Aller au contenu principal

Florian Baralon veut décloisonner les savoir-faire

Le collectif de développement de l'agroécologie, dont Florian Baralon est membre, s'est constitué pour palier au manque de compétences des techniciens dans l'accompagnement des agriculteurs aux changements de pratique.

Florian Baralon, un des cinq ingénieurs agronomes fondateurs du CDA dans l'Aine. "En formant des agriculteurs à l’expérimentation, nous les incitons à retrouver leur autonomie."
© CDA

Depuis 2013, une association a vu le jour dans la campagne de l’Ain, le collectif de développement de l’agroécololgie (CDA), récemment rebaptisée Centre de développement de l’agroécololgie. Les cinq ingénieurs agronomes fondateurs accompagnent les acteurs du monde agricole à l’agroécologie. Florian Baralon est l'un d'entre eux. Aujourd'hui agriculteur dans l’Ain, c'est un ancien technicien du Civam. De son expérience, il a constaté que « les techniciens n’ont pas souvent les compétences pour conseiller des agriculteurs au changement. Beaucoup d’entre eux ne se retrouvent pas dans ces formes de conseil. Les organismes, entreprises, chercheurs, tous, font des expérimentations de leur côté, mais jusqu’à ce jour rien ne regroupait ces compétences transversales. » Les cinq compères veulent avant tout décloisonner les expériences pour rendre les agriculteurs autonomes.

L'expérimentation participative

« Nous avons constaté qu’en général, lorsque le changement de techniques culturales ne s’opère pas, c’est qu’il y a des verrous par ailleurs, explique le co-fondateur. Les freins peuvent être sociétaux, économiques ou familiaux. Sur ces aspects, nous épaulons les agriculteurs mais c'est avant tout l'expérience du groupe qui encourage au changement. » Leur accompagnement se fait donc de manière collective et sur l’expérimentation dite « participative ». Deux groupes de 8 à 10 agriculteurs au sein de ce collectif se sont lancés dans l'expérimentation. L’un, Cap Agroéco, étudie l’association de cultures. « Les agriculteurs nous disent ce qu’ils veulent étudier ainsi que les modalités, illustre Florian Baralon. Nous leur apportons les informations pour l’élaboration du protocole, eux récoltent et nous analysons ensemble les résultats. » Pour le co-fondateur, les accompagnateurs doivent faire le lien entre les chercheurs et le terrain. L’idée est de leur transmettre la rigueur scientifique tout en étant pédagogue. Le second groupement s'est organisé sous forme de GIEE et se nomme 3A3B. Il étudie les anciennes variétés de céréales. Outre l’expérimentation participative de techniques culturales, les membres sont responsables de la mise en place d’une nouvelle filière. Les participants sillonnent leur région pour trouver des boulangers et biscuitiers prêts à les accompagner dans leur aventure. Le CDA a pour objectif de créer deux nouveaux groupements d’agriculteurs par la suite.

Pour compléter ces expérimentations, le collectif effectue des diagnostics d’entreprise afin de mieux connaître l’exploitation, forme des conseillers et techniciens et propose également un coaching individuel au changement pour les personnes en ressentant le besoin. En formant ces agriculteurs à l’expérimentation, les fondateurs les incitent à retrouver leur autonomie. Avec ces cartes en main, ils espèrent faire oublier la peur et les échecs afin qu’agriculteurs comme conseillers avancent vers de nouvelles pratiques.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Réussir Grandes Cultures

Les plus lus

[vidéo] Julien Denormandie : « La transition agroécologique impose de créer de la valeur. »
Interrogé par les parlementaires, le ministre de l’agriculture a estimé que peu de secteurs peuvent se prévaloir des efforts…
L’érosion du revenu en grandes cultures depuis vingt ans est impressionnante, si l'on en juge par les statistiques officielles du Rica. © G. Omnès
Revenu : peut-on encore gagner sa vie en grandes cultures ?
Peut-on encore gagner sa vie en produisant des grandes cultures ? La question n’est plus déplacée au regard des résultats…
Le puceron (ici Sitobion avenae) n'occasionne pas de dégâts directs mais transmets des virus aux céréales © Christian Gloria
Insecticides : faut-il traiter contre les pucerons sur céréales maintenant ?
Le risque JNO est à nouveau élevé cet automne. Devant la douceur prolongée des températures, Arvalis recommande aux producteurs…
 © Réussir
Les énergies renouvelables à la ferme en 5 graphiques
Bien que le dernier recensement précis des activités de production d'énergie renouvelable à la ferme remonte à 2015, le constat…
Thierry Maillier est agriculteur dans les Yvelines. "Les rendements du sorgho atteignent parfois les 100 quintaux/hectare." © C. Baudart
Thierry Maillier, dans les Yvelines : « En 2021, je sèmerai dix-huit hectares de sorgho grain »
Il est l’initiateur de la culture du sorgho grain sur son territoire, à la croisée entre les Yvelines, la Normandie et la région…
Un résultat courant en céréales et oléoprotéagineux sous la moyenne des autres secteurs depuis 2013Résultat courant avant impôts (charges sociales de l'exploitant déduites) par unité de travail non salarié, en euros courants © Source : Rica.
Le revenu en grandes cultures expliqué en 3 graphiques
Privilégiés, les producteurs de grandes cultures ? L'étude des chiffres montre que leurs revenus se situent plutôt en-dessous de…
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 100€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Grandes Cultures
Consultez les revues Réussir Grandes Cultures au format numérique sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce à la newsletter Grandes Cultures