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Gel : des pertes autour de 10 % en colza et betterave

Les dégâts liés à l’épisode de gel qui a frappé les campagnes françaises à partir du 12 avril commencent à être chiffrés en grandes cultures. Et la facture s’annonce salée pour les producteurs.

Sur céréales, l'intensité des dégâts est lié à l’espèce, au stade et à l’exposition. © C. Baudart
Sur céréales, l'intensité des dégâts est lié à l’espèce, au stade et à l’exposition.
© C. Baudart

Colza et betterave devraient être les deux principales cultures les plus touchées par le gel. Pour les colzas, la perte de récolte pourrait être « de l’ordre d’une dizaine de pourcents », a estimé Arnaud Rousseau, président de la Fédération des Oléoprotéagineux (FOP), lors d’un point presse le 14 avril. « Cela représente grosso modo 300 000 tonnes, pour des pertes chiffrées entre 120 et 220 millions d’euros. » Un chiffre à prendre encore avec précaution, vu la capacité du colza a compenser, mais qui tend un peu plus les marchés. La récolte 2021 a gagné 8 €/t en deux jours.

En termes de surfaces, les chiffres officiels d'Agreste évaluaient les semis à 990 000 hectares dans la note d'avril. Selon Arnaud Rousseau, sur cette sole emblavée, « 40 000 à 50 000 hectares pourraient avoir été retournés » du fait de mauvaises conditions d'implantation. Si l'on y ajoute les conséquences du gel, la surface récoltée de colza pourrait avoisiner le niveau extrêmement bas de 900 000 hectares.

Du coté des betteraves, autour de 10 % des 400 000 hectares emblavés cette année en France seraient touchés, soit « entre 30 000 et 55 000 hectares de betteraves en cours de levées », selon une estimation de la Confédération Générale des planteurs de Betteraves (CGB) au 12 avril. « Le diagnostic final reste encore à préciser mais le constat est déjà sans appel : la filière betteravière française n’a jamais connu de telles pertes liées au gel », précise l’organisation.

Pour les lins textiles, dont la majorité des surfaces était semée, des dégâts sont également signalés dans de nombreuses aires de production. Le lin de printemps est particulièrement sensible au gel dès l’émergence des plantules et dans les 15 premiers jours qui suivent la levée.

Pour les céréales, une estimation précise reste hasardeuse - les effets du gel apparaitront plus tard - mais les dégâts concerneraient surtout les orges de printemps, semées au printemps ou à l’automne. Mais tout dépend « de l’espèce, du stade, et surtout de l’exposition », note Jean-Charles Deswarte, spécialiste en écophysiologie chez Arvalis.

En attendant, dans les parcelles, les experts mandatés par les assureurs multiplient les rendez-vous.

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