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Le bois raméal fragmenté dynamise la vie du sol

On en parle dans les jardins ou dans le maraîchage. Mais l’apport de bois raméal fragmenté au sol est-il transposable en grandes cultures ? Expériences et reportage chez Paul Campas en Mayenne.

Moins je vois d’outils passer dans mes champs, mieux je me porte ! » Paul Campas apporte un soin particulier à la vie de ses sols pour que les organismes — des vers de terre aux bactéries — assurent le travail d’une charrue ou de tout autre équipement agissant sur la structure et la fertilité de la terre.

Des couverts d’interculture faits de végétaux aux racines pivotantes (chou chinois, colza, féverole…), un sol non travaillé (semis direct), des apports réguliers d’un mélange de fientes et de paille… l’agriculteur s’est dit qu’ajouter du bois raméal fragmenté (BRF) pouvait apporter un dynamisme supplémentaire à la vie du sol. D’autant plus qu’il y a un gisement à proximité quasiment gratuit. « Un ami m’a informé que la communauté de communes du pays de Meslay-Grez avait des déchets verts à n’en plus savoir que faire. Le broyage des tas de déchets composés de résineux, de feuillus et de tontes de pelouses est pris en charge par la communauté et chargé dans des bennes de 15 tonnes. Avec un autre agriculteur, je tire parti de ces BRF avec pour seuls frais le transport (3 euros par tonne) jusqu’au bord de nos champs. »

 

De 5 à 10 tonnes à l’hectare chaque année

Paul Campas a connu une première expérience plutôt difficile de cet apport. « J’ai commencé il y a cinq ans avec une fourniture de plus de 20 t/ha après récolte de colza et avant un blé. J’ai obtenu un rendement de ma céréale de seulement 55 q/ha à cause d’une faim d’azote qui s’est manifestée en fin de cycle du blé. » En temps normal, Paul Campas produit des blés à 75-80 q/ha. Cela fait une grosse différence mais il n’abandonne pas l’affaire pour autant. Il s’aide de l’association Base qui le conseille.

Plutôt que d’apporter une forte quantité de BRF par parcelle et ne pas y revenir pendant quelques années, l’agriculteur décide de réaliser un apport moindre, de 5 à 10 t/ha, et ce tous les ans sur l’ensemble de ses cultures. « En l’occurrence, l’épandage est réalisé en fin d’été plutôt qu’en sortie d’hiver de façon à ne pas tasser le sol. Il est couplé à celui du fumier de volaille (10 t/ha de fiente mélangée à de la paille broyée). Je fais intervenir un entrepreneur qui possède un équipement de barre de guidage sur GPS et d’épandeurs avec pesée embarquée. L’apport de BRF me coûte ainsi 45 euros/ha supplémentaires et je connais précisément les quantités apportées, nécessaires pour le calcul de la fourniture d’azote ensuite. »

Des rendements retrouvés

Le producteur n’a plus constaté de problème d’assimilation de l’élément azoté par les cultures. « J’ai obtenu 95 q/ha de rendement en blé en 2015 avec un taux de protéine un peu faible (10,5) et 76 de PS. En 2016, le rendement n’a été que de 64 q/ha mais supérieur à la moyenne du secteur et avec une qualité élevée : 79 de PS et 12,6 % de protéines. »

L’agriculteur perçoit une amélioration de la porosité du sol par ses différentes pratiques. Le BRF ne fait qu’y contribuer un peu plus à son sens. Il se remémore ses années d’études agricoles avec le Soltner sous les yeux. « L’ouvrage montrait le cycle du carbone en forêt : des feuilles et des branches qui se décomposent en donnant de l’humus au sol que l’arbre récupère pour sa croissance. Le but de mes opérations telles que l’apport de BRF, c’est de faire travailler le sol en autonomie. »

Mais à la question, "aurait-il utilisé ce BRF si la communauté de communes l’avait rendu payant ?" Il répond que non et cite le cas d’un autre agriculteur de l’Ouest qui a renoncé au BRF car son utilisation était facturée par une entreprise de gestion de déchets. Au final, le BRF peut être utile pour l’amélioration des sols avec des apports à dose modérée et si le gisement reste gratuit. C’est le prix à (ne pas) payer pour l’utiliser sur des dizaines d’hectares en grandes cultures.

Le BRF permet au sol de "travailler"

Paul Campas, agriculteur à Arquenay (Mayenne), a adopté le semis direct depuis 2000. " L'apport de BRF se fait en fin d'été à raison de 5 à 10 tonnes/hectare, couplé à un apport de fumier de volaille." L'agriculteur estime que  "le BRF est un élément supplémentaire pour apporter une vie au sol".

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