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« Grâce au réseau collectif de stations météo connectées dans l’Allier, je bénéficie d’un service complet en plus des données apportées par ma propre station »

L’Union des coopératives agricoles de l’Allier (Ucal) a mis en place un réseau de stations météo connectées sur son territoire depuis 2018. Reportage chez Thierry Bonet, agriculteur dans l’Allier, équipé depuis plusieurs années pour pouvoir piloter ses interventions en fonction des conditions météorologiques.

<em class="placeholder">Clément Bridot responsable agriculture numérique à l’Union des coopératives de l&#039;Allier, et Thierry Bonnet, agriculteur à Paray-sous-Briailles, dans l’Allier (1), ...</em>
Clément Bridot, responsable agriculture numérique à l'Ucal, suit le réseau collectif de stations météo connectées du territoire proposé aux adhérents des coopératives, comme ici chez Thierry Bonnet, à Paray-sous-Briailles.
© V. Charpenet

« Pendant la période des chantiers de récolte, je consulte l’application connectée à ma station météo au moins dix à douze fois par jour ! » Thierry Bonnet, agriculteur à Paray-sous-Briailles, dans l’Allier (1), est équipé d’une station météo depuis 2018 via l’Union des coopératives agricoles de l’Allier (Ucal). Comme bien souvent avec les avancées technologiques, l’agriculteur avoue qu’il aurait désormais du mal à se passer de cet outil intégré à sa routine de travail. « Nous avons souhaité mettre en place ce service pour répondre au besoin des adhérents de gagner en efficacité dans l’organisation de leurs interventions grâce à une connaissance précise des conditions météo », confirme Clément Bridot, responsable agriculture numérique à l’Ucal. Le réseau se compose aujourd’hui de 150 stations météo connectées (200 agriculteurs), fournies par la société Sencrop, installées principalement chez des producteurs de grandes cultures.

Gagner en confort de travail et en précision

La principale motivation de Thierry Bonnet était d’avoir une mesure précise de l’hygrométrie et du vent pour intervenir dans des conditions d’application conformes à la réglementation et maximiser l’efficacité des traitements phytosanitaires. « Les capteurs apportent de la précision et de l’objectivité, explique-t-il. Notamment pour l’hygrométrie, le ressenti peut être trompeur et les conditions peuvent changer très vite. » Il a choisi de s’équiper d’une station météo comprenant deux parties : le capteur simple, qui permet de mesurer la température, la pluviométrie et l’hygrométrie, couplé à un anémomètre et d’une girouette pour la mesure de la vitesse du vent.

L’agriculteur a aussi opté pour cette technologie afin de gagner en confort de travail. « Je réalise souvent mes traitements herbicides la nuit, explique-t-il. Auparavant, je devais me lever et sortir pour observer si les conditions météo étaient bonnes. Désormais, je peux tout vérifier directement sur mon téléphone. » En plus de son propre matériel, il consulte les données de deux stations situées dans des communes voisines. C’est un des atouts de la dimension collective : l’abonnement permet en effet d’avoir accès aux données des autres stations du réseau.

Un abonnement mensuel qui doit rester supportable

L’offre commerciale de l’Ucal a évolué depuis un an et demi face à l’augmentation du prix du matériel. Au départ, il s’agissait d’un système de location compris dans le prix de l’abonnement mensuel. « Cette formule était devenue trop chère pour les agriculteurs », précise Clément Bridot. L’Ucal a opté pour un paiement des frais d’installation au démarrage correspondant au prix du matériel (une station capteur simple et un anémomètre coûtent environ 800 €). Le forfait mensuel pour avoir accès à l’application et aux services de Sencrop s’élève à 18,90 € auxquels s’ajoutent 5 € pour les frais d’entretien réalisé par la coopérative et une extension de garantie pour remplacer le matériel dans les cinq ans suivant l’installation si besoin. Cette formule a été choisie pour garantir un bon entretien du parc et garder des stations fonctionnelles. « On est clairement au prix maximum que les agriculteurs sont prêts à consentir, il est important qu’on reste en dessous du seuil de 25 € par mois », estime le technicien qui souligne que le prix reste le principal frein pour s’équiper.

C’est l’Ucal qui se charge d’installer les capteurs. « On choisit le meilleur emplacement avec l’agriculteur et on installe toutes les stations de la même manière, de façon à avoir des données d’entrée les plus fiables possibles et de pouvoir les comparer, précise Clément Bridot. L’idée est de fournir un service au-delà de la prestation du constructeur. » Preuve du succès du dispositif selon lui : le taux d’utilisation de 95 % et une moyenne de 4,5 consultations de l’application par jour.

Se servir de la data pour améliorer le conseil

L’offre de Sencrop permet de recevoir toutes les quinze minutes, via le réseau bas débit, les informations provenant des stations. L’application permet aussi d’avoir accès aux prévisions météo d’une quarantaine de modèles différents complétés par une prévision « maison » de Sencrop élaborée par un algorithme à partir de plusieurs modèles. Les données sont actualisées plusieurs fois par jour. « En période de traitement, on regarde les données en temps réel des stations, mais pendant les travaux de semis, de récolte ou les épandages d’engrais, on consulte surtout la partie prévisions qui nous permet d’anticiper notre organisation et de ne pas rater les fenêtres de tir », explique l’agriculteur qui s’attache par exemple à effectuer sa fertilisation azotée (solution liquide) le plus près possible d’une pluie.

Du côté de l’Ucal, l’objectif est de valoriser les données recueillies auprès de l’ensemble des stations en fournissant des conseils ultra-locaux. Un bulletin, qui s’appuie sur les sommes de températures, est par exemple envoyé aux producteurs de maïs pour anticiper les vols de pyrales ou la date de récolte. A posteriori, les données permettent de mieux comprendre certaines problématiques locales qui ont influé sur le rendement final et ainsi d’être « plus performant dans le conseil délivré aux agriculteurs ». « Dans les évolutions futures, on réfléchit à intégrer un outil d’aide à la décision (OAD) pour le déclenchement des traitements contre les maladies des céréales », précise Clément Bridot.

(1) EARL Bonnet, 160 ha dont 60 de blé, 35 d’orges d’hiver et printemps, 25 de colza, 15 de tournesol et 10 de maïs. Deux types de sols : argilo-calcaires profonds autour de la ferme, plus léger en périphérie.

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