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Traitements phytosanitaires
Les efforts se multiplient pour diminuer le recours aux pesticides

Que ce soit en France ou à l´échelle européenne, sur le plan réglementaire ou au travers de recherches scientifiques, la réduction de l´usage des pesticides est encouragée.


En juin 2006, le gouvernement français annonçait le lancement d´un plan interministériel de réduction des risques liés aux pesticides pour la période 2006-2009. Il partait du constat d´une « contamination préoccupante et généralisée des eaux par les pesticides, de présence détectée dans d´autres compartiments de l´environnement et des effets potentiels sur la santé humaine ».
Ce plan a surtout le mérite de faire la liste des mesures déjà appliquées en France ou prévue dans un proche avenir visant à diminuer l´usage des produits phytosanitaires. Une des mesures phares est de réduire de 50 % d´ici 2009 les quantités vendues de substances actives les plus dangereuses. Ces substances sont au nombre de 47. L´objectif de réduction de 50 % s´applique à la globalité de ces matières actives. Il sera tout sauf difficile à atteindre car le retrait commercial d´un certain nombre de ces produits est déjà prévu suite à la réévaluation européenne sur les substances actives. Citons l´aldicarbe, la carbendazime, le flusilazole, la vinchlozoline. pour n´en nommer que quelques-unes.

Contributions des agences de l´eau
Le plan est revenu sur les conditions de traitement, notamment en ce qui concerne la redéfinition des zones non traitées (ZNT) ou la gestion des fonds de cuve. L´arrêté du 12 septembre 2006 (paru au Journal Officiel du 21 septembre) reprend textuellement ces modalités. Le contrôle périodique de matériel de pulvérisation est préconisé dans le plan interministériel. Il entrera en application en même temps que l´entrée en vigueur de la nouvelle loi sur l´eau programmée pour 2008.
Dans le plan interministériel, un chapitre est consacré à « l´encouragement des pratiques et systèmes de production minimisant le recours aux pesticides ». Les agences de l´eau contribuent à cette orientation dans le cadre des outils du Programme de développement rural hexagonal (PDRH) avec les Mesures agri-environnementales (MAE) ou le Plan végétal environnement (PVE). « Dans le cadre du PVE, nous finançons des investissements en matériel de lutte mécanique contre les adventices qui constitue une alternative au désherbage chimique, cite Carole Mathieu, de la direction de l´espace rural et agriculture au sein de l´agence de l´eau Seine-Normandie. Au travers d´aides financières des MAE, nous incitons aussi à la diminution de l´utilisation des produits phytosanitaires. Une des mesures que nous soutenons consiste en la réduction de 40 % de l´usage d´herbicides en favorisant le recours à des méthodes alternatives de lutte. Pour l´instant nous concentrons nos actions dans les secteurs où les agriculteurs sont déjà sensibilisés à la protection des eaux », ajoute Carole Mathieu pour marquer la volonté d´obtenir des résultats satisfaisants dès la première année d´application du PDRH.
Les agences de l´eau proposent des aides à l´investissement en matériel de désherbage mécanique et pour la réduction d´usage des pesticides. ©S. Dévé

Toujours plus de contrôles
Le plan interministériel marque la volonté de renforcer les contrôles sur la distribution et l´utilisation des produits phytosanitaires : « au moins 5000 contrôles par les services régionaux de la protection des végétaux pour 2006 », chiffrait-il comme objectif. « Nous avons enregistré une augmentation de 34 % des contrôles de 2004 à 2006, précise Marie-Christiane Cazala, de la sous-direction de la protection des végétaux au sein de la DGAL. En 2006, le nombre de contrôles réalisés par les agents des SRPV a été de 6419 précisément, sans compter ceux également effectués par la DGCCRF ou l´Inspection du travail. Cette logique de renforcement des contrôles s´effectuera sur un rythme moins élevé pour les années à venir », ajoute-t-elle.
Sur la publication d´informations, le plan interministériel a introduit une nouveauté avec la mise en place d´un Observatoire des résidus de pesticides (ORP) sur les milieux naturels. La coordination scientifique et technique de l´ORP est confiée à l´Agence française de sécurité sanitaire de l´environnement et du travail (Afsset). Un site Internet (www.observatoire-pesticides.gouv.fr) publie les travaux de l´ORP. En cliquant sur la région de son choix sur une carte de France interactive (rubrique « les données »), on peut trouver des informations sur la présence de pesticides dans l´air, dans les eaux et sur certains sites grâce à des liens avec d´autres sites Internet. Le gouvernement se veut transparent en la matière.
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