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Le sorgho blanc, une niche difficile à organiser

La grande majorité du sorgho produit en France, des variétés à grains roux, part dans le débouché alimentation animale « tout venant ». Mais il existe également un créneau pour le sorgho à grains blancs, utilisé en oisellerie, un débouché à plus forte valeur ajoutée. Mais sur ce marché très étroit, il est très difficile de réguler l'offre et la demande.

Situés surtout en Europe du Nord (Belgique et Royaume-Uni, notamment), mais également au Portugal ou en Espagne, les acheteurs recherchent avant toute chose une production de qualité, et préférentiellement des grains blancs. « Nous collectons en moyenne moins de 1 000 tonnes de sorgho par an, décrit Pierre-Antoine Allard, chez Océalia. Jusqu’à présent, tout part dans ce débouché, pour en moyenne 5 à 10 euros par tonne de plus qu’en maïs ». Pour le professionnel, la production est rentable lorsque le prix dépasse de 10 euros par tonne celui du maïs. « Nous avons un travail à faire sur le grain, qui comprend le coût logistique, car nous rapatrions toute la collecte sur un seul silo, le nettoyage et le tri, explique-t-il. On perd entre 4 et 8 % de la production ». La marge est étroite et la concurrence rude car « dès que la production augmente, le marché de l’oisellerie se casse la pipe ! », résume Richard Sié, à la CRL.

Des acheteurs qui n’ont pas intérêt à contractualiser

Problème : sur ce marché encore moins qu’ailleurs, les acheteurs n’ont aucun intérêt à contractualiser. « Ils achètent un camion de temps en temps en fonction de leurs besoins, souligne Pierre-Antoine Allard. On négocie le prix à l’instant T ». Comme en sorgho roux pour l’alimentation animale, les collecteurs n’ont donc pas de visibilité sur le marché et ne peuvent anticiper en amont avec leurs producteurs. « Quand la filière est structurée, on arrive à maintenir la valeur ajoutée mais pas quand elle est plus ouverte », regrette Pierre-Antoine Allard. Le professionnel redoute une explosion des surfaces. « Les prix sont bas sur la plupart des produits depuis trois-quatre ans, et la tendance des agriculteurs consiste à chercher des productions alternatives, explique-t-il. Dans notre région, la diversification des cultures repose sur une logique économique, pas agronomique. Or ces marchés de niche ne supportent pas les hausses de production. En millet, par exemple, les prix sont passés en six à huit mois de 265 à 180 euros la tonne ». Pour l’instant, l’intérêt des producteurs de la coop pour le sorgho demeure modeste… ce que Pierre-Antoine Allard voit plutôt comme une chance.

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