Aller au contenu principal

Agrandissement des exploitations agricoles : faut-il jouer la discrétion ?

En matière de foncier, le monde agricole n’a rien à envier au monde des affaires : le silence est d’or et on a vent des transactions lorsqu’elles ont eu lieu. Nécessaire, cette précaution est un pis-aller.

La discrétion apporte souvent de la sérénité aux projets d'agrandissement.
La discrétion apporte souvent de la sérénité aux projets d'agrandissement.
© C. Baudart

C’est souvent le bruit de la plaine qui répand doucement la nouvelle d’un agrandissement. En matière de cession et de foncier, notre profession cultive la discrétion. Seules les attributions effectuées par la Safer sont publiques, via des parutions dans les journaux agricoles départementaux ou les sites web des organismes fonciers. Cette particularité peut rendre amer : on a vent d’une reprise quand elle a eu lieu, alors qu’elle nous aurait probablement intéressés.

Cette réalité est à l’avantage du vendeur et de l’acquéreur, qui conservent ainsi la maîtrise du projet. En effet, pour être validé, le dossier doit être examiné en CDOA. Or l’ex-contrôle des structures ne s’y oppose que si une demande concurrente est déposée, c’est-à-dire si la reprise est connue. Les demandes concurrentes donnent souvent lieu à des litiges et des procédures, qui perturbent évidemment les projets.

Sur un plan plus humain, la discrétion évite aussi les gifles. Les cédants proposent leurs biens à des gens qu’ils connaissent, dont ils apprécient le travail, les valeurs… et qui sont solvables. Le hic, c’est que ce voisin idéal, ce n’est peut-être pas vous ! À l’inverse, des cédants proposent parfois leur exploitation par courrier à l’ensemble de leurs voisins. L’expérience n’est pas moins conflictuelle : souvent, il faut départager plusieurs bons profils et l’on déçoit d’autant plus que les espoirs sont corrélés au degré d’élaboration de la candidature.

Plus un candidat dépensera de temps et d’énergie à élaborer son dossier de reprise, plus il a des chances d’être déçu s’il n’est pas retenu. À choisir, on peut préférer la discrétion : le foncier reste un sujet sensible.

Les plus lus

<em class="placeholder">Élodie Thirouin, agricultrice à Ychoux (40)&quot;Un pH trop acide peut avoir un impact important sur nos cultures (légumes surtout) et donc, on ne peut pas se permettre de ...</em>
Chaulage : « Je dépense 62 €/ha d'apport de dolomie tous les deux ans par parcelle sur des sols sableux des Landes où le pH peut baisser rapidement »

Éloïse Thirouin est à la tête d'une exploitation de 400 hectares à Ychoux (Landes). Ses terres sableuses à tendance acide l'…

Moissonneuse batteuse en action dans une parcelle de blé tendre. Allier. 2024
Moisson 2026 : une qualité rassurante en blé tendre mais des rendements en retrait et localement catastrophiques

Au 16 juillet, la récolte française de blé tendre est achevée ou en passe de l’être dans la plupart des régions. Les…

<em class="placeholder">Annie Genevard, ministre de l&#039;agriculture et Sébastien Martin, ministre délégué à l&#039;industrie,  </em>
Prix des engrais azotés : une aide de 50 euros par tonne « pour tous les agriculteurs »

Le gouvernement français a abondé l’aide européenne aux achats d’engrais azotés pour le monter à 145 millions d’euros au…

<em class="placeholder">Prestataire de service avec une moissonneuse batteuse de marque CLAAS vidant sa trémie dans la remorque d&#039;un tracteur durant la moisson des blés. Récolte des céréales. ...</em>
Prix du blé : accompagner la tendance à la hausse en commençant à vendre sa récolte

Après des mois sans grandes variations, les prix du blé décollent depuis le démarrage de la nouvelle campagne début juillet.…

<em class="placeholder">Déchaumage après récolte d&#039;une parcelle d&#039;orge.  </em>
Semis de colza 2026 : attendre la pluie sans compromettre l’implantation

Difficile d’envisager des semis de colza dans les conditions pédo-climatiques actuelles. Selon les types de sol un déchaumage…

<em class="placeholder">Guillaume Debreuve, agriculteur à Dierrey-Saint-Pierre (Aube),&quot;Dans le méthaniseur, le seigle se dégrade plus difficilement qu&#039;une orge, provoquant un épaississement du ...</em>
Méthanisation : « J’utilise depuis deux ans l’orge d’hiver dans l’Aube, plus souple à récolter et moins délicate à gérer que le seigle »

Agriculteur à Dierrey-Saint-Pierre (Aube), Guillaume Debreuve alimente un méthaniseur avec une autre exploitation agricole en…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 91,80€/an​ TTC
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Grandes Cultures
Consultez les revues Réussir Grandes Cultures au format numérique sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce à la newsletter Grandes Cultures