne : « cela va lui permettre d’acquérir de nouvelles compétences, notamment commerciales et de développer son réseau », ajoute Ségolène Bregeon.

Trois plateformes spécialisées pour les projets agricoles

Pour bien choisir sa plateforme, « il faut d’abord s’assurer que celle-ci est bien conforme à la réglementation et qu’elle a le statut d’intermédiaire en financement participatif (IFP) », indique Florence de Maupeou. Ces structures se développent depuis la fin du monopole du prêt bancaire en 2014. Soixante-dix sont aujourd’hui répertoriées par l’association, dont trois sont spécialisées dans l’accompagnement de projets agricoles : Miimosa, Blue Bees et Agrilend, chacune proposant des formules différentes (lire tableau). « Si on retrouve des projets agricoles dans toutes les plateformes, les structures spécialisées bénéficient d’un conseil plus pertinent car elles évoluent dans un écosystème d’acteurs travaillant sur les mêmes sujets, souligne Emmanuelle Paillat, directrice de la plateforme Blue Bees. Nous accompagnons et orientons les projets. Chez Blue Bees, nous sommes plutôt focalisés sur des projets de développement d’agriculture biologique, mais si nous recevons un projet pour le développement de l’agriculture de précision par exemple, alors nous faisons passer le projet à Wiseed, une plateforme qui s’intéresse beaucoup aux nouvelles technologies agricoles, même si elle est généraliste. Le projet aura ainsi toutes ses chances de trouver des prêteurs. »

Le don convient aux projets immatériels

Du choix de la plateforme dépend le type de financement. « Opter pour le don avec contrepartie est judicieux si le projet peut en fournir », conseille Ségolène Bregeon. Les contreparties sont généralement marchandes : il peut s’agir de produits issus du projet ou expérienciels, d’inviter le donneur à visiter la ferme ou le futur atelier. « Le don s’adresse à des projets 'coup de cœur', explique Emmanuelle Paillat. L’avantage c’est que le projet n’a pas forcément besoin d’être rentable, cela peut être pour aider à la conversion en bio, acheter de la terre ou du matériel, ou encore créer un atelier de transformation. » Par contre, ce type de campagne est « très chronophage, car il faut pouvoir relancer les différents cercles, la famille et les amis et être très présent sur les réseaux sociaux pour faire parler du projet, relève la directrice. Et cela s’adresse à des personnes qui n’ont pas peur de se mettre en avant et qui ont une appétence pour la communication ». Il faut noter que les dons effectués sont déductibles des impôts uniquement dans le cas où le porteur de projet est une association reconnue d’intérêt public. Celle-ci aura la responsabilité de fournir les bordereaux permettant de défiscaliser 66 % du montant, dans la limite de 20 % du revenu imposable.

Choisir la bonne plateforme dépend aussi de la durée de campagne que l’on se fixe et du montant objectivé qui définit le seuil de déclenchement du financement. La plupart du temps, « la plateforme ne perçoit une commission sur les montants collectés que si le porteur de projet atteint son objectif », précise Ségolène Bregeon. Mais sur les plateformes agricoles, il y a plus de souplesse et le financement peut être déclenché avant : si 60 % de l’objectif est atteint chez Miimosa ou dès le premier euro avec Blue Bees.

Le prêt rémunéré oblige une rentabilité

Dans le cas du prêt rémunéré, la dynamique est très différente. Les particuliers prêtent leur épargne en échange d’intérêts définis selon les risques associés au projet et une durée d’emprunt. « Globalement, les durées d’emprunt s’étalent entre 4 et 7 ans et les taux d’intérêt varient entre 4 et 8 % selon les plateformes », informe Florence de Maupeou. « L’important est que le projet soit viable et solvable au regard du prêteur car celui-ci recherche un produit d’épargne à un taux d’intérêt attractif », souligne Lionel Lasry. Pour un projet agricole, même s’il n’y a pas de garanties nécessaires, la plupart des plateformes demandent « pour les entreprises existantes, les trois derniers bilans et comptes de résultat », souligne Florian Breton, président fondateur de Miimosa. Il faut cependant bien se renseigner car les critères varient selon les plateformes. Chez Agrilend par exemple, pour augmenter l’attractivité auprès des prêteurs, la structure offre une assurance décès et invalidité au porteur de projet ainsi qu’une garantie de recouvrement en cas de défaut de paiement de la part du porteur de projet. Attention, le prêt participatif est encadré par la réglementation : les particuliers ne peuvent pas prêter plus de 2 000 euros par personne et par projet. Toutefois, les plateformes ayant le statut de conseiller en financement participatif (CIP), comme Miimosa, peuvent proposer d’aller au-delà via les minibons et les obligations simples. Ces outils permettent aux particuliers et aux personnes morales de prêter sans plafond, selon des échéances de remboursement spécifiques. Pour le prêteur, les intérêts perçus sont soumis aux cotisations sociales et sont imposables, comme tout placement à revenu fixe. En moyenne, une campagne de prêt pour un projet agricole permet de soulever plus de 40 000 euros.

Le financement participatif permet également de proposer aux particuliers d’entrer dans le capital d’une entreprise pour devenir actionnaires… Une offre qui reste encore rare dans le milieu agricole.

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Un moyen de financer un projet de méthanisation

Parmi les projets agricoles faisant l’objet d’un financement participatif, les projets de méthanisation sont fréquents. Exemple dans les Ardennes, où Philippe et Bernard Goglins, polyculteurs-éleveurs, et la société Métha’Ventures se sont associés pour mener une campagne de prêts avec la plateforme Miimosa. En octobre dernier, 293 contributeurs ont permis d’atteindre l’objectif de 150 000 euros. Rémunérés à 4 % par an pendant 6 ans, les prêteurs ont bénéficié d’intérêts mensuels dès décembre 2018. L’investissement global de l’unité de méthanisation était de l’ordre de 730 000 euros. les agriculteurs ont sollicité d’autres financements : 450 000 euros venus de fonds propres et subventions (Ademe et la région Grand Est), 150 000 euros apportés par un financement bancaire classique. L’unité de méthanisation accueillera des herbes et cultures intermédiaires à vocation énergétique, des pailles, du fumier et des lisiers ainsi que des déchets de céréales.

Le financement participatif de plus en plus plébiscité pour des projets agricoles

Près de 8 millions d’euros de dons, de prêts ou d’investissements ont été collectés par des plateformes participatives de financement à destination de projets agricoles en 2017, selon le Baromètre du crowdfunding (1). Cela « représente 3 % du secteur économique de la collecte de fonds, indique Florence de Maupeau, coordinatrice de Financement participatif France. Pour la première fois, l’activité agricole est identifiée comme un secteur à part entière des financements participatifs ». Les secteurs en tête sont l’immobilier (42 %), les commerces et services (22 %) ainsi que l’environnement et les énergies renouvelables (12 %). « Tous secteurs confondus, il y a une progression de la collecte de 44 % par rapport à l’année dernière », souligne la coordinatrice. Ces modes de financement sont en pleine expansion et « de plus en plus souvent intégrés dans le plan de financement d’un projet ou en complément d’un prêt bancaire », note-t-elle.

(1) Réalisé par Financement participatif France et KPMG.
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