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LES COLZAS HYBRIDES FRANCHISSENT UN PALIER DÉCISIF

En terme de rendement, les hybrides de nouvelle génération ont pris une longueur d’avance sur les lignées. Mais sur d’autres caractères comme la tolérance au phoma, ils ne sont plus que quelques uns à soutenir la comparaison.

Les hybrides restaurés bousculent le marché des semences de colza. Ils sont montés à 38 % des semences certifiées vendues pour les derniers semis(1). Vu le nombre de nouvelles inscriptions qui comptent plus d’hybrides que de lignées, le recours aux hybrides aux prochains semis pourrait encore augmenter. « Les hybrides restaurés de première génération étaient seulement au niveau des meilleurs lignées en terme de rendement. Ils étaient de grande taille ce qui leur conférait souvent une sensibilité à la verse. Ils étaient pénalisés sur leur comportement au phoma et sur leur taux de glucosinolate trop élevé pour plusieurs d’entre eux », rappelle Jean- Pierre Palleau, Cetiom.

SUPÉRIORITÉ À CONFIRMER
« Tous ces caractères ont été améliorés avec le travail des sélectionneurs. L’an dernier, pour la première fois, nous avons observé des hybrides qui dépassaient régulièrement les lignées en terme de productivité. » Mais le spécialiste du Cetiom attend encore de voir les résultats de cette année. La supériorité des hybrides va-telle se confirmer ? Est-ce que des lignées qui se sont écroulées l’an passé ne vont pas redresser la tête ? Sur colza plus que toute autre culture, il est important d’étudier les résultats sur plusieurs années tant la culture répond de façon variable aux aléas climatiques. Pour Philippe Arnold, technicien agronomie à la coopérative EMC2, il faut savoir faire le tri parmi les hybrides. « Il n’y a pas pléthore d’hybrides restaurés capables de déloger les meilleures lignées. Beaucoup de nouveaux hybrides ont été inscrits cette année. Il y en aura de plus en plus mais tous les hybrides ne sont pas des Exocet ! »

LE SUCCÈS D’EXOCET
S’il est un hybride à succès, c’est bien celui-là. Exocet représente 90 % des surfaces d’hybrides restaurés du secteur couvert par la coopérative EMC2 et 20 % des surfaces totales de colza. « Il est très peu sensible (TPS) au phoma. Dans l’Est de la France, c’est un critère exclusif.Tout ce qui n’est pas TPS phoma n’est pas référençable, insiste Philippe Arnold. Cela fait beaucoup d’hybrides qui restent à la porte en dépit de résultats de rendements élevés. Exocet présentait des résultats de rendement 5 à 10 % supérieurs à ceux des meilleures lignées. Et plus les conditions de sol sont difficiles, plus l’écart est important entre hybrides et lignées. » Philippe Arnold prévoit une augmentation d’Exocet pourles semis 2008 à 35-40 % des emblavements totaux (50 % des ventes de semences certifiées). Il associe à cette variété le nouveau hybride Aviator, de même que NK Ready qui présentent aussi de hauts niveaux de rendements et une faible sensibilité au phoma.

LES LIGNÉES RÉSISTENT
Outre la tolérance au phoma, les hybrides doivent encore s’améliorer sur la sensibilité à l’élongation automnale, phénomène en progression avec les automnes doux de ces dernières années.Avis de Jean- Pierre Palleau: « Nous voyons apparaître quelques hybrides présentant une faible sensibilité à l’élongation automnale, comme Safran pour en citer un. Il y a encore des hybrides avec une forte sensibilité et beaucoup moyennement sensibles. » Mais le risque d’élongation se corrige à la parcelle en adaptant les dates et densités de semis, en veillant à ne pas semer sur des sols trop riches, en appliquant un régulateur de croissance… Les hybrides progressent mais les lignées gardent malgré tout une place de choix auprès des producteurs. « Les agriculteurs s’accrochent aux lignées car elles présentent de bonnes performances vis-à-vis des maladies et parce qu’on peut les recultiver, souligne Jean- Pierre Palleau. Et jusqu’à cette année, les hybrides n’avaient pas trois longueurs d’avance en terme de rendement. » En Haute-Marne,Adriana,Grizzly et ES Astrid représentent 80 % des lignées cultivées. « Je pense qu’Adriana va continuer sa progression. Kador va monter en puissance et je vois quelques lignées nouvellement inscrites faire parler d’elles comme Épure, Arcadia, Alpaga ou Cabernet, pronostique Philippe Arnold. Elles sont TPS phoma. Elles présentent un fort potentiel de rendement associé à des teneurs en huiles élevées. Elles ne sont ni trop précoces, ni trop tardives… » Dans la concurrence entre variétés, le moindre défaut apparaît rédhibitoire et se paie cash dans les ensemencements. !
Christian Gloria (1)
Voir Réussir Céréales Grandes Cultures, n° 209, décembre 2007, pages 48 et 49.

LES LIGNÉES GARDENT LA MAÎTRISE SUR LE COÛT DES SEMIS

Avec un prix de la graine de colza qui a augmenté et des intrants qui suivent la même tendance, inévitablement le coût des semences croît également. Et il pourrait être plus important sur les hybrides restaurés que sur les lignées. « Entre Grizzly (lignée) semé à 60 grains/m2 et Exocet (hybride) à 40 grains/m2, on constate un différentiel de coût de 3 à 4 euros de l’hectare en supplément pour l’hybride. Mais l’augmentation du prix des matières premières va se répercuter plus fortement sur le coût des semences des hybrides restaurés », estime Philippe Arnold, coopérative EMC2, qui table sur une augmentation amenant le différentiel à 5 euros. Il est vrai qu’au sac, les semences d’hybrides restaurés sont de plusieurs dizaines de pourcents plus chères que celles des lignées, à l’exemple d’Exocet se commercialisant à 210 euros la dose de 2 millions de graines contre 140 euros pour Grizzly (données semis 2007 de deux coopératives de l’Est).
BAISSER LA DENSITÉ DE SEMIS
Mais au moment des semis, des densités à l’hectare plus faibles sont préconisées pour les hybrides restaurés. Exemple chez Pascal Bigard, agriculteur en Haute-Marne : « De 40 à 50 pieds au m2 pour les lignées, j’abaisse la densité à 25-30 pieds pour les hybrides. Mais en dépit de cette baisse, cela ne permet pas d’équilibrer les coûts de semences à l’hectare. J’estime même un surplus de 20 à 30 euros/hectare avec les hybrides. » Pascal Bigard sème une partie de ses lignées avec des graines produites sur son exploitation et cela fait toute la différence. !
C. G.

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