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La recherche sur les OGM continue en France et ailleurs

Il se nomme Genius comme Genome engineering improvement for useful plants of a sustainable agriculture. Même en employant l'abbréviation d'un titre anglais, ce projet de recherche est tout ce qu'il y a de français. Inra en tête, il associe dix partenaires publics et cinq entreprises privées. "Le projet Genius a pour objectif de développer des outils qui permettront des modifications d'un génome de plante, plus précise et plus efficace qu'avec les outils actuels", présente la plaquette du projet(1). Nulle part il n'est question d'OGM, de transgénèse ou de plantes transgéniques. Avec les outils de transgénèse actuels, l'insertion d'un gène modifié (morceau d'ADN) se fait au hasard dans le génome de la plante. "Genius vise à intégrer l'ADN modifié à un endroit choisi dans le génome ou à changer une ou plusieurs lettres du génome sans introduire d'ADN", lit-on sur la plaquette. Une de ces techniques consiste à utiliser des enzymes particulières, les méga-nucléases. "Ces enzymes sont synthétisées et elles servent à couper l'ADN en des endroits précis. Elles peuvent être utilisées pour annuler la fonction d'un gène, modifier une base de ce gène ou remplacer un gène par un autre. Cette pratique nécessite de la transgénèse à un moment donné", explique Alain Deshayes, ancien chercheur à l'Inra puis chez Nestlé. Une plante génétiquement modifiée (PGM) est définie comme un végétal qui a été modifié sur le plan génétique par l'homme et qui porte des modifications qui n'auraient pas pu se réaliser dans la nature.

La recherche des semenciers exportée outre-Atlantique

L'Inra mène donc des recherches sur les plantes transgéniques mais il ne faut pas le crier sur les toits. Les outils que l'institut met au point seront à la disposition des partenaires du projet, parmi lesquels se trouvent des sélectionneurs français. Selon Alain Deshayes, même si des recherches continuent d'être menées en matière de biotechnologies végétales, la France a pris un retard considérable. Les semenciers français et internationaux ont décidé de ne plus réaliser la moindre recherche sur les OGM en France mais de les exporter outre-Atlantique comme Limagrain avec des études aux États-Unis ou en Argentine. Et ailleurs en Europe ? "Le Vieux Continent n'est pas mieux loti en matière d'avancées sur les recherches sur les plantes transgéniques, analyse l'expert en biotechnologies. Mais certains pays prennent des orientations sans ambiguïté en faveur d'une recherche sur les OGM. C'est le cas du Royaume-Uni." Plus qu'ailleurs en Europe, les Britanniques font confiance aux OGM puisque selon un récent sondage, moins de 30 % d'entre eux considèrent ces plantes comme étant à risque. Le gouvernement de sa majesté a donc pris le parti d'encourager la recherche sur les OGM : un moyen de rester dans la compétition de la recherche scientifique et de pouvoir moins dépendre des produits d'importation à terme.

Consultez la plaquette du projet sur www.genius-project.fr

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