Aller au contenu principal

« En pommes de terre, je teste le prébuttage à l’automne avec engrais vert pour améliorer la portance des sols »

Agriculteur à Herzeele dans le Nord, Olivier Secq met en oeuvre différents moyens pour limiter la compaction de ses sols à la structure délicate.

Olivier Secq, agriculteur à Herzeele (Nord) "Je compte sur les racines de l'engrais vert pour tenir les buttes jusqu’au printemps et y planter les pommes de terre sans les restructurer." © Gaec du Briel
Olivier Secq, agriculteur à Herzeele (Nord) "Je compte sur les racines de l'engrais vert pour tenir les buttes jusqu’au printemps et y planter les pommes de terre sans les restructurer."
© Gaec du Briel

« J’ai une grosse partie de sols limoneux sur mes parcelles(1), avec un sous-sol très argileux qui explique des problèmes d’infiltration de l’eau. La quasi-totalité des parcelles est drainée. Il y a cependant d’importants soucis après les récoltes d’automne de maïs ou de pomme de terre. Parfois, à cause des conditions climatiques, nous pouvons être amenés à récolter tardivement, comme l’an dernier. Avec les pluies, l’eau ne parvenait plus à s’infiltrer après le passage des engins. Malheureusement, quelles que soient les conditions à l’automne, on ne peut pas se permettre de trop attendre. On est obligé d’aller récolter les cultures.

Pour la pomme de terre, je suis en train de tester la technique du prébuttage à l’automne(2). Après un apport de fumier et un déchaumage pour mélanger cette matière organique à la terre, je sème un engrais vert vers la mi-septembre. Avant la levée de ces plantes, je passe pour faire les prébuttes. Je compte ensuite sur les racines du couvert pour tenir les buttes jusqu’au printemps et y planter les pommes de terre sans les restructurer. Les couverts seront détruits à la sortie de l’hiver. Avec cette technique, j’apporte du temps au sol pour se restructurer avant la plantation et j’espère obtenir une meilleure portance à l’arrachage.

Par ailleurs, je compte sur mes couverts d’interculture pour apporter de la vie au sol et en améliorer la structure. Je fais un semis direct avec un décompacteur à l’avant du tracteur qui reprend le sol sur 15-18 centimètres pour assurer le bon développement du couvert. J’ai cultivé de la luzerne pendant trois ans. La structure du sol avait été nettement améliorée sur ce laps de temps. La luzerne m’apportait un aliment pour mon élevage mais de qualité insuffisante pour la production laitière. Je laboure mes sols, sauf avant une céréale à paille. La charrue est un très bon outil de restructuration du sol, surtout quand celui-ci a été esquinté. Mais c’est une arme à double tranchant quand une récolte derrière se déroule en conditions humides. La compaction du sol est alors favorisée. »

(1) Gaec du Briel (avec Hélène, son épouse) : 100 hectares dont 40 de blé tendre, 22 de pomme de terre, 20 de maïs ensilage, 7 de lin textile ; Élevage de vaches laitières (60)
(2) Essai sur cinq ans avec Agro-Transfert
Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Réussir Grandes Cultures

Les plus lus

[vidéo] Julien Denormandie : « La transition agroécologique impose de créer de la valeur. »
Interrogé par les parlementaires, le ministre de l’agriculture a estimé que peu de secteurs peuvent se prévaloir des efforts…
L’érosion du revenu en grandes cultures depuis vingt ans est impressionnante, si l'on en juge par les statistiques officielles du Rica. © G. Omnès
Revenu : peut-on encore gagner sa vie en grandes cultures ?
Peut-on encore gagner sa vie en produisant des grandes cultures ? La question n’est plus déplacée au regard des résultats…
Le puceron (ici Sitobion avenae) n'occasionne pas de dégâts directs mais transmets des virus aux céréales © Christian Gloria
Insecticides : faut-il traiter contre les pucerons sur céréales maintenant ?
Le risque JNO est à nouveau élevé cet automne. Devant la douceur prolongée des températures, Arvalis recommande aux producteurs…
 © Réussir
Les énergies renouvelables à la ferme en 5 graphiques
Bien que le dernier recensement précis des activités de production d'énergie renouvelable à la ferme remonte à 2015, le constat…
Thierry Maillier est agriculteur dans les Yvelines. "Les rendements du sorgho atteignent parfois les 100 quintaux/hectare." © C. Baudart
Thierry Maillier, dans les Yvelines : « En 2021, je sèmerai dix-huit hectares de sorgho grain »
Il est l’initiateur de la culture du sorgho grain sur son territoire, à la croisée entre les Yvelines, la Normandie et la région…
Plafonnement des rendements du blé du fait des hautes températures et difficulté d'implantation des colzas font partie des signes avant-coureur du changement climatique. © G. Omnès
Changement climatique : ce que les grandes cultures devront affronter ces 30 prochaines années
D’ici à 2050, les cultures subiront des conditions plus chaudes et plus sèches au printemps et en été, accroissant le risque d’…
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 100€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Grandes Cultures
Consultez les revues Réussir Grandes Cultures au format numérique sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce à la newsletter Grandes Cultures