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LE GRAPHIQUE
Les coops à la traîne par rapport aux entreprises privées

La baisse est nette. Tous secteurs confondus, le nombre d’entreprises coopératives s’est réduit de 48 % en vingt ans (1995 à 2015) selon les chiffres du HCCA (Haut conseil de la coopération agricole). « Le mouvement coopératif se regroupe mais s’organise pour s’adapter face à des marchés qui évoluent », a expliqué Pascal Viné, délégué général de Coop de France en conférence de presse le 8 décembre à Paris. Compte tenu de la conjoncture actuelle, les fusions et autres rapprochements ou unions vont se poursuivre. En céréales et approvisionnements, les coopératives affichent un ratio EBE (Excédent brut d’exploitation) sur chiffre d’affaires de 3,66 %. « Ce ratio traduit l’activité brute de l’entreprise», a souligné Pascal Viné. Il ne tient pas compte des redistributions et autres prélèvements. Meilleure que dans les coopératives spécialisées dans le lait ou la viande, cette valeur est légèrement inférieure au ratio moyen des coopératives qui, porté par la filière vin, est de 3,87 %.

Performances voisines en céréales et dans l'automobile

En moyenne, les coopératives céréalières affichent à peu près les mêmes performances que le secteur de la construction automobile et se situent bien en-deça des 7,1 % générés par les industries de l’agroalimentaire. En comparant par taille et type d’entreprise, « on a en moyenne des rentabilités plus faibles dans les coops que dans les entreprises privées classiques en termes de résultat net ou d’Ebitda », a indiqué Pascal Viné. L’une des causes de ces différences tient dans le statut des coopératives lui-même, qui les engagent à gérer la production de tous leurs adhérents, même si c'est économiquement peu intéressant. Une piste pour améliorer leur rentabilité : l’international. « Plus on est à l’international, plus le niveau de rentabilité est élevé, cela, pour les groupes intermédiaires (50 millions d’euros à 1,5 milliard de chiffre d’affaires) et les grands groupes (plus d’1,5 milliards) », a souligné Pascal Viné. Il reste en tout cas du chemin à parcourir pour que les coopératives françaises rejoignent leurs consœurs européennes. Bay Wa, géant allemand des céréales, a enregistré pour 2015 un chiffre d’affaires 2,6 fois plus élevé que celui d’InVivo, premier groupe coopératif français classé huitième au niveau européen.

Les grandes cultures bio ont besoin de se structurer

Les grandes cultures bio séduisent. Le secteur va devoir absorber une importante vague de conversions. « On pensait que c’était à cause de l’instabilité du conventionnel, mais il y a une motivation de la part de ces producteurs pour regarder ce qui se passe en bio, a expliqué Pascal Gury, producteur de grandes cultures bio et président du groupe bio Intercéréales-Terres Univia, lors des premières rencontres du secteur à Paris le 24 novembre. La spéculation n’existe pas chez nous. On est sur des marchés respectables et gérables, j’espère que l’on va continuer. » Aujourd’hui, 20 % de la production de grandes cultures bio est contractualisée, ce qui contribue à stabiliser les marchés. Mais ce n’est pas simple. Une année comme 2016, les meuniers avaient besoin de 117 000 tonnes de blé bio et ils n’ont eu à disposition que 75 000 tonnes panifiables. « On a fait tout un travail de fond avec la distribution pour éviter les pénalités, tout le monde a joué le jeu », précise Pascal Gury. Qu’en sera-t-il si la filière grossit ? « Le plus grand défi sera la transparence des marchés, estime le responsable. Or nous n’avons pas du tout de dispositifs de régulation.» Point positif à court terme néanmoins : tous les stocks vont être avalés cette année par les utilisateurs. Le retour des réserves à zéro devrait redonner l’équilibre au marché. Mais pour Pascal Gury, les nouveaux débouchés (épeautre, lin, millet, lentilles...) sont à anticiper dès maintenant.

EN BREF

L’Itab (agriculture bio), Arvalis et Terres Inovia ont signé le 24 novembre une convention pour renforcer la recherche et développement sur les grandes cultures bio. Des conventions bilatérales existaient déjà entre l’Itab et les deux instituts des grandes cultures. « Il y a une notion de fécondations croisées entre le bio et le conventionnel », a indiqué David Gouache, directeur adjoint de Terres Inovia. L’objectif est désormais de mieux coordonner et mutualiser les actions des uns et des autres grâce à un comité de suivi. « On a tout intérêt à travailler ensemble pour aller chercher de l’argent », a par ailleurs précisé Jacques Mathieu, directeur général d’Arvalis.

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