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GUIDAGE PAR SATELLITES
Gagnez à être précis grâce à l'usage du GPS

Vecteurs d’économie de temps et d’intrants, les guidages par satellites trouvent incontestablement leur place dans les exploitations céréalières et s’automatisent progressivement.

Encore marginaux il y a quelques années, les GPS sont devenus des outils que l’on croise fréquemment dans les exploitations. Leur utilité et le confort de conduite apporté ne sont plus à prouver.Avec des outils travaillant sur de grandes largeurs, comme les pulvérisateurs ou les épandeurs d’engrais, les GPS permettent de se délester des traceurs à mousses et suppriment la corvée fastidieuse du jalonnage de la parcelle. En réduisant les surfaces de recouvrement et/ou de manque, ces appareils diminuent les charges en intrants. En effet, la majorité des agriculteurs s’assure de traiter partout, quitte à resserrer légèrement les jalons. Il n’est pas rare d’observer 1 mètre, voire 1,50 mètre de recouvrement avec un pulvérisateur de 28 mètres de largeur. Cela représente 3 à 5 % de la surface doublement dosée. Les bénéfices se font ressentir sur l’économie d’intrants,mais aussi sur les gains de rendement des surfaces qui ne sont plus surdosées.

TRAITEMENT DE NUIT

De plus, si les systèmes de guidage permettent de gagner du temps de jalonnage, ils ouvrent des perspectives en termes de plages de travail. Il devient facile de traiter par temps de brouillard ou à la tombée de la nuit, conditions les plus fastes pour une pulvérisation efficace. Par ailleurs, ces appareils se révèlent utiles pour d’autres applications comme le travail du sol, voire le semis en planches. Montés sur les moissonneuses-batteuses, ils permettent de couper une parcelle en deux, tout en assurant que le dernier passage sera réalisé avec une coupe pleine.

DOUBLONS ET MANQUES

Les systèmes de guidage peuvent être complétés par la coupure automatique des tronçons sur les pulvérisateurs,mais aussi sur les épandeurs d’engrais. Proposés à des tarifs de 2 500 à 4 500 euros, ces systèmes coupent chaque tronçon à l’approche d’une surface déjà traitée. Ainsi, les zones de doublon et de manque sont réduites. « Le gain réalisé par la coupure automatique de tronçons peut atteindre 5 % dans les parcelles en pointe, ce qui devient vite rentable », explique Christian Lavezard, de la société John Deere.

TRACES ET PASSAGES 

Ingénieur commercial Satplan, Benjamin Verzeaux confirme ces chiffres par les réactions des utilisateurs. « Les agriculteurs qui s’en servent la première fois sont surpris que la coupure intervienne si tôt en bout de champ, preuve que les zones de recouvrement en fourrière étaient importantes lorsqu’ils pilotaient manuellement l’ouverture et la fermeture des tronçons. » L’ingénieur insiste sur l’utilité de ce système : « Hormis lorsque l’on travaille avec beaucoup de précision, l’appareil de guidage par satellites n’a d’intérêt que lors du premier passage sur la culture. Pour les applications suivantes, le conducteur n’a plus qu’à suivre les traces laissées. En revanche la coupure de tronçons est utile pour chaque passage. »


Des niveaux de précision différents selon les travaux

Corrections différentielles simple ou double fréquence, RTK, guidages manuel ou automatique… l’équipement de guidage doit être en accord avec le type de correction et le travail à effectuer Avec une précision de l’ordre du mètre, le signal GPS aujourd’hui démocratisé dans les automobiles ne suffit pas à donner une position suffisamment exacte pour être exploité en agriculture. Pour améliorer ce signal, un certain nombre de stations spécifiquement dédiées émettent en permanence une correction, dite différentielle, via un satellite géostationnaire.Aussi distinguet- on plusieurs groupes de corrections. Le premier groupe, le plus accessible, se décline en deux versions gratuites, Egnos et Starfire 1, et une payante (OmniSTAR VBS).

Mise au point par l’Agence spatiale européenne, la version Egnos souffre de coupures ponctuelles gênantes lorsqu’elles interviennent en plein milieu d’un travail. Selon Caroline Desbourdes, ingénieure Arvalis spécialisée en agriculture de précision, « Egnos offre une précision de 30 à 50 cm, en passe par passe ». Cette mesure est obtenue en mesurant la déviation entre deux passages consécutifs, par rapport à un parcours idéal. « La précision diminue avec le temps, ajoute l’ingénieure Arvalis. Ce groupe des corrections différentielles doit être utilisé pour des travaux à grande largeur à des vitesses moyennement élevées, comme du déchaumage ou de l’épandage. Plus le temps est important entre deux passages, moins la précision est bonne. Pour les travaux de semis réalisés à vitesse peu élevée, le passage au guidage automatique est préférable. »

Disponibles sur abonnement, ces corrections procurent un meilleur positionnement (5 à 10 cm d’erreur), grâce à deux signaux de fréquences légèrement différentes émis à chaque instant, au lieu d’un seul. Le chauffeur peut affiner la sensibilité du système de guidage et conduire au plus près de la ligne de guidage.

LE GUIDAGE MANUEL A SES LIMITES

« Dans les faits, cela devient vite fastidieux à suivre pour les conducteurs, explique Caroline Desbourdes. Le chauffeur a besoin d’un certain temps entre la perception de l’écart de conduite et le coup de volant donné pour rattraper la ligne de guidage. C’est pourquoi, il est conseillé de coupler ces corrections différentielles (OmniSTAR HP, StarFire 2) à un guidage automatique. » L’offre en guidages automatiques se distingue en deux systèmes. Le premier consiste à installer un équipement électriquement motorisé sur le volant. Connecté au classique dispositif de guidage manuel, il conduit à la place du conducteur. Cet appareil est facilement transposable d’un engin à un autre. Le second mécanisme est intégré sur le tracteur ou l’automoteur. Il comprend un boîtier électronique, des capteurs sur l’orbitrol et sur la direction et se couple au moniteur de guidage. Intervenant directement sur la direction.

 

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