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Cultures
Les phytoprotecteurs contre les risques de phytotoxicité des herbicides

Des produits herbicides se montrent spécifiques des cultures
grâce à une molécule particulière dans leur composition :
un agent phytoprotecteur.


Sur maïs et céréales, quelques herbicides, et non des moindres, présentent la particularité de contenir un safeneur, phyto-protecteur, ou phyto-écran dans leur « moteur ». Il s´agit d´une molécule dont le rôle est de rendre la culture traitée insensible à la molécule herbicide.
L´ancienne société suisse Ciba-Geigy est à l´origine de la découverte de ces safeneurs. Elle les a d´abord développés sur les herbicides maïs à base de métolachlor. Le safeneur utilisé est le benoxacor. « Le métolachlor seul est sélectif du maïs. Cette culture détoxifie l´herbicide. Mais en situation stressante due à un semis médiocre, à des variations de températures importantes à la levée, à des attaques d´insectes..., le mécanisme de détoxification naturel du maïs ne suffit plus, explique Christian Roy, responsable projet technique chez Syngenta. C´est là que le benoxacor trouve tout son intérêt car il améliore la sélectivité de l´herbicide en activant sa dégradation dans le maïs. »

Safeneur, phyto-écran ou phytoprotecteur
Le benoxacor ne montre cette action que sur le maïs et en aucun cas sur les adventices. Le safeneur n´empêche donc pas la destruction des mauvaises herbes.
Safeneur peut prendre le nom de phytoprotecteur ou de phyto-écran selon les sociétés qui en font la promotion mais il s´agit bien du même type de molécule. Cloquintocet-mexyl et méfenpyr-diéthyl sont deux phytoprotecteurs entrant dans la composition d´herbicides céréales ayant une action anti-graminées des sociétés respectives Syngenta et Aventis-Bayer Crop Science. Là encore, ces molécules assurent la sélectivité du principe herbicide sur la céréale traitée.
« Beaucoup des herbicides concernés sont préconisés en utilisation avec de l´huile, ce qui peut augmenter le risque de phytotoxicité, ajoute Gaël Charveriat, Aventis Crop Science. Avec un phytoprotecteur comme le méfenpyr-diéthyl pour nos produits, le risque est moindre. »

L´effet protecteur du safeneur est généralement spécifique à un herbicide et à une culture. Cependant, le méfenpyr-diéthyl est utilisé avec plusieurs molécules herbicides des céréales.
Le mode d´action de ces phytoprotecteurs n´est pas connu avec certitude. Des hypothèses sont émises. Un phytoprotecteur pourrait réguler la quantité d´herbicide arrivant sur le site d´action au niveau cellulaire dans la plante cultivée.

Un mode d´action méconnu
Il aurait aussi pour effet d´entrer en compétition avec l´herbicide sur son site d´action. Il apparaît en effet que les structures chimiques des safeneurs sont très proches de celles des herbicides associés. Jacques Gasquez, directeur de recherche à l´Inra de Dijon et spécialiste des herbicides, traduit cette particularité en d´autres termes : « Le phytoprotecteur engendre le même type de réactions que l´herbicide dans les cellules sauf qu´il n´est pas toxique. Dans une culture, l´herbicide sollicite l´action d´enzymes spécifiques pour sa dégradation en molécule inoffensive. Le phytoprotecteur produira les mêmes effets mais, en fait, il ne fera qu´activer la métabolisation de l´herbicide. » Dans les procédures d´homologation, les phytoprotecteurs sont soumis aux mêmes exigences que les molécules phytosanitaires.

Le phytoprotecteur active la fabrication de certaines enzymes pour assurer la «digestion» de l´herbicide. Une molécule, le glutathion, et les enzymes qui y sont associées comme la glutathion-S transférase sont connues pour être impliquées dans la métabolisation des herbicides dans la plante. « La détoxification du fénoxaprop-P-éthyl (Puma LS, Energy Puma, Baghera...) activée par le méfenpyr-diéthyl suit ce mode de transformation en tirant parti d´une particularité de la céréale. Le blé contient quarante fois plus de glutathion que des graminées adventices telles que le vulpin et la folle-avoine, » selon une note technique d´Aventis CropScience.

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