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Entreprise de travaux agricoles : les prestations de service réalisées par les agriculteurs difficiles à mesurer

Le dernier recensement agricole indique que 56 % des exploitations françaises font appel à des entreprises de travaux agricoles (ETA). Ce phénomène est particulièrement marqué dans les zones de grandes cultures, où de nouvelles ETA émergent, souvent portées par des agriculteurs.

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Dans les dix dernières années, les créations d'ETA sont surtout constatées dans les secteurs spécialisés en grandes cultures, souvent sous l'impulsion d'agriculteurs.
© G. Omnès

D’après le dernier recensement agricole, 56 % des exploitations agricoles françaises ont recours à des prestations de service effectuées par une entreprise de travaux agricoles (ETA). Comme le mettent en exergue François Purseigle et Bertrand Hervieu, dans leur ouvrage Une agriculture sans agriculteurs, la tendance se renforce d’année en année sous l’effet conjoint de l’agrandissement des exploitations, des difficultés à trouver des repreneurs et de la volonté de certaines familles agricoles de conserver les exploitations dans le patrimoine familial en optant pour la délégation de travaux totale.

Des agriculteurs répondent à la demande de prestations de service

La montée de la délégation profite en partie aux ETA déjà existantes, mais pas seulement. Un certain nombre d’exploitations agricoles saisissent cette opportunité pour se diversifier en proposant, elles aussi, de la prestation de service de travaux agricoles autour de chez elles. Pour autant, le phénomène reste difficile à mesurer.

D’après les chiffres d’Agreste, le service statistique du ministère de l’Agriculture, 36 % des exploitations spécialisées en grandes cultures facturent des prestations de travaux agricoles à d’autres exploitations pour un montant moyen de 9 600 euros, soit 3,8 % de leur chiffre d’affaires total. Ce chiffre est en quelque sorte l’arbre qui cache la forêt, car il ne mesure que les travaux agricoles réalisés dans le cadre de l’exploitation, sans création d’entreprise dédiée.

De plus en plus d’ETA coupée de l’exploitation originelle

D’après une enquête réalisée par MDA (groupe Réussir) en 2023, deux tiers des entrepreneurs de travaux agricoles ont aussi une activité d’exploitant agricole. Pour une partie non négligeable, l’exploitation agricole est une activité secondaire au côté de l’ETA qui représente l’activité principale. Pour ce qui est des prestations de travaux agricoles portées par les agriculteurs, l’enquête montre « qu’elles prennent de plus en plus une forme entrepreneuriale, coupée de l’exploitation agricole originelle ».

« En observant l'évolution du nombre d'ETA en fonction des régions ces dix dernières années, on perçoit que les zones de polyculture-élevage ou de cultures spécialisées, matures sur le plan de la délégation, ont récemment peu contribué à la hausse du nombre d’établissements, au contraire de zones de grandes cultures « blé-orge-colza », où les ETA étaient quasi inexistantes jusqu’au tournant des années 2010 mais se développent », souligne Guillaume Le Gonidec, de la Fédération française des entrepreneurs des territoires (FNEDT). Beaucoup des créations dans ces territoires sont portées par des agriculteurs.

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