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Feu vert sous conditions de l’Europe pour deux fusions de firmes

La Commission européenne a donné son accord à la fusion entre Dow et DuPont ainsi qu'à l’acquisition de Syngenta par ChemChina(1), moyennant quelques sacrifices des firmes.

La concentration des firmes phyto est sur les rails en Europe. Les sociétés américaines Dow et Dupont ont reçu l’aval de la Commission européenne quant à leurs fusions, à des conditions toutefois majeures pour l’entité DuPont. Cette société doit se séparer de toute sa gamme d’herbicides à base de sulfonylurées utilisés sur grandes cultures et prairies. La firme doit également laisser ses insecticides à base d’indoxacarbe, de cyazypyr et de rynaxypyr utilisés en fruits et légumes, mais la commission ne précise pas si cette séparation concerne également les applications sur les grandes cultures comme le colza ou le maïs. Plus étonnant, Bruxelles a obtenu également le désinvestissement sur la structure de recherche et développement de DuPont sur les produits phyto (à l’exception de quelques spécialités mineures).

Le sort d'Adama en question

La Commission a imposé également quelques sacrifices aux sociétés ChemChina et Syngenta. Représentée par la société Adama en Europe, ChemChina a accepté de mettre en vente une part significative des fongicides, herbicides, insecticides et régulateurs de croissance appliqués sur plusieurs des espèces de grandes cultures. Avec de tels désinvestissements, la question se pose de l’avenir de la société Adama sur le marché européen. Quant à Syngenta, la société doit se séparer de certains herbicides utilisés sur céréales et tournesol.

La Direction générale de la concurrence de la Commission européenne a souhaité limiter les risques de positions dominantes de ces firmes sur les marchés de produits phyto. Ses conditions se traduisent par une redistribution des cartes sur des pans entiers de produits en passe d’être mis en vente par DuPont, Adama et Syngenta. Et la Commission européenne a encore à statuer sur le rachat de Monsanto par Bayer.

(1) Voir article pages 6-8 dans le numéro 310 (février 2017) de notre revue

Un consommateur déconnecté des variations des prix agricoles

« La grande nouveauté sur les quinze dernières années en France comme en Europe, c’est le passage des prix agricoles du stable à l’instable », a décrit Philippe Chalmin, président de l’Observatoire des prix et des marges, lors de la présentation du rapport 2017 de l’Office au Parlement, le 11 avril. Cette instabilité est visible dans la filière blé-farine-pain. Entre 2015 et 2016, la marge nette de la production de blé tendre est passée de 23,3 €/t à -51,7€/t. Les responsables sont connus : la baisse des rendements, qui a fait exploser les charges à la tonne (269 € en 2016 contre 186 en 2015), et les prix de vente trop faibles. Sauf que dans le même temps, le consommateur final a continué d'acheter sa baguette à prix constant, le blé tendre entrant pour une trop faible part dans le coût du pain. Cette déconnexion est encore plus criante dans la filière pâtes : le prix au détail de ces dernières a légèrement augmenté en 2016 alors que le prix sortie usine a perdu 3,3 % et que celui du blé dur a chuté de près de 10 %. Comment améliorer le partage de la valeur ajoutée au sein des filières et mieux lier prix à la consommation et à la production ? Le rapport de l’Observatoire ne le dit pas.

EN BREF

Phytodata est le site de référence pour trouver des informations exactes sur les produits phytosanitaires, notamment les données réglementaires. L’UIPP a tenu à rappeler ce fait suite à l’apparition de nombreux sites Internet proposant des informations incomplètes, non sourcées voire erronées sur les produits phyto. Phytodata est de consultation gratuite. Les données sont renseignées par les fournisseurs.

www.phytodata.com

Près de 55 % des analyses de reliquats azotés réalisées entre janvier et mars par le laboratoire Galys affichent plus de 50 unités par hectare restantes dans le sol. En 2016, à peine 13% des reliquats atteignaient ce seuil. D’après le laboratoire, les faibles rendements 2016 et le climat post-récolte n’ont pas permis le lessivage de l’azote. De plus, pailles et racines enfouies contenaient des quantités d’azote non négligeables. Galys analyse 90 000 horizons par an. (PHOTO

Momagri revendique une nouvelle PAC basée sur des aides contracycliques et un système assurantiel, afin d'assurer un prix minimum aux agriculteurs lors de mauvaises années. Les exploitants devraient faire une croix sur les DPB. Pour Christian Pées, président de Momagri, « il faut savoir ce que l’Union européenne veut faire de son agriculture. Notre secteur doit retrouver de l’audace car il a encore un rôle à jouer dans l’économie. »

Le groupe Ucosem (Caussade Semences et Epi de Gascogne) a reconstitué sa gouvernance en nommant José Savoldelli, président du conseil d’administration (déjà président d’une coop en Ariège) et en confortant Yves Bouliac dans ses fonctions de directeur général. Après une période de réorganisation en 2016, Caussade Semences repart en croissance en 2017, suite à l’assainissement de ses stocks et à l’augmentation de ses ventes.

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