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Rotation des cultures
Du colza pour faire un bon blé

Introduire un oléagineux dans une rotation céréalière est bénéfique sur le plan agronomique et peut améliorer les marges des céréales.


Un blé derrière une tête d´assolement, betteraves, pois ou colza, tournesol... donne de meilleurs résultats qu´un blé sur blé. Pourtant les surfaces en oléagineux ont baissé car leurs marges ont fondu du fait de l´alignement des aides compensatoires sur celles des céréales. Et la relative bonne tenue des cours cette année n´a pas compensé la baisse des aides.
Mais il ne faut pas en rester là et ne pas oublier l´intérêt d´introduire des ruptures dans les rotations.
©DR

L´introduction de différentes cultures dans un même assolement
a des avantages économiques et financiers, sans compter l´impact sur le paysage.
Ne pas négliger les avantages agronomiques
Le rendement d´un blé de colza est en moyenne 10 % supérieur à celui d´un blé de blé. Des essais de l´ITCF donnent, selon les situations, des pertes de rendement en monoculture de 5 à 25 %. Dans l´Aube, l´Ocera(1) fait depuis de nombreuses années des analyses technico-économiques sur un grand nombre de parcelles, tant de céréales que de colza. D´année en année, dans le contexte de ce département, un blé de colza donne un rendement supérieur de cinq quintaux à celui d´un blé sur blé.
Comment expliquer l´effet bénéfique d´un colza sur le blé qui suit ?
D´abord, le colza libère le sol de bonne heure. Ceci permet d´implanter un blé précocement et dans de bonnes conditions car le colza, grâce à sa racine pivotante, améliore la structure du sol et permet au blé de s´enraciner profondément.
Le colza « casse » les cycles de certaines maladies spécifiques des céréales comme la fusariose ou le piétin-échaudage. Un blé en rotation coûte moins cher à protéger qu´un blé de monoculture.
La destruction des graminées est plus efficace et moins coûteuse dans un colza que dans une céréale à paille. La rotation facilite grandement la gestion de la flore adventice et l´alternance d´herbicides de familles chimiques différentes limite l´apparition de mauvaises herbes résistantes.
Raisonner sur l´ensemble de la rotation
Si l´on raisonne marge par marge, culture par culture, le colza est évidemment peu compétitif face au blé. Mais les cinq quintaux de blé supplémentaires (ou plus) améliorent la marge du blé et ne sont pas portés au crédit du colza. La prise en compte de ces quintaux de blé diminuerait d´autant l´écart entre les deux productions.
Les différents avantages agronomiques décrits plus haut permettent des économies sur différents postes de la production de blé, économies qui ne sont pas chiffrées. Dans le contexte économique actuel, la prise de décision sur la seule marge brute d´une culture n´est plus adaptée. Il faut raisonner sur l´ensemble de la rotation. Sans oublier la jachère qui peut être avantageusement remplacée par du colza à destination industrielle.

(1) Centre de gestion du réseau CER France.
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