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EN CHIFFRES
Des plants sous mini-serre grâce au film plastique

Avancée de dates de semis, rapidité de levée et indices de précocités plus tardifs : grâce aux semis sous plastique, Bertrand Dechaumont, agriculteur de l’Oise, entend bien déplafonner ses rendements de maïs.

« On sème, on traite et on filme ! » Avec son équipement Samco à six rangs, Bertrand Dechaumont réalise d'un seul coup les trois actions qui composent l'implantation de ses maïs, à savoir le semis de la graine, puis la pose du film plastique et le traitement herbicide de prélevée. Pour sa deuxième année de mise en pratique de cette technique, l’agriculteur a ensemencé 90 hectares de maïs grain sur ses terres du sud de l’Oise. « J’ai obtenu entre 95 et 100 q/ha à 26-28 % d’humidité en non irrigué, avec une récolte après le 15 octobre. Le coup de chaud de la mi-août a eu un impact négatif sur le rendement final. » Bertrand Dechaumont visait beaucoup plus en rendement au vu des résultats de ses essais de 2015, mais il ne se plaint pas. Il remarque des rendements de 40 q/ha avec 10 points de plus d’humidité sur des parcelles en sec d’autres agriculteurs de sa région.

Après une année de test en 2015 sur 18 hectares, le producteur a fait l’acquisition de son semoir Samco (un porté repliable six rangs avec cuve devant le tracteur) avant les semis 2016. « Ma décision avait été prise en 2014 suite à la visite d’essais de la coopérative Noriap. Sur une de mes parcelles de bonnes terres, le rendement a été jusqu’à 145 q/ha avec la variété Lexxtour en 2015 en irrigué. » En 2016, l’agriculteur sème huit variétés de maïs sur 90 hectares avec des indices de 420 à 540. « Il ne faut pas avoir peur de mettre de l’indice avec le semis sous bâche. La technique me permet de gagner en tardiveté de façon à déplafonner les rendements, avec des semis possibles fin mars, en même temps que mes betteraves. Si on apporte de la chaleur au semis, il y aura du rendement au bout. »

Des maïs semés à nouveau dans les terres froides

Précédemment, les maïs de l’exploitation n’étaient jamais ensemencés avant le 15 avril, avec des indices de l’ordre de 300-370 (variétés Futurixx, DK312, DK315…). En outre, avec la chaleur procurée par le film plastique au sol, Bertrand Dechaumont a repris le semis sur des terres froides (calcaires) qu’il avait abandonnées pour le maïs.

Le film comporte des entailles pour permettre à la céréale de le traverser. Que devient ce plastique présenté comme oxo- et photodégradable ? « Il est bien dégradé. C’est impeccable », assure l’agriculteur. Un nouveau film plastique est à l’essai, plus fin et plus élastique, qui doit maintenir la plante plus longuement dans un effet de serre. Il se dégraderait plus rapidement dans le sol.

La technique est exigeante dans la préparation de sol. « Il est nécessaire d’obtenir une terre fine et creuse. Après un passage de vibroculteur sur un labour, j’utilise les outils de la betterave pour affiner la préparation de la terre », précise Bertrand Dechaumont. Côté désherbage, un seul traitement de prélevée a suffi en 2016. Bertrand Dechaumont remarque que la bonne efficacité obtenue se retrouve sur les blés qui suivent où l’infestation en ray-grass se fait moins présente. Par ailleurs, avec un objectif de rendement augmenté, l’apport d’azote doit suivre sur maïs : 250 unités à l’hectare en 2016 contre 180 avec les semis classiques.

100 hectares en 2017 en visant plus de 150 q/ha

Après les 90 hectares de 2016, le producteur prévoit 100 hectares de maïs en 2017 avec des indices de 430 à 600. Ces surfaces prennent la place de colzas, dont les rendements plafonnent, et de blés tendres. Même si les conditions météorologiques exceptionnelles de 2016 en ont décidé autrement, l’agriculteur continue de viser les 150-160 q/ha sur ses maïs, c’est-à-dire une cinquantaine de quintaux de plus que des semis classiques sur ses terres.

Bertrand Dechaumont n’a pas acheté le semoir Samco pour sa propre exploitation uniquement. Il propose la prestation à 125 euros de par hectare, sans compter le film plastique (250 euros par hectare selon Samco), l’herbicide et la semence. Pour le moment, la prestation est prévue sur une cinquantaine d’hectares. De son côté, la coopérative Noriap est en train d’acquérir un second semoir. Dans l’ex-région picarde, la technique du semis sous plastique apporte une rentabilité à des cultures comme le maïs mais aussi au tournesol, dans des contextes dominés par d’autres espèces végétales comme le blé ou le colza qui commencent à montrer leurs limites en termes de rendement et de charges.

" En gagnant en tardiveté, on peut déplafonner les rendements. "
Bertrand Dechaumont, à Monneville dans l'Oise.

Un investissement important

65 000 € pour l'acquisition du semoir Samco six rangs avec son équipement de pulvérisation 

250 €/ha de coût du film plastique en complément 

1,5 ha/h de débit de chantier (vitesse de 7-8 km/h) en comptant les changements de rouleaux de film plastique

Désherbage en prélevée : mélange Atic Aqua 2 l/ha + Isard 1 l/ha + Adengo 1,5 l/ha en mélange

425 ha : blé tendre, colza, orge de printemps, maïs, lin textile, betterave sucrière, légumes (betterave rouge, flageolet, oignon)

AVIS D’EXPERT

Maxime Rigault, technicien développement chez Samco

« Un gain de 3 semaines entre le semis et le stade 6-8 feuilles »

« Aujourd’hui, nous avons 60 équipements Samco utilisés en France pour des semis sur 8 000 hectares environ. Nous étions montés à 10 000 hectares en 2013. Notre technique de semis sous plastique est développée surtout dans le Grand Ouest. Elle exprime d’autant plus son potentiel que nous sommes dans des situations de printemps froids. Elle permet de monter de 150 à 200 points en indice de précocité et de gagner 35 à 40 q/ha en rendement. Le plastique augmente la température du sol de 7-8°C pour un gain de 250 à 300° jour sur la durée de vie du plastique, à savoir cinq à sept semaines. Le maïs commence à traverser le plastique à son stade 6-8 feuilles. Les plants peuvent être levés en quatre jours et, par rapport à un semis traditionnel, on gagne trois semaines pour arriver au stade 6-8 feuilles. Nous réalisons des essais variétaux sur une quinzaine de sites avec 150 à 200 variétés de maïs testées, entre autres, sur leur capacité à traverser le film puis à se redresser. »

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