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Marché du sucre
La canne moins chère que la betterave

Le sucre de canne a un prix de revient inférieur à celui du sucre de betterave européen. Outre le contexte économique, les caractéristiques de la canne expliquent la différence.


L´État de Sao Paulo et le Centre-Sud du Brésil sont parmi les régions les plus productives en canne (entre 80 et 120 tonnes de cannes à l´hectare) mais la production de sucre à l´hectare n´est pourtant guère plus élevée qu´avec de la betterave à sucre en Europe. La production de sucre est de l´ordre de 12 à 13 tonnes à l´hectare. A comparer aux 11 tonnes de sucre de betteraves produites régulièrement en France.
Cependant, dans cette région du Brésil, le coût de production du sucre est parmi les plus bas au monde. La tonne de sucre de canne revient à moins de 200 euros la tonne (1100 francs en 2000) soit un coût inférieur au prix de revient européen. Rappelons que le prix de base de la tonne de betterave à 16 % du quota A est 47,5 euros. Ce qui veut dire que la seule matière première coûte du sucre du quota A est de 1900 francs la tonne ; ce coût n´est que de 500 francs environ pour le sucre C.
Outre les aspects sociaux, notamment le coût de la main d´oeuvre, plusieurs aspects techniques tenant aux caractéristiques de la production de canne expliquent cette différence.
©M.-H. Vincent


Une culture pluri-annuelle
Une culture de canne est mise en place pour plusieurs années tandis que la betterave sucrière doit être semée tous les ans ! Selon les régions et la date de plantation, une culture peut supporter 6 ou 7 coupes. En effet pour une plantation (12 à 14 tonnes de tronçons de tiges de canne à l´hectare) qui a lieu entre les mois juin et de décembre, la première coupe peut avoir lieu 12 mois après mais ne donne qu´une petite récolte tandis que les cannes plantées entre janvier et mai ne sont récoltées qu´au bout de 18 mois.

Une campagne de 200 jours
En jouant sur la précocité des différentes variétés de cannes, une usine tourne au Brésil en moyenne 200 jours par an soit plus du double d´une sucrerie française. Une sucrerie française travaille en effet selon les années entre 85 et 90 jours. L´investissement industriel est mieux utilisé, amorti sur une plus grande production de sucre annuellement.

Une énergie gratuite : la bagasse
Une canne contient environ 15 % de sucre mais aussi presque autant de fibres (cellulose). Après extraction du jus, il reste la « bagasse » qui contient 47 % de matière sèche. Cette bagasse est brulée et permet la production de vapeur.
Une tonne de bagasse équivaut à 190 kg de fuel lourd et produit deux tonnes de vapeur. La vapeur à forte pression (21 bars) sert à actionner coupe-cannes, défribreur et moulins... La vapeur à moindre pression sert aussi au chauffage pour l´évaporation des jus et pour les colonnes de distillation d´alcool. Les usines produisent aussi leur électricité à partir de vapeur. Elles sont donc indépendantes du point de vue énergétiques alors que le poste « énergie » n´est pas négligeable dans une sucrerie européenne de betterave.

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