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Météo connectée
Des stations météo « pour éviter de se déplacer pour rien »

La coopérative Noriap a mis en place un réseau de stations météo au service des agriculteurs adhérents. L’EARL Crêté y trouve son compte pour gérer les interventions liées aux conditions météo sur un parcellaire éclaté.

La connexion aux informations de la station météo en temps réel est plus qu'utile quand l'on se trouve à grande distance des parcelles agricoles.
© C. Gloria

La connexion à distance à une station météo a du bon. L’EARL Crêté exploite 350 hectares de cultures (1) sur deux sites dans la Somme : à Aigneville (140 hectares) à quelques kilomètres de la mer de la Manche et à Thieulloy-l’Abbaye plus à l’intérieur des terres. C’est dans cette localité que se situent le siège de l’exploitation et la majeure partie du matériel agricole. Les deux sites sont distants de 40 kilomètres.

« Avec le service de Noriap, nous avons fait installer une station météo en mars 2018 sur une parcelle d’Aigneville. Ainsi, quand je suis à Thieulloy-l’Abbaye, je suis informé des conditions météo sur ce site pour ne pas avoir à me déplacer pour rien si la météo n’est pas propice à une intervention dans un champ. » Salarié à l’EARL Crêté, Thibaut Boulnois sait de quoi il parle. « En 2017, nous n’avions pas de station météo. Cette année-là, un arrachage de betteraves avait été programmé sur des parcelles à Aigneville. Il a plu abondamment dans la nuit (35 mm) précédant le jour de la récolte alors qu’à Thieulloy-l’Abbaye, nous n’avons pas eu un seul millimètre. N’ayant pas eu cette information, l’arrachage de betteraves a bien débuté, malheureusement dans de mauvaises conditions liées à l’humidité dans la parcelle. Si nous avions eu connaissance de la quantité de pluie qui était tombée, nous aurions reporté cette récolte. »

Un réseau de 62 stations mises en place par la coopérative Noriap

La coopérative Noriap intervient dans le département pour l’acquisition de stations météo Weenat. « Nous avons développé un réseau de 62 stations météo couvrant un territoire de 14 000 km2 (sur la Somme, l’Oise et la Seine-Maritime) dont une quarantaine installée sur des sites Noriap (silos et dépôts) et le reste sur des exploitations agricoles comme l’EARL Crêté, informe Michaël Winkelsass, responsable développement des services et outils d’aide à la décision chez Noriap. Nos adhérents bénéficient en temps réel des informations météo à proximité de leurs parcelles, grâce à ce réseau de stations. » Outre celle d’Aigneville, l’EARL Crêté prend des informations d’une station située sur le site Noriap d’Hornoy-le-Bourg, à côté de Thieulloy-l’Abbaye où se situent plus de la moitié des terres de l’exploitation.

Avec un accès à l’ensemble des stations du réseau, les agriculteurs abonnés bénéficient d’informations locales : prévisions météo à sept jours, pluviométrie en temps réel, température, vitesse et orientation du vent, hygrométrie, plages de traitement, cumuls de température et de pluie… « J’utilise la station pour les données sur les pluies et le vent, pour avoir la certitude de pouvoir effectuer un traitement. L’achat de la station a été motivé par la volonté d’éviter tout déplacement inutile sur les parcelles d’Aigneville, insiste Thibaut Boulnois. Tous les suivis sont effectués depuis Thieulloy-l’Abbaye. »

Station couplée à l’outil Miléos pour pister le mildiou

L’EARL a utilisé l’outil Miléos en 2018 pour le suivi de parcelles de pommes de terre (fécule) produites pour la première fois à Aigneville. « L’outil couplé aux données de la station météo est utile pour suivre le risque mildiou, à condition de bien entrer les informations sur la parcelle de production au fur et à mesure des interventions. Il n’a pas beaucoup plu en 2018 mais en bordure maritime, nous sommes sujets à des épisodes de vent et d’humidité élevée avec des brumes qui peuvent favoriser le développement et la propagation du mildiou », souligne le salarié agricole. Douze traitements fongicides ont été réalisés sur la longueur du cycle de la pomme de terre de fécule. « Miléos a dû nous permettre de gagner des passages fongicides et de préserver la récolte, note Thibaut. Concernant la pomme de terre mais aussi la betterave, l’application de Weenat qui informe sur le cumul de pluie permet en outre de positionner de manière pertinente les arrachages », ajoute-t-il. « Quant aux cumuls de températures, c’est un moyen de prédire des stades clés comme la floraison du blé tendre pour certaines interventions », signale de son côté Michaël Winkelsass.

Le coût de certains outils d’aide à la décision tel Miléos n’est pas compris dans l’abonnement au service météo. Miléos est proposé à 230 euros par an. Noriap propose également les outils Atlas-Maladies du blé dont les modèles peuvent être alimentés par les informations des stations météo, avec des informations plus précises sur les prévisions de risques. Ces outils connectés sont appelés à se diversifier et à être proposés par Noriap à ses adhérents agriculteurs.

Les stations et les services proposés par Weenat ont été comparés à ceux d’autres acteurs de la météo agricole connectée. « Il n’y a pas eu de différence fondamentale perçue entre services sur leur qualité. La possibilité de déployer un réseau de stations faisait partie du service Weenat et cela a pesé sur le choix de cette formule », remarque le spécialiste de Noriap. À l’EARL, la pluviométrie mesurée par la station a été comparée à celle d’un pluviomètre classique à côté. Le test de fiabilité avait été concluant.

(1) 170 hectares de blé tendre, 25 d’escourgeon, 50 de colza, 65 de betterave sucrière, 30 de lin textile, 25 de pomme de terre (fécule), 10 de trèfle, 7 de maïs grain. Hubert Crêté est à la tête de l’exploitation.

Attention à la poussière

L’entretien des stations est effectué par le personnel des dépôts Noriap et les agriculteurs. « La période de sécheresse en 2018 a généré de la poussière qui s’est déposée dans les cuillères du pluviomètre. Nous ne le soupçonnions pas et cela aurait pu générer des données faussées si un nettoyage n’avait pas été effectué », remarque Michaël Winkelsass, Noriap, en insistant sur l’importance de l’entretien.

Une station pour trois ans…

Achetées par Noriap (498 euros + 250 à 300 euros avec l’anémomètre) les stations météo sont mises en location trois ans chez les agriculteurs intéressés. L’abonnement pour consulter les données météo est de 12,50 euros par mois (pour trois numéros de téléphone pour l’accès aux informations sur smartphone et tablettes). Mais pour les agriculteurs ayant une station sur leur parcellaire, l’abonnement de 12,50 €/mois passe à 29 €/mois à l’issue de six mois et ce pendant deux ans. Au bout de 36 mois, trois choix s’offrent à l’agriculteur : arrêt de la station que Noriap récupère, le renouvellement (????) ou l’agriculteur garde la station pour lui-même dont le prix a été amorti au cours de ses trois premières années d’abonnement. Mais pour continuer à avoir les prestations de Noriap et de son réseau de stations, il continuera à payer les 12,50 euros mensuels.

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