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Agriculture et environnement
Les agriculteurs, acteurs de la biodiversité

Cinq agriculteurs du réseau Farre(1) dans la Marne, dont Benoît Collard, ont voulu en savoir plus sur la biodiversité. avant de voir les applications sur leurs exploitations.


« Au sein du réseau Farre, nous avons une certaine fibre environnementale et nous sommes curieux de nature. On entend parler de biodiversité dans les médias. Notre question d´abord était de savoir ce qui se cache derrière ce terme. » Avec quatre autres exploitants de la Marne, Benoît Collard a alors entrepris de contacter des associations naturalistes de la région : le conservatoire du patrimoine naturel de Champagne-Ardenne (CNCPA) et la Ligue de protection des oiseaux (LPO). « Nous avions l´idée préconçue d´organisations écologistes plutôt refermées sur elles-mêmes et nous avons été surpris par les spécialistes rencontrés, ouverts au dialogue. »

Des gestionnaires du territoire
Stéphane Mainsant est l´un d´eux, expert en botanique pour la CNCPA. « Nos associations respectives accueillent ce genre de démarche car les agriculteurs sont les gestionnaires incontournables de notre territoire. Notre intérêt était d´étudier les zones agricoles à côté de celles préservées que nous avons l´habitude de suivre. On ne peut gérer ces deux types de milieux séparément. Un échange s´est instauré entre les agriculteurs possédant les connaissances agronomiques et du terrain et nous, avec notre savoir scientifique. »
Les producteurs se sont laissés guider par les deux associations au travers de formations « pour débroussailler les mots biodiversité et écologie et les recadrer dans le contexte agricole de la Champagne crayeuse » et avec des audits au sein de chaque exploitation « afin de voir ce qu´il subsiste comme milieu préservé et pour définir le potentiel d´amélioration de biodiversité sur les exploitations », explique Stéphane Mainsant qui, avec son collègue de la LPO, a réalisé des relevés floristiques et faunistiques.

Des essais vont être réalisés pour percevoir l´évolution de la faune et de la flore en s´interdisant certaines pratiques. Deux ans après les premiers contacts avec les agriculteurs, les associations apportent des conseils : faucher plutôt que broyer les jachères pour préserver insectes et oiseaux, laisser les chemins en herbe pour en éviter l´érosion et pour servir de lien entre des zones refuges, planter des îlots buissonnants sur plusieurs mètres plutôt que des haies avec une seule rangée d´arbres, privilégier les essences locales.
L´amélioration de la biodiversité ne vient pas en laissant faire la nature. L´agriculteur doit intervenir, « ce qui est possible, avec des mesures simples et efficaces sans que la charge en travail ne soit trop importante ».

(1) Forum de l´agriculture raisonnée et respectueuse de l´environnement.
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