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La guerre de la compétitivité sucrière aura lieu

Avec la fin des quotas, l’accès au marché mondial sera stratégique pour le sucre européen.

La fin des quotas devrait avoir une double conséquence sur le marché communautaire : d’une part une hausse de la production de sucre de 1 à 2 millions de tonnes (Mt), d’autre part une progression de la part de marché de l’isoglucose à ses dépends. Le sucre sera donc contraint de trouver des débouchés à l’export pour équilibrer son bilan. Pour cela, il lui faudra être compétitif face à des géants comme l’Inde ou le Brésil — qui accapare 40 % du marché mondial mais est fragilisé par des coûts de production en hausse, ainsi que face à des puissances montantes comme la Thaïlande, passée en dix ans d’une production de 2 Mt à 10 Mt.


La France a déjà refait une bonne partie de son retard sur ses concurrents les mieux placés,
et n’entend pas s’arrêter en si bon chemin. Les betteraviers comptent notamment sur la hausse des rendements. Ces derniers pourraient même se hisser à 123 t/ha à 16 degrés de sucre en 2025 si le programme de recherche Aker atteint son objectif : faire passer de 2 à 4 % le progrès génétique annuel.
L’économie d’énergie dans les sucreries, l’allongement de la durée de campagne et la baisse des charges fixes des planteurs via des organisations de travail collectives font également partie des chantiers engagés par la filière.

En face, le Brésil peine à rebondir. Le pays a vu sa productivité grevée par la crise économique de 2008, qui a retardé les investissements dans les usines et le renouvellement des champs de cannes. Le débouché sucre est également concurrencé par la transformation en éthanol, qui a absorbé 54 % de la production cannière en 2013. « Il faut un prix du sucre supérieur à 0,22 dollar la livre pour que les industriels brésiliens soient incités à investir dans leurs outils », a affirmé lors du congrès de la CGB Plinio Nastari, président de la société Datagro. « C’est plutôt de bon augure, car, à ce prix, nous serons présents », a assuré Roland Cuni, de la CGB. La marge est toutefois étroite : un cours mondial de 19 cents (proche du niveau actuel) correspond à un prix de 340 euros départ usine pour le sucre européen, soit environ 22 euros la tonne de betterave. « Et à ce prix là, a reconnu l’expert, ni le fabricant, ni le planteur ne gagne un sou. »

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