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Tête d´assolement
L´avoine nue est une culture peu contraignante

Cultivée en France depuis quelques années pour des marchés bien spécifiques, l´avoine nue présente une bonne tolérance aux maladies et une richesse élevée en protéines et en énergie.


La culture d´avoine nue est récente en France, elle date d´environ cinq ans. Seul marché de l´avoine en progression, elle représente entre 5 et 10 % de la production totale des avoines françaises. Jean-Michel Thiault, directeur de la coopérative régionale des producteurs de l´Yonne (Cerepy) explique : « Il s´agit d´une culture encore marginale à destination d´un marché de niche. Entièrement contractualisée avec les coopératives, la culture d´avoine nue fait l´objet d´une bonne traçabilité. Il y a cinq ans, nous avons mis cette culture au goût du jour dans le cadre des aides rotationnelles des mesures agro-environnementales (MAE). »
Un peu moins d´une quarantaine d´agriculteurs du département de l´Yonne se sont lancés dans l´aventure pour en cultiver 450 hectares environ. « L´avoine nue est utilisée en tête d´assolement du type `blé/orge/escourgeon ou colza´ », précise Jean-Michel Thiault. Elle permet donc d´opérer une rupture dans la rotation céréalière classique.

Trois variétés sont actuellement disponibles en France : les avoines nues de printemps Avenuda et Mozart, l´avoine nue d´hiver Grafton. Deux nouvelles variétés seront commercialisées en 2006, Izak (printemps) et Expression (hiver).
L´avoine nue est une culture peu contraignante. Elle demande peu d´intrants tout au long de la culture. De manière générale, elle est faiblement sensible aux parasites si ce n´est une attention particulière contre les pucerons afin d´éviter toute virose. Les variétés de printemps résistent bien à la verse, mais présentent une certaine sensibilité à la rouille et à l´oïdium.

Une culture précoce pour étaler la période de travail
De son côté, « la variété d´hiver Grafton est fortement résistante au stress hydrique, comme nous avons pu notamment le constater depuis deux ans en juin. Elle présente en contrepartie une très forte sensibilité au gel qui la rend mieux adaptée aux zones de production Ouest et Sud », souligne Jean-Pierre Brossillon, directeur de la société semencière Sem-Partners. Précoce, l´avoine nue d´hiver permet d´étaler la période de travail. Semée au début de l´automne, elle peut être récoltée en dernier, à surmaturité, après les blés. En effet, les grains d´avoine nue présentent une enveloppe mince se détachant de l´amande au moment du battage. La maturité du grain doit être la plus complète possible pour minimiser la présence résiduelle de grains vêtus. « L´utilisation de graines fermières est à éviter car elle entraîne la perte du caractère `nu´. Les agriculteurs engagés dans la filière de production ont l´obligation d´acheter des semences certifiées pour éviter tout risque de dégénérescence », précise Jean-Michel Thiault.
Aucune recherche n´est menée en France sur l´avoine nue. Seuls deux programmes européens sont en cours en Angleterre et en République Tchèque. « La recherche française n´est pas présente sur ce créneau car le marché n´est pour l´instant pas extensible, sauf si le secteur de l´alimentation animale remplaçait une partie de ses avoines classiques. Cette éventualité n´est pas impossible car la qualité alimentaire des avoines nues est extrêmement intéressante. Dépourvue d´enveloppe, elle est aisément assimilable et présente des taux protéiques compris entre 16 à 18 % et un pouvoir énergétique équivalent au blé ou au maïs », développe Jean-Pierre Brossillon.
Des débouchés en alimentation humaine
L´industrie agroalimentaire absorbe 80 % de la production d´avoine nue française à destination de l´alimentation humaine (biscuits, flocons, barres de céréales.) pour des marchés nationaux mais également étrangers. La France exporte une partie de sa production à ses voisins européens : Italie, Allemagne, Belgique, Hollande et Angleterre. Les 20 % restants sont à destination de l´alimentation animale (porcelets et depuis peu en élevage de volailles), l´industrie de synthèse (cosmétique, pharmacie, diététique) et la production de raticides.
Question rémunération, « le prix de vente de l´avoine nue avoisine le double du prix des avoines classiques. Il suit cependant les mêmes variations puisque le premier concurrent de l´avoine nue est bien l´avoine vêtue décortiquée. Il s´agit d´un marché extrêmement cyclique en fonction de l´offre qu´il est nécessaire de maîtriser au risque de le voir se dégrader », explique Jean-Michel Thiault. Cette maîtrise passe notamment par les contrats de filière au cahier des charges précis dont l´utilisation de semences certifiées.

Chiffres clés
Sur l´exploitation de Jean-Luc Martin, en 2004 :
27 ha d´avoine nue d´hiver cultivée ;
rendement : 5 t/ha ;
charges : 184 ?/ha ;
prix de vente : 90 ?/t ;
gain à l´hectare : 450 ? ;
prime Pac : 300 ?/ha ;
marge brute : 566 ?/ha.
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