Aller au contenu principal

Les Etats membres sonnent le glas des néonicotinoïdes

Le 27 avril, les Vingt-huit se sont prononcés en faveur d’une interdiction de l’utilisation des néonicotinoïdes comme traitement de semences au champ.

Les rapports de l'Efsa publiés fin févier ont confirmé la dangerosité des néonicotinoïdes pour les abeilles.
© François d'Alteroche

Clothianidine, imidaclopride et thiamétoxame : leurs jours sont désormais comptés. Dans le collimateur de l’opinion publique et de la Commission européenne suite à plusieurs rapports dénonçant leur toxicité pour les abeilles, ces trois néonicotinoïdes vont bientôt être définitivement interdits de séjour dans les champs européens. Le 27 avril, les représentants des Vingt-huit ont fini par dégager une majorité qualifiée (55 % des Etats membres représentant plus de 65 % de la population européenne) en faveur des trois propositions de règlements de la Commission européenne. Que prévoient ces textes ? L’interdiction de l’utilisation de ces trois phytos dans les champs comme traitements de semence aussi vite que possible. Les projets de règlements laissent un délai maximum de trois mois aux Etats membres pour mettre en œuvre l’interdiction une fois que les textes seront signés. Et le délai de grâce ne pourra pas excéder six mois après la signature. Seules les semences utilisées sous serre pourront continuer de bénéficier de ces traitements.

Les rapports de l'Efsa ont aidé certains Etats membres indécis

La décision aura été bien longue à prendre. Un vote des Etats membres devait déjà avoir lieu le 13 décembre dernier, mais il n’a pas abouti. 11 états membres s’étaient prononcés en faveur du texte, 11 autres étaient sans opinion et 6 contre. Publié fin février, les rapports de l’Efsa (autorité sanitaire européenne) étaient très attendus. Ils ont confirmé les risques pour les abeilles. « Les conclusions sont variables, en raison de facteurs tels que l’espèce d’abeille, l'utilisation prévue du pesticide et la voie d'exposition », signalait alors Jose Tarazona, chef de l’unité pesticides de l’Efsa dans un communiqué… Tout en ajoutant : « Certains risques faibles ont été identifiés mais, dans l'ensemble, le risque pour les trois types d'abeilles évaluées est confirmé ». La commission n’a en tout cas pas modifié ses projets de textes.

Le 27 avril, 16 états membres se sont prononcés pour l’interdiction, parmi lesquels la France, le Royaume-Uni, l’Espagne ou l’Allemagne. Ce sont les pays à forte production betteravière comme la Roumanie, la République Tchèque, le Danemark ou la Hongrie qui se sont prononcés contre.

L'interdiction était déjà prévue en France au 1er septembre prochain

Dans les faits, la décision ne devrait pas changer grand-chose dans l’Hexagone, où l’interdiction des néonicotinoïdes est déjà prévue au 1er septembre prochain. Elle a été votée en 2016 dans le cadre de la loi sur la biodiversité. La différence pourrait porter sur les dérogations possibles à cette interdiction. La loi sur la biodiversité ouvrait une possibilité jusqu’au 1er juillet 2020... Mais celle-ci semble compromise si les projets de règlements européens ne sont pas révisés.

 


 

Les plus lus

<em class="placeholder">Élodie Thirouin, agricultrice à Ychoux (40)&quot;Un pH trop acide peut avoir un impact important sur nos cultures (légumes surtout) et donc, on ne peut pas se permettre de ...</em>
Chaulage : « Je dépense 62 €/ha d'apport de dolomie tous les deux ans par parcelle sur des sols sableux des Landes où le pH peut baisser rapidement »

Éloïse Thirouin est à la tête d'une exploitation de 400 hectares à Ychoux (Landes). Ses terres sableuses à tendance acide l…

<em class="placeholder">Benoît Herrouet, agriculteur à Bécheresse, en Charente, devant son semoir monograine</em>
Semis de colza : « J’ai pu semer ma culture début août après un orage dans mes terres argilo-calcaires en Charente »

Dans le contexte de sécheresse généralisée, les semis de colza vont se faire au gré d’opportunité à ne pas manquer. En…

<em class="placeholder">Joffray Lépine, entrepreneur de travaux agricoles dans la Vienne, montrant l&#039;un des capteurs du système I-Spray.</em>
Vienne : « Je réalise entre 30 et 70 % d’économie d’herbicides foliaires de postlevée sur maïs grâce à la pulvérisation ultralocalisée »

Entrepreneur de travaux agricoles dans la Vienne, Joffray Lépine a équipé son automoteur Kuhn Artec du système d…

<em class="placeholder">Déchaumage après récolte d&#039;une parcelle d&#039;orge.  </em>
Semis de colza 2026 : attendre la pluie sans compromettre l’implantation

Difficile d’envisager des semis de colza dans les conditions pédo-climatiques actuelles. Selon les types de sol un déchaumage…

<em class="placeholder">Prestataire de service avec une moissonneuse batteuse de marque CLAAS vidant sa trémie dans la remorque d&#039;un tracteur durant la moisson des blés. Récolte des céréales. ...</em>
Prix du blé : accompagner la tendance à la hausse en commençant à vendre sa récolte

Après des mois sans grandes variations, les prix du blé décollent depuis le démarrage de la nouvelle campagne début juillet.…

<em class="placeholder">Fleur de liseron. Mauvaise herbe nuisible aux cultures. Adventice dans plantes cultivées.</em>
Liseron des haies, liseron des champs : des adventices vivaces qui font plier les cultures en s'accrochant aux tiges

On peut rencontrer deux espèces de liseron dans les champs, mais le liseron des haies est la plus préjudiciable aux cultures d…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 91,80€/an​ TTC
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Grandes Cultures
Consultez les revues Réussir Grandes Cultures au format numérique sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce à la newsletter Grandes Cultures