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FERTILISATION EN PHOSPHORE ET POTASSE
Des solutions pour éviter les gaspillages

L’épandeur d’engrais peut être épaulé par des équipements embarqués et des outils d’agriculture de précision pour une application au plus juste des fertilisants.

La hausse du prix des engrais accompagnée de la baisse des cours des céréales implique de raisonner au plus juste la fertilisation. Celle-ci conditionne en effet la marge réalisée sur une culture. Cela passe par une application précise des fertilisants avec un matériel adéquat. Si pour l’azote liquide, le pulvérisateur assure un niveau de précisionsuffisant, c’est moins évident pour les engrais solides et les épandeurs centrifuges. Ces derniers ont toutefois bénéficié de sérieuses améliorations. La modernisation des bancs d’essai et des outils de conception ont fait progresser la régularité de l’épandage, même sur des largeurs dépassant les 40 mètres. La maîtrise de la largeur d’épandage s’illustre aussi avec lesnouveaux dispositifs de gestion des bordures, qui donnent le choix entre un respect strict de la bordure et un léger débordement.

LA PESÉE SÉCURISE LE DOSAGE
Reste que la précision de l’épandage dépend également de la précision du dosage dans le sens d’avancement. Unappareil équipé d’un dispositif de débit proportionnel à l’avancement s’impose alors. Et la sécurisation du dosage passe par l’intégration d’un système de pesée embarqué. Ce dernier permet d’évaluer l’écoulement de l’engrais et ainsi de comparer la dose programmée avec la dose réellement épandue. « On compare souvent le système de pesée au débitmètre d’un pulvérisateur » note Serge Noury, chef produit chez Sulky. La pesée est d’autant plus déterminante avec des produits en vrac, très sensibles à la température et à l’humidité, « sur 30 à 40 tonnes épandues sans pesée embarquée, on mesure jusqu’à 10 % d’erreur sur la dose avec ce type d’engrais » assure le spécialiste. Il estime ainsi que le surcoût d’environ 3000 euros lié au système de pesée par rapport à un appareil DPA peut s’amortir sur deux à trois ans suivant la surface et l’assolement.

GUIDAGE ET MODULATION

Pour aller plus loin dans la maîtrise des largeurs et des doses, la géolocalisation par GPS offre plusieurs possibilités.C’est tout d’abord les systèmes de guidage dont l’efficacité n’est plus à prouver. Le signal GPS peut également être récupéré par un dispositif de modulation de dose. À partir d’une carte de préconisation, le boîtier de l’épandeur (ou un boîtier externe) module automatiquement la dose en fonction de la zone dans laquelle se situe l’épandeur. Les gains en termes de rendement et d’intrants sont bien sûr proportionnels à l’hétérogénéité des sols. Si la modulation des engrais de fond peut s’envisager avec une bonne connaissance des sols (analyse de sol, conductivité…), la modulation de l’azote implique l’utilisation d’outils spécifiques permettant d’estimer le développement de la biomasse (N-Sensor, Farmstar, GPN, N-tester, Dualex…). Même si les outils de modulation ont progressé en termes de compatibilité entre systèmes, ils impliquent en général d’être à l’aise avec l’outil informatique informatique et avec l’analyse des modèles agronomiques. Autre point d’amélioration sur lequel travaillent les constructeurs, la gestion des bouts de champ et des pointes devrait permettre de limiter les zones de recouvrement ou de manque.

MODULER LA LARGEUR D’ÉPANDAGE
À l’image des dispositifs de gestion de la coupure des tronçons de pulvérisateur par GPS, la largeur d’épandage serait modulée en fonction du positionnement GPS. Cela supposerait une gestion indépendante droite/gauche de la largeur de travail et de la fermeture des trappes. Sachant que la forme de la nappe d’épandage d’engrais varie en fonction de la largeur de travail, la mise au point est beaucoup plus complexe que sur un pulvérisateur. Le prototype Ecovision présenté par Sulky au Sima 2007 fonctionnait sur ce principe. Mais les premiers systèmes qui devraient être commercialisés se limiteront à la gestion de la fermeture des trappes. Pour revenir à la comparaison avec le pulvérisateur, les épandeurs d’engrais pneumatiques à rampe sont la solution qui se rapproche le mieux dans la précision d’application. Mais les gros appareils traînés de ce type disponibles sur le marché, dont la largeur de travail atteint les 36 mètres, ne sont pas adaptés aux exploitations françaises. « L’écart de prix avec un épandeur centrifuge ne peut se rentabiliser qu’à partir d’une surface dépassant les 3000 hectares. Ils se justifient d’autant plus dans les pays où la qualité de l’engrais fait défaut » assure-ton chez Kuhn qui propose ce type d’appareil à l’export. !

 

Deux principes de mesure du débit d’engrais

Les dispositifs de pesée des épandeurs fonctionnent selon deux principes.
PESÉE EN CONTINU DANS LA TRÉMIE
Le plus courant, employé par la plupart des constructeurs, consiste à peser en continu l’engrais dans la trémie. La mesure est effectuée par un ou plusieurs capteurs de pesée intégrés au châssis de l’appareil. Principal intérêt de ce système, il est possible de connaître à tous moments la quantité d’engrais présente dans la trémie et celle chargée en début de chantier.
MESURE DU DOSAGE SUR CHAQUE DISQUE
Second dispositif proposé uniquement sur les appareils à entraînement hydraulique de chez Kuhn, le débit est évalué sur chaque disque par l’intermédiaire d’une mesure du couple d’entraînement des disques (mesure de la pression hydraulique). Cette mesure du dosage sur chaque disque à l’avantage de pouvoir réguler le débit indépendamment à droite et à gauche. Cela permet notamment de gérer les bordures ou les pointes sur chacun des côtés de l’appareil. Le contrôle individuel des disques offre la possibilité de détecter un éventuel grippage ou bouchage de l’une des deux trappes. Enfin, l’entraînement hydraulique autorise un fonctionnement indépendant du régime de prise de force et donc du régime moteur

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