Aller au contenu principal

Jachère 2024 : la dérogation et ses nouvelles conditions publiées par Bruxelles

La Commission européenne a tranché et publie ce jour un règlement accordant aux agriculteurs européens une exemption partielle de la règle de conditionnalité relative aux terres mises en jachère pour 2024.

 

Culture intermédiaire fixatrice d’azote
© Christian Gloria

Faute d’accord la semaine dernière entre les Etats membres, la Commission européenne a tranché mardi en publiant une décision au journal officiel de l’UE portant pour l'année 2024 sur une exemption partielle aux obligations de jachères prévues par la Politique agricole commune (PAC).

Le règlement entrera en vigueur demain, le 14 février, et s'appliquera rétroactivement à partir du 1er janvier pour une durée d'un an, c'est-à-dire jusqu'au 31 décembre 2024.

Les Etats membres qui souhaitent appliquer la dérogation au niveau national doivent en informer la Commission dans un délai de 15 jours à compter de l’entrée en vigueur du règlement afin que les agriculteurs puissent être informés au plus vite.

Lire aussi : Jachère 2024 et PAC : questions/réponses pour ne pas se faire avoir

4% de cultures fixant l’azote ou de cultures dérobées nécessaires

Au lieu de conserver des terres en jachère ou des éléments improductifs sur 4% de leurs terres arables, les agriculteurs de l’Union européenne qui cultivent des cultures fixant de l’azote (telles que des lentilles, pois ou féveroles) et/ou des cultures dérobées sans produits phytopharmaceutiques sur 4% de leurs terres arables seront considérés comme satisfaisant à l’exigence dite des BCAE 8

Dans sa proposition du 31 janvier, la Commission européenne avait proposé un taux de 7%.
 

Un facteur de pondération rehaussé de 0,3 à 1

En cas de semis d’une culture dérobée sans recourir à des produits phytopharmaceutiques à la suite d’une culture principale sur la zone désignée pour satisfaire à la première exigence prévue par la norme BCAE 8, les agriculteurs se verront appliquer un facteur de pondération de 1 pour tenir compte des décisions de gestion et d’ensemencement déjà prises par les agriculteurs pour l’année de demande 2024, qui ne peuvent être modifiées sans entraîner des coûts supplémentaires, peut-on également lire dans le règlement. Un facteur rehaussé par rapport aux règles de la PAC 2023 qui stipulent un facteur de 0,3 pour les cultures dérobées.
 

Une dérogation limitée à l’année 2024

« Il convient que la dérogation soit limitée à l’année de demande 2024, sans incidence sur les règles applicables aux années postérieures à 2024, et qu’elle soit limitée à ce qui est strictement nécessaire pour remédier aux difficultés auxquelles les agriculteurs sont confrontés afin d’éviter de compromettre indûment l’objectif de la norme BCAE 8 visant à améliorer la biodiversité dans les exploitations agricoles dans le cadre de la durabilité à long terme du secteur », peut-on lire aussi dans le règlement de la Commission européenne. 

Des conséquences sur l'écorégime

Compte tenu de l'abaissement des exigences de base de la conditionnalité, les agriculteurs allant au-delà pourront souscrire à des écorégimes. Les États membres pourront modifier leurs plans stratégiques de la Pac en conséquence sans attendre une approbation préalable de la Commission européenne.

La France mettra en œuvre cette dérogation

Marc Fesneau a réagi sur X (ex-twitter) en se réjouissant de l’adoption par la Commission européenne de cette dérogation à la mise en œuvre de la norme BCAE 8, dite dérogation jachères. « Cette dérogation simplifie l’atteinte des objectifs environnementaux liés à la PAC, sans les remettre en question, tout en soutenant le potentiel de production au service de la souveraineté alimentaire. Il est donc possible d’adapter le cadre réglementaire pour tenir compte des évolutions du contexte économique et géopolitique, auquel sont confrontés les agriculteurs européens. Les engagements pris envers les agriculteurs français ont donc été tenus et la France mettra en œuvre cette dérogation, conformément aux annonces du Gouvernement », commente-t-il.

Christiane Lambert, présidente de la Copa, s’est pour sa part félicité que le coefficient de pondération retenu soit finalement de 1 pour 1 et pas de 0,3 pour 1.

Les plus lus

<em class="placeholder">épi de blé</em>
Cadmium : les teneurs mesurées en céréales et pommes de terre sont dans les normes et stables depuis 15 ans

La présence du cadmium dans l’alimentation fait l’objet d’une surveillance rapprochée par les filières céréales et pommes de…

<em class="placeholder">Contrôleur et agriculteurs devant un pulvérisateur.</em>
Aides PAC : Comment sont sélectionnées les exploitations contrôlées ?

Chaque année une partie des exploitations demandeuses d’aides PAC font l’objet de contrôles. Réalisés sur pièces ou…

<em class="placeholder">Vue aérienne d&#039;une ferme ayant plusieurs bâtiments agricoles non contigus</em>
Pas de permis de construire sans régularisation des anciens bâtiments agricoles

L’obtention d’un permis de construire peut être bloquée en présence d’une construction irrégulière dans le même ensemble…

<em class="placeholder">Branches d&#039;arbre d&#039;une parcelle forestière tombées dans une parcelle agricole</em>
Limite de propriété : que faire en cas de chute d’arbres sur ses parcelles agricoles ?

Les arbres en bordure de parcelles agricoles ne sont pas toujours bien entretenus. Quand des branches et des troncs tombent,…

<em class="placeholder">Pieds de maïs touché par la Geomyze.</em>
Géomyze sur maïs : que faire en cas d’attaques dans l’Ouest ?

La période de froid qui a stoppé la croissance des maïs a créé les conditions idéales pour la géomyze, une mouche qui s’…

<em class="placeholder">Parcelle semée en maïs en Charente.</em>
Zones intermédiaires : une MAEC à 92 euros par hectare pour les grandes cultures

En 2026, la mesure agroenvironnementale dédiée aux grandes cultures en zone intermédiaire (MAEC ZIGC) devient accessible à un…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 108€/an​
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Grandes Cultures
Consultez les revues Réussir Grandes Cultures au format numérique sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce à la newsletter Grandes Cultures