Aller au contenu principal
E-mailPrintFont SizeFacebookTwitter

« Le gouvernement doit aller plus loin dans la clarification de ses objectifs »

Député du Bas-Rhin et agriculteur, Antoine Herth (1) répond aux questions de Réussir Grandes Cultures relatives au rapport de la mission commune d'information sur les phytos de l'Assemblée nationale. 

© DR
Comment considérez-vous les plans Écophyto 1 et 2 : échec ou réussite ?

Le chemin parcouru est considérable mais il n’a pas pris les directions attendues par le gouvernement. Il n’y a pas eu une baisse de 50 % des volumes de phytos. Mais ce qui m’impressionne, ce sont, par exemple, les expérimentations dans les fermes Déphy qui diffusent dans les systèmes de production, ou les Certiphytos qui sensibilisent l’ensemble des agriculteurs. Est-ce que c’est suffisant ? Probablement que non. Il faut voir qu’avec Écophyto, la France s’est positionnée sur une réduction des volumes. Nos voisins, eux, ont visé une réduction des impacts. Cela explique les difficultés rencontrées. On considère que c’est un échec mais il faut se poser la question de la réduction des impacts.

Qu’est-ce qui, pour vous, est important aujourd’hui ?

Savoir où le gouvernement veut aller. S’il veut cibler des molécules qu’il considère trop dangereuses, il faut qu’il le dise. Sur le biocontrôle, par exemple, il faut que les grosses firmes décident de massifier leurs efforts. Or il y a aujourd’hui une sorte de poker menteur entre l’administration qui veut interdire des molécules et les firmes qui menacent de ralentir leurs efforts si ça va trop loin… L’État ne peut pas décréter qu’il va mettre sur le marché de nouvelles molécules ! Il faut que les entreprises aient un intérêt commercial. Pour ça, le gouvernement doit aller plus loin dans la clarification de ses objectifs, afficher la direction quitte à négocier sur le calendrier.

Qu’a apporté cette mission commune sur les phytos ?

Elle a réuni pendant cinq mois des parlementaires de quatre commissions qui, habituellement, ne s’occupent pas d’affaires agricoles. Ils ont vu que les choses étaient complexes et les réponses pas simples. La mission a mis en particulier le doigt sur la problématique santé. Cette question de la santé publique n’a jamais été posée clairement dans le plan Écophyto, qui avait une approche environnementale. Or cette problématique monte en puissance. J’invite le monde agricole à créer dès maintenant des groupes de travail sur ce sujet, comme il sait le faire. Il faut qu’il ait un discours. Ceux que ce sujet préoccupe veulent une réponse. Il faut faire de la pédagogie autour de cette question. J’ai bon espoir : il y a dix ans, les agriculteurs n’étaient pas capables d’avoir un discours sur l’environnement ; aujourd’hui, il n’y a plus de problème. Avec la santé, ça prendra du temps mais ils y arriveront.

Auteur en 2011 d’un rapport sur le biocontrôle, Antoine Herth a suivi de près la mission commune sur les phytos.
Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Réussir Grandes Cultures

Les plus lus

Étienne d'Hautefeuille, 200 hectares de céréales dans la Somme. "On produit tous les jours — un ou deux brassages et des distillations — mais aucune bouteille n’est encore sortie de l’atelier. » © G. Crochez
« Je valorise mon orge à la ferme avec du whisky haut de gamme »
Dans le Santerre, un jeune agriculteur produit du single malt avec sa propre orge. Un travail d’alchimiste et de longue haleine.
Les paquets de marques de distributeurs ne contiennent pas du blé français. © C. Baudart
[Covid-19] Pourquoi la farine a manqué dans les rayons
Outre les questions logistiques et la ruée sur les sachets de farine pendant le confinement, les ruptures de stocks de farine…
 © V. Marmuse / CAIA
Météo : les cultures seront-elles confrontées à un été chaud ou très chaud ?
Les prévisions trimestrielles de Météo France tablent sur un été plus chaud que la normale. D’autres prévoient un été moins chaud…
Régression de talles, nombre d'épis pénalisé... les séquences météo depuis l'automne ont dégradé le potentiel de rendement des céréales. © E. Hersand / Vienne rurale
Potentiel de rendement affecté : les cultures marquées par le travail de sape de la météo
Hiver trop pluvieux, printemps trop sec et retour des pluies tardif présagent de rendements inférieurs à la moyenne pour la…
Stratégie « de la ferme à la table » : Bruxelles place la barre environnementale haut
Un quart de la surface européenne en bio, baisse de 50 % de l’usage des phytos et de 20 % de l’utilisation d’engrais… Dans la…
Les céréales n'aiment pas beaucoup les excès d'eau, en particulier les orges. © C. Baudart
En grandes cultures, les excès de pluies hivernales bousculent les assolements
Les niveaux de pluviométrie de l’hiver, largement supérieurs à la normale, modifient la physionomie de la plaine : semis de blé…
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
Moins de 8.50€/mois
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Grandes Cultures
Consultez les revues Réussir Grandes Cultures au format numérique sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce à la newsletter Grandes Cultures