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Réchauffement climatique
Insérer l´agriculture dans les marchés du carbone

L´agriculture génère 20 % des gaz à effet de serre émis sur le territoire français. La Saf-agriculteurs de France suggère de valoriser son potentiel de réduction.


« L ´agriculture présente un fort potentiel de réduction des émissions de gaz à effet de serre, évalué à plus d´une quinzaine de milliers de tonnes d´équivalent CO2 évitées par an. Cependant le cadre actuel ne lui permet pas de tirer un bénéfice financier incitant la mise en oeuvre de projets réducteurs d´émissions. »
C´est le constat établi par la Saf-agriculteurs de France qui a initié début 2005 un groupe de travail « agriculture et effet de serre », en partenariat avec l´Ademe et la mission climat de la Caisse des dépôts et consignations (CDC), et a lancé une étude dont elle vient de publier le rapport. L´objectif est de montrer comment le secteur agricole peut participer aux marchés du carbone pour valoriser sa contribution aux réductions d´émissions de gaz à effet de serre (GES).
©J.-J. Biteau

L´agriculture non soumise à quota d´émissions
« Sa contribution à la lutte contre le réchauffement climatique est triple : réduire ses émissions, participer à la substitution d´énergie fossile par la biomasse et séquestrer du CO2 », souligne le rapport rédigé par Alexia Leseur, aujourd´hui en poste à la mission climat de la CDC.
L´agriculture comme les secteurs des transport ou du bâtiment, n´est pas soumise à quotas d´émissions. C´est-à-dire qu´elle n´entre pas dans le cadre du marché européen de crédits carbones mis en place dans l´UE, concernant certains acteurs économiques. Il en résulte que « pour l´instant, seules 30 % des émissions françaises de GES sont concernées par ce mécanisme financier. Ce dernier permet de pénaliser les industries qui accroissent leurs émissions et rémunère celles qui les réduisent ». Non inclus dans ce marché, les acteurs économiques générant près des trois quarts restants n´ont donc pas accès à ce mécanisme d´incitation pour les réduire. L´agriculture, en particulier, représente pourtant 20 % des émissions françaises.

Au-delà du potentiel de réduction que cela représente, elle joue aussi un rôle significatif via sa capacité à séquestrer du carbone grâce à la photosynthèse et comme fournisseur de biomasse destinée à remplacer une part de l´énergie fossile.
« Certains marchés du carbone existants dans le monde intègrent l´agriculture, comme en Nouvelle-Zélande, Australie, Canada ou Etats-Unis », souligne le rapport.
A leur image, une autre voie pourrait être développée en France au travers de projets dits « domestiques ». Le principe « est de permettre une valorisation financière des réductions d´émissions de gaz à effet de serre via l´attribution de crédits carbone ou de leur valeur correspondante ». Il consisterait à faire agréer par les pouvoirs publics des projets de réduction, dont les émissions évitées par rapport à une situation de référence sont dûment évaluées puis vérifiées. Le financement de la rémunération est généré par la contribution du projet à la diminution des émissions globales de la France venant alors augmenter le nombre de crédits carbones qu´elle pourra valoriser dans le cadre du protocole de Kyoto.
©J.-J. Biteau

Des décisions à prendre par les pouvoirs publics
D´ores et déjà, des actions « éprouvées et relativement simples à mettre en oeuvre » pourraient entrer dans ce schéma et se développer. « Parmi celles-ci, figurent les projets d´utilisation de la biomasse (paille, bois, cultures dédiées) à des fins énergétiques, la méthanisation des déjections animales ou encore la modification de pratiques agricoles du type introduction de trèfle dans les prairies ». Elles permettraient de réduire l´usage d´engrais azotés, gros émetteurs de GES. Concrètement, pour regrouper un nombre suffisant d´agriculteurs et peser significativement en termes de réductions, « les projets devraient être portés par l´ensemble d´une filière, une coopérative, des associations d´agriculteurs ou autres organismes agricoles ».
Pour la Saf-agriculteurs de France, le secteur agricole devra « tôt ou tard engager des actions pour réduire ses émissions ». Plutôt qu´attendre passivement une nouvelle contrainte, elle préconise d´utiliser les marchés du carbone « pour trouver des retours intéressants tant en termes financier que d´image ». Mais les conditions pour qu´un tel mécanisme voit le jour et donne lieu à appel à projets « ne sont pas réunies aujourd´hui en France. Elles relèvent en grande partie de décisions des pouvoirs publics qui restent à prendre ». Les regards sont tournés vers les ministères de l´Écologie et de l´Agriculture.

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