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Engrais : pourquoi les prix augmentent depuis deux ans

En lien avec la crise sanitaire, puis avec la guerre en Ukraine, le prix des engrais explose en Europe. Retour sur deux ans de hausse continue.

La reprise de l'activité post-Covid puis la guerre en Ukraine ont porté la hausse du prix des engrais depuis deux ans.
La reprise de l'activité post-Covid puis la guerre en Ukraine ont porté la hausse du prix des engrais depuis deux ans.
© G. Gauter, Arvalis

La flambée du prix des engrais constatée depuis janvier 2021 est une fusée à trois étages. Entre mai et septembre 2021, c’est d’abord la loi de l’offre et de la demande qui a fait son œuvre : le renchérissement des engrais azotés est survenu dans un contexte de forte reprise de l’activité économique post-Covid au niveau mondial. Les prix sont alors passés en quelques mois de 200 à 600 euros la tonne (€/t) pour la solution azotée sous l’effet de la forte demande de la part des agriculteurs.

Le deuxième étage de la fusée a été allumé par Moscou en février 2022. La guerre déclenchée par la Russie contre l’Ukraine provoque un choc à la hausse sur les marchés mondiaux de l’énergie et des céréales. « Ces deux pays sont des fournisseurs d’engrais importants de l’Union européenne », rappelle Sylvain Jessionesse, cofondateur de Piloter sa ferme et agriculteur dans le sud de l’Aube. S’en est suivi un affolement des marchés avec un prix de la solution azotée qui a dépassé les 800 €/t au printemps dernier. Après cette période spéculative, le marché s’est légèrement apaisé, mais les prix sont restés à un niveau élevé entre mai et août, autour de 600 €/t.

Engrais : pourquoi les prix augmentent depuis deux ans

Le prix des engrais devrait rester élevé

Le troisième étage a décollé début septembre : alimentés par la hausse du prix du gaz, les prix des engrais sont repartis de plus belle. Une tendance renforcée par la décision des producteurs européens d’engrais de réduire leur production. Au 18 août, d’après Agritel, le prix du gaz se situait à 244 €/mégawatt-heure (MWh). Le 26 août, il atteignait 340 €/MWh en raison de l’arrêt des livraisons de gaz russe par l’opérateur étatique Gazprom, officiellement pour raison de maintenance, du gazoduc Nord Stream 1 qui relie la Russie à l’Europe.

La production européenne d’engrais est suspendue aux soubresauts géopolitiques provoqués par la Russie, mais aussi aux sanctions qui seront prises en Europe contre Moscou. Le président russe Vladimir Poutine a suscité de nouvelles inquiétudes en septembre lorsqu’il a menacé d’interrompre toutes les expéditions d’énergie vers l’Europe si Bruxelles mettait en œuvre le plafonnement du prix du gaz russe. De nombreux facteurs laissent donc à penser que le prix des engrais devrait rester élevé dans les prochains mois. « Nous ne sommes pas au bout de la hausse », considère Alexandre Willekens, consultant analyste marché des grains chez Agritel.

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