Aller au contenu principal

LE GRAPHIQUE
Le marché phyto divise le monde en quatre

Europe, Amérique du Sud, Amérique du Nord, Asie : ces quatre régions du monde se partagent le marché des produits phytosanitaires à parts quasi égales. Mais les utilisations diffèrent...

Entre 8 et 10,6 milliards de dollars en 2010 : c'est le chiffre d'affaires des produits de protection des plantes dans chaque grande région agricole du monde : Europe, les deux Amériques et l'Asie-Océanie. L'Afrique est loin derrière avec ses 1,3 milliard de dollars de ventes de phyto.
L'EUROPE demeure le premier marché phytosanitaire : 10,6 milliards de dollars en 2010 et 12,2 milliards en 2011. Elle se distingue par l'importance des fongicides (près de 37 % des ventes) et la faible consommation des insecticides (13,9 %). Le climat tempéré à continental favorise plutôt les maladies que les ravageurs. Les fongicides sont très employés sur les cultures majeures et intensives que sont les céréales à paille.
L'AMÉRIQUE DU NORD se remarque par la domination des herbicides, très utilisés sur une production dominée par le maïs et le soja. Peu de fongicides en revanche: les céréales à paille sont cultivées sur un mode extensif avec une protection minime contre les maladies. Une particularité cependant : les maïs américains sont traités contre l'helminthosporiose pour lesquels il existe un marché fongicide de 300 millions de dollars. Les insecticides ont diminué avec les OGM Bt résistants aux insectes (maïs et coton surtout) qui se passent de ces produits. Sur les 8 milliards de dollars du marché nord-américain, 6,5 milliards concerne les seuls États-Unis.
EN AMÉRIQUE DU SUD, les conditions tropicales amènent son cortège de ravageurs nécessitant des traitements insecticides (plus de 30 % des phytos). Le soja OGM est la culture intensive archidominante du Brésil et de l'Argentine. Pour le seul Brésil, 2,5 milliards de dollars de
produits y ont été dépensés dont 1 milliard pour les fongicides contre la rouille, devenue un fléau en quelques années. Au Brésil, le marché total des produits phytosanitaires est de 6 milliards de dollars dont 2 milliards pour les herbicides. Les insecticides représentent un marché important au Brésil également avec 800 millions de dollars sur le soja, 300 millions pour le coton et 250 millions pour le maïs.
L'ASIE se caractérise par la multiplicité de ses cultures, un peu comme l'Europe. Le premier pays consommateur de phyto en valeur est... le Japon, à cause du prix élevé des produits sur une agriculture très subventionnée. La Chine arrive en deuxième position mais les chiffres sont sans doute sous évalués. L'Asie-Océanie est la région où se consomment le plus d'insecticides pour les mêmes raisons climatiques que l'Amérique du Sud et aussi à cause de productions fortes consommatrices comme le riz,  le coton (sur le coton indien, plus de 80 % des phytos sont des insecticides) et les fruits et légumes.

Évolution

Depuis 2000, la hausse la plus significative des ventes de produits phytosanitaires provient de l'Amérique latine avec un doublement entre 2003 et 2010. L'intensification de la production agricole et la mise en culture de millions d'hectares en sont la raison. L'Europe a également connu une forte hausse, portée par l'intensification de l'agriculture des pays de l'Est. L'augmentation en Asie est également importante. C'est en revanche la stagnation en Amérique du Nord et une hausse légère sur le petit marché africain. À noter que la protection génétique contre les bioagresseurs grâce aux OGM prend une part importante dans certaines régions du monde sur les produits chimiques, ce qui peut expliquer par exemple la stagnation du marché des pesticides en Amérique du Nord.

Glyphosate

Le glyphosate avec son herbicide phare, le Roundup, est le produit le plus largement utilisé dans le monde. La quantité de produit a passé la barre du milliard de litres (en équivalent 360 g/l de la matière active) en 2005 contre 400 millions de litres en 1997. Sur la seule culture du soja aux la moitié du chiffre d'affaires herbicide (15 % sur le maïs), soit des ventes représentant 400 millions de dollars. Les variétés OGM résistantes au glyphosate en sont l'explication.

Les plus lus

Les disponibilités en azote sont exceptionnellement faibles, au risque d'impacter la récolte prochaine.
Flambée des prix et risque de pénurie pour les engrais azotés
En sympathie avec les prix du gaz, les cours des engrais azotés pulvérisent les records. Pire, l’offre est limitée. Pour espérer…
Surcroît de travail, étalement du parcellaire et allongement des distances... Toutes les conséquences de l'agrandissement doivent être envisagées afin d'en évaluer l'impact sur les conditions de travail au quotidien.
Foncier agricole : quatre questions à se poser avant de s’agrandir
Lorsqu’une opportunité se présente, s’agrandir est souvent tentant. Mais les économies d’échelle ne sont pas forcément au rendez-…
Face aux dégradations, Cécile Ruèche, agricultrice à Bailly dans les Yvelies, a installé des panneaux pour expliquer le rôle des bandes enherbées et en interdire l'accès. Ces zones tampons sont désormais mieux respectées.
Agriculture périurbaine : « Ne pas rester seul face aux incivilités dans la plaine »
En zone périurbaine, incivilités et dégradations des parcelles sont usantes. L’action collective permet de ne pas se décourager…
Les faibles poids spécifiques sont le principal point faible de la récolte 2021 de blé tendre en France. La teneur en protéines est en revanche satisfaisante.
Qualité des blés 2021 : êtes-vous dans la moyenne ?
Ce n’est pas une grande année pour la qualité des blés français, notamment en raison de l’effondrement du poids spécifique sous l…
Le prix du blé dur français a répliqué la forte hausse enregistrée en Amérique du Nord au cours de l'été pour dépasser 400 €/t.
Blé dur : pourquoi les prix explosent malgré une qualité française médiocre ?
La récolte canadienne rachitique fragilise l’équilibre offre/demande du bilan mondial de blé dur, provoquant l’envolée des prix…
Circuler avec les engins agricoles sur les routes très fréquentées requiert des précautions.
Agriculture périurbaine : « Pour accéder à mes parcelles, j’évite les entrées et sorties de bureau »
Circulation difficile, dégâts de lapins, dépôts sauvages… Des agriculteurs situés en zone périurbaine cherchent la parade face à…
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 100€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Grandes Cultures
Consultez les revues Réussir Grandes Cultures au format numérique sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce à la newsletter Grandes Cultures