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Marché Mondial
Le bilan des oléagineux mis au régime

Pénurie de graines, demande insatiable en tourteaux, tension sur l'huile : la première moitié de la campagne s'annonce explosive pour le complexe mondial des oléagineux.

La campagne 2012-2013 s'annonçait chaude depuis plusieurs mois pour les oléagineux.On le savait : les mauvaises récoltes de soja engrangées début 2012 par le Brésil et l'Argentine, respectivement premier et troisième producteur de la planète, allaient assurément faire trouver le temps long aux utilisateurs. Face à la réduction précoce des disponibilités des deux géants sud-américains, tout le monde attendait avec impatience que les États- Unis, challenger du Brésil, prennent le relais pour rassasier une demande mondiale en pleine croissance.Grâce aux importantes surfaces emblavées, la récolte automnale nord-américaine s'annonçait abondante, voire proche du record de 90 millions de tonnes (Mt) enregistré en 2010. Las ! La sécheresse qui a frappé le pays - la pire depuis cinquante ans - a compromis les rendements et ramené les estimations de production à 70 Mt.


STOCKS EN BERNE

Loin de détendre le marché, les nouvelles venues des plaines US ont donc affolé les places boursières à partir de la fin juin, propulsant le cours du Soybean à des sommets à Chicago, et entraînant dans son sillage le prix des tourteaux. La violence de la réaction est à la hauteur de l'inquiétude suscitée par les statistiques. En septembre, l'analyste Oil World pronostiquait un stock US de fèves au plus bas pour février 2013, correspondant au mi-temps de la campagne américaine et au retour de l'origine brésilienne.


PÉNURIE DE SOJA AUX USA

Selon l'officine, les réserves du deuxième producteur mondial ne s'élèveront alors qu'à 25 Mt, soit 14 Mt de moins qu'il y a un an. Alors que les usines de trituration tournent à plein régime, dopées par une demande en tourteau insatiable, certains craignent une pénurie de soja aux États- Unis sur la deuxième moitié de campagne. Et ce n'est pas le démarrage en trombe des exports, notamment à destination de la Chine, qui va rassurer les utilisateurs du marché intérieur. Théoriquement, les États-Unis pourront s'alimenter auprès de l'hémisphère Sud à partir de février. La logistique pourrait cependant compliquer la donne, avec le risque d'engorgement des ports argentins et brésiliens, et une logistique américaine orientée vers l'export qui pourrait s'avérer moins efficace à contre-sens. Dernier petit détail : pour ne pas affoler un peu plus des bilans mondiaux déjà explosifs, il faudra que la récolte sudaméricaine tienne ses promesses d'abondance (sur la base des surfaces attendues, on évoque le record de 150 Mt pour le sous-continent), ce qui impose une météo sans accroc.


SOUDURE DIFFICILE

Quoi qu'il en soit, l'Amérique du nord sera condamnée au régime allégé en matières grasses en 2012-2013: les exportations et la trituration de soja sont estimées par Oil World à respectivement 29,5 et 41,8 Mt aux États- Unis, contre 37 Mt et 46,5 Mt l'an passé.Avec à la clé une nouvelle fonte du stock de report, attendu en août 2013 à 2,7 Mt, moitié moins que celui de 2010 ! La situation n'est guère meilleure à l'échelle mondiale, puisque le ratio mondial stock/consommation en soja risque de s'enfoncer sous

OPÉRATION SÉDUCTION

La Malaisie en campagne pour l'huile de palme

Redorer l'image de l'huile de palme : tel était l'objectif des dirigeants du Malaysian Palm Oil Council (MPOC) venus porter la bonne parole en France au mois de septembre, avec le concours de Bernard Dompok,ministre malaisien des Plantations et des Matières premières, en VRP de choix. En Malaisie, l'huile de palme est en effet une affaire d'État : le pays en produit 18 millions de tonnes (Mt) sur les 50 Mt fabriquées dans le monde. Après avoir rencontré le ministre français de l'Agriculture et un panel d'industriels et de distributeurs, l'équipe a plaidé le cas de l'huile de palme lors d'une conférence de presse tenue dans un luxueux hôtel parisien.

FAIBLE PART DE MARCHÉ EN FRANCE

L'huile de palme couvre 30 % de la consommation de la planète en huiles et corps gras mais peine à se développer en France, avec seulement 8 % de parts de marché. En Europe, elle est la cible de campagnes de communication d'ONG l'associant à la destruction de la forêt primaire (et des orangs-outangs) en Asie. Ces campagnes ont poussé de grandes marques à retirer l'huile de palme dans leurs produits, tel que Findus ou Casino. « La forêt couvre 56 % du territoire malaisien, et l'État s'est engagé à ne pas descendre en dessous de 50 %, a expliqué Bernard Dompok. Cela fait plusieurs années que la hausse de la production repose uniquement sur l'augmentation de la productivité et non sur de nouvelles plantations. Nous portons notre effort sur la formation des petits producteurs qui représentent 40 % des volumes et nous espérons doubler, voire tripler, la productivité moyenne qui est actuellement de 4 tonnes d'huile par hectare et par an. » Le ministre s'est aussi déclaré favorable au développement des entreprises malaisiennes à l'étranger pour y implanter des palmiers, notamment en Afrique, tout en soulignant que ces stratégies d'entreprises privées n'impliquaient pas l'État.Quant à ses aspects nutritionnels très contestés, « l'huile de palme est la meilleure huile alimentaire », a tout simplement affirmé Yusof Basiron, directeur du MPOC. « Par sa constitution solide, elle évite l'apport d'acide gras trans, très mauvais pour la santé, et elle est aussi bonne que l'huile d'olive pour le cholestérol, tout en étant dix fois moins chère », a-t-il assuré.

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