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La betterave se prépare à l’après-quota

Le congrès de la CGB 2013 s’est focalisé sur la nouvelle donne internationale que va engendrer la fin des quotas, fixée par Bruxelles à 2017.

" Révolution », « changement complet de paradigme »… Les orateurs qui se sont succédés à la tribune du congrès de la CGB, à Paris, n’ont pas lésiné pour souligner le bouleversement que s’apprête à vivre le marché du sucre européen. Pour Éric Lainé, président de la CGB, « nous sommes à un moment historique de notre filière. Bruxelles a tranché, et il ne nous reste plus que trois récoltes à faire sous le régime des quotas. » Ce dernier prendra fin en 2017, et avec lui le prix minimum garanti pour le sucre et pour les betteraves du quota.
Il ne s’agit pourtant pas d’une libéralisation totale du marché. Le patron des planteurs a rappelé que le dispositif réglementaire interprofessionnel et contractuel serait maintenu « quasiment en l’état » après 2017. L’accord interprofessionnel restera obligatoire, et sa signature devra intervenir avant celle des contrats, elle-même opérée avant les semis. « Surtout, l’ensemble des éléments contenus dans l’accord interprofessionnel et dans les contrats doivent être négociés collectivement, à commencer par les volumes et les prix », a souligné Éric Lainé. Les acteurs de la filière vont donc devoir réinventer une façon de travailler ensemble. « Aujourd’hui, les prix et les volumes du quota sont fixés, et il n’est pas possible de négocier les volumes et les prix du hors quota. Demain, la négociation collective par une organisation comme la CGB sera autorisée pour le volume et le prix, sans catégorie de quota ou de hors quota », a insisté Alain Jeanroy, directeur de la CGB.

Relations à réinventer


Les modalités de ce nouveau fonctionnement restent à définir. Contrats pluriannuels ? Système de prix d’acompte avec des compléments ? Le champ est ouvert. Mais, a tenu à mettre en garde Éric Lainé, « demain, dans des conditions économiques plus difficiles, il va falloir ne pas céder aux sirènes du chacun pour soi, ou tout le monde sera perdant ».
En revanche, pour Roland Cuni, directeur adjoint de la CGB, une chose est sûre : « sous le régime des quotas, l’équilibre offre/demande était fixé par la réglementation et par les décisions de gestion à Bruxelles. Dans l’ère post-quotas, cet équilibre offre/demande sera déterminé par les prix. Il faudra donc regarder comment évolueront les prix mondiaux et européens, ainsi que les coûts de production. Avec la question : qui pourra fournir la croissance de consommation attendue à l’échelle mondiale ? »
Les experts estiment en effet que celle-ci devrait augmenter de 30 millions de tonnes d’ici à 2020, principalement en Asie. Avec la fin des quotas, l’accès au marché mondial sera stratégique pour le sucre européen, mais le marché intérieur restera le socle économique de la filière. Celui-ci continuera d’être protégé par des droits de douane après 2017, mais la CGB s’inquiète de nombreuses « voies d’eau » : des contingents tarifaires permettent déjà à 3 millions de tonnes d’importations d’entrer à droit réduit ou nul dans l’Union européenne, dont 300 000 tonnes accordées en 2013. « Mettez fin à toutes ces concessions commerciales bilatérales de l’UE », a lancé Éric Lainé à l’attention des pouvoirs publics. L’organisation betteravière plaide également pour la préservation du débouché communautaire de l’éthanol, menacé à la fois par les importations, mais aussi par une « fiscalité punitive », renforcée par la nouvelle taxe Contribution énergie climat récemment créée en France, et que la CGB entend contester auprès des autorités bruxelloises.

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