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Agriculture de précision
La fertilisation intraparcellaire façon BeApi gagne du terrain

Deux ans après son lancement, la société Be Api, qui fait partie du pôle Bioline d’InVivo, a vendu des diagnostics de sols sur 60 000 hectares. Accompagnés de conseils, ils aident les agriculteurs à raisonner leur fertilisation au niveau intraparcellaire.

Thierry Darbin (2ème en partant de la droite) et son équipe ont vendu les services de Be Api sur 60 000 hectares depuis 2016.
© V.Noël

« Notre conviction est que l’agriculture de précision intraparcellaire ne peut se développer qu’avec l’accompagnement d’un conseiller local », a expliqué Thierry Darbin, directeur de Be Api (Api pour Agriculture de précision intraparcellaire), lors d’un voyage de presse, le 6 novembre, dans l’Eure. Créée en 2016 sur les fondements de la société Défisol, spécialisée dans le diagnostic des sols, Be Api appartient à la branche Bioline d’InVivo. Elle a pour objectif de déployer au niveau national les outils mis au point par Défisol et d’élargir l’offre de services. 32 000 hectares ont été diagnostiqués depuis 2016, sachant que 28 000 hectares supplémentaires seront traités sur la campagne 2018/2019, représentant un total de 60 000 hectares.

280 000 carottages réalisées en 2017

Be Api propose deux grands types de diagnostic d’hétérogénéité intraparcellaire qui permettent d’ajuster fumures de fond et fertilisation azotée. L’un concerne la fertilité des sols. Il est bâti à partir de l’historique des photos aériennes de l’IGN et des analyses de terre (1,3 analyse par hectare). L’autre porte sur le potentiel des sols. Il repose sur des mesures de conductivité et des profils pédologiques (1 pour 10 hectares).

A la différence de Défisol, Be Api va jusqu’au conseil, qui s’appuie sur le moteur de calcul de l’outil Epiclès, ajusté. Ce conseil est ensuite délivré et adapté par un conseiller de coop, chacune des coopératives partenaires du projet disposant d’un référent sur la thématique. Les agriculteurs récupèrent ensuite via une application dédiée toutes les cartes, diagnostics et fichiers qui leur permettront de mettre en pratique avec leur propre matériel les résultats des diagnostics intraparcellaires.

Pour faire face à son développement, la société a dû se réorganiser et embaucher, son objectif étant « de garder le même niveau de prestations », insiste Benoît Dreux, directeur opérationnel. En 2017, la société a réalisé 280 000 carottages, 1 200 profils et une centaine d’heures de formation.

A ce jour, 37 coopératives ont manifesté leur intérêt pour ces outils, qui participent à définir un « troisième voie de l’agriculture » entre bio et conventionnel, comme l’a indiqué Laurent Martel, directeur général de Bioline. Le marché potentiel serait d’un million d’hectares. Sur le périmètre de Cap Seine, pionnière puisque ancienne partenaire de Défisol, Sébastien Benoist, en charge de l’agriculture de précision, l’estime à 90 000 hectares. « 30 000 hectares sont déjà engagés, décrit-il. Les agriculteurs attendent une meilleure précision dans leur travail, des économies d’intrants, une meilleure image de l’agriculture et une réduction de leur impact sur l’environnement ».

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