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Le lentillon champenois, la légumineuse sauvée de l’oubli développe sa culture

Le lentillon champenois reste assez méconnu du grand public. Il est présenté pour la première fois à la foire de Châlons-en-Champagne, l’occasion de faire plus ample connaissance avec cette légumineuse et ses producteurs. Amandine Rivière, responsable générale de l'ODG Territoires Grand ESt, nous en dit plus sur cette légumineuse.

champagne
Le lentillon champenois a failli tomber dans l'oubli mais est aujourd'hui cultivé par une vingtaine de producteurs.
© SNPL

Assez méconnu du grand public, le lentillon champenois est souvent confondu avec la lentille verte ou le lentillon rosé. Il présente pourtant des particularités gustatives spécifiques comme son goût légèrement sucré et son côté fondant en bouche. Comme les autres légumineuses, c’est un aliment riche en protéines.

De couleur rosée, de petite taille et de forme bombée, le lentillon champenois est semé à l’automne, en même temps que son tuteur, généralement du seigle. Une fois récolté en juillet, l’ensemble est trié afin de séparer la céréale de la légumineuse. Une vingtaine de producteurs cultivent aujourd’hui 90 ha sur le territoire de la Champagne crayeuse, particulièrement dans les départements de l’Yonne, de l’Aisne, des Ardennes, de l’Aube et de la Marne, représentant un volume de 50 à 90 tonnes par an.

« Lentille à la Reine »

Les origines de la production du lentillon dans la région sont anciennes et des écrits attestent que l’épouse du roi Louis XV en raffolait. C’est pour cette raison que le lentillon est aussi connu sous le nom de « lentille à la Reine ». Pourtant, il s’en est fallu de peu qu’il tombe dans l’oubli. Sa survie ne tient qu’à l’intérêt que lui a porté René Devalance, un agriculteur établi près de Barbonne-Fayel qui a semé des graines retrouvées un peu par hasard dans un grenier au début des années 80 ! Aujourd’hui, les producteurs sont réunis en syndicat, le SNPL.

 

Amandine Rivière, responsable générale, animatrice ODG, Territoires Grand Est, nous en dit plus sur le lentillon champenois qui sera présenté ce 6 septembre à la foire de Châlons-en-Champagne.

 

La culture du lentillon est-elle exigeante ?

Elle n'est pas exigeante. Le semis a lieu à l'automne avec une plante tuteur, ce qui permet de rendre la plante plus robuste. L'élément principal que le lentillon déteste : l'excès d'eau qui provoque le pourrissement. Le moment clé est également la récolte, il est nécessaire d'attendre la bonne maturité mais de ne pas trop attendre car les intempéries impactent fortement la plante en fin de cycle. Il est également impératif de respecter une rotation de minimum 7 ans sans lentille/lentillon sur la parcelle. Des ravageurs telle que la bruche sont de plus en plus présents, mais nous restons épargnés comparativement à d'autres régions.

 

Quelles sont les perspectives de développement ?

De nombreux producteurs sont intéressés pour produire du lentillon champenois, les principaux freins sont la disponibilité en semences et les débouchés commerciaux car souvent les coopératives ne souhaitent pas acheter ce type de production à cause des faibles volumes et de la logistique que cela demande. Il serait question d'augmenter les volumes d'au moins 50 % à moyen terme, même si cela nécessite de structurer une filière aval.

 

Quels sont les débouchés et dans quels circuits retrouve-t-on le lentillon champenois ? 

Les volumes sont commercialisés à 66,7 % sur le marché local, à 33,1 % sur le marché national et à 0,2 % à l’export (Belgique, Allemagne, Autrice et Suède notamment). Les circuits de commercialisation du lentillon champenois sont diversifiés : 20 % des volumes sont vendus à la GMS ou à des épiceries, 17 % à la ferme ou dans des magasins de producteurs, 15 % à des coopératives, 12 % à la restauration commerciale ou collective et 11 % à des grossistes. Les 27 % restants sont vendus auprès de transformateurs par exemple. Plus de 60 % des producteurs commercialisent leur production en vente directe. Ils sont aussi plus de 60 % à vendre les lentillons champenois dans les GMS, épiceries et magasins alimentaires.

 

Quelles actions de valorisation et de communication sont-elles mises en place pour faire connaître le produit ?

Plusieurs années consécutives, les producteurs ont organisé la Fête du Lentillon champenois (avant Covid) avec présentation du produit, ses déclinaisons en cuisine mais aussi la partie amont sur la production. Dans le cadre d'un projet sur la résilience des systèmes grandes cultures biologiques, Bio Grand Est s'est engagé à mener des actions de sensibilisation autour des légumineuses pour montrer leurs intérêts nutritionnels, économiques et environnementaux.  Des dégustations de lentillons champenois ont été organisées sur des marchés. Les producteurs individuellement contribuent à la promotion du lentillon champenois car la majorité écoule la production en vente directe et en circuits courts. Les restaurateurs contribuent également à promouvoir le produit en l'incluant dans les menus.

 

Qu’attendez-vous de l’IGP si vous l’obtenez ?

Les producteurs en attendent d’abord une plus-value économique et commerciale afin d’accroître la valeur ajoutée de la production et une opportunité pour l’implantation sur de nouveaux marchés, le développement de nouveaux circuits de commercialisation et la croissance des parts de marché existantes au plan national et international. Ce label apporte des garanties au consommateur dans un contexte où la majorité des lentilles disponibles sur le marché sont importées. L’IGP est aussi une opportunité pour le collectif qui la porte : elle permet une mise en commun (économie d'échelle) des coûts de communication, de recherche et d'investissements. De plus, l’IGP permettra une protection des savoir-faire liés à cette production et une protection de sa notoriété. Elle octroie une reconnaissance publique et européenne du travail accompli par les producteurs (anciens et actuels) et elle permettra de valoriser le territoire de production puisque le nom de l’IGP fait référence à sa zone de production.

 

Quelle rémunération pour les producteurs ?

 

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