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ILS ONT DIT
Des pistes pour des transmissions en douceur

Considérée comme l'ultime projet professionnel d'un agriculteur, la transmission d'une exploitation ne s’improvise pas. La profession a présenté des solutions pour faciliter leur cession.

À ce jour, 40 % des chefs d’exploitation ont plus de 55 ans », a annoncé Raymond Vial, président de la chambre d’agriculture de la Loire, lors d’une table ronde organisée par l’APCA (chambres d'agriculture) le 20 novembre sur le thème de la transmission. De quoi laisser présager de nombreuses installations dans les dix prochaines années. Cependant, « s’installer n’a jamais été aussi difficile qu’actuellement », estime Emmanuel Hyest, président de la FNSafer. « Les exploitations sont maintenant trop grandes et sont dures à reprendre », constate Pierre-Marie Vouillot, vice-président des Jeunes Agriculteurs. Estimation de l’exploitation, prix de reprise, financement, agrandissement, accès au foncier… tous ces freins amènent à repenser le mécanisme de transmission. Et les idées ne manquent pas. Pour Martial Pouzet, conseiller transmission à la chambre d’agriculture de Charentes, « le cédant a besoin de capital pour bien vivre sa retraite mais la reprise de sa ferme est difficile puisque son capital est trop élevé. Il faut qu'il transmette son exploitation progressivement ». Dans une reprise progressive, le repreneur et le cédant s’associeraient quelques années avant la cession. Progressivement, le repreneur récupèrerait des parts sociales de l’entreprise et le cédant pourrait effectuer des ventes à terme. « La prise de risques serait ainsi partagée », précise le conseiller.

Une dotation pour la transmission et l’installation

Autre solution, la création d'une DPTI, dotation pour la transmission et l’installation. Imaginé par les Jeunes Agriculteurs, cet outil permettrait à l’exploitant en activité d’approvisionner un compte défiscalisé pendant cinq ans. Lors de la cession, l’exploitant récupèrerait un tiers de cette somme, le montant restant serait à la disposition du repreneur. Charge à lui ensuite, de rembourser le cédant dans les dix ans. Pour Emmanuel Hyest, de la FNSafer, « il est important d’évaluer l’exploitation à céder avec des références officielles ». Autre suggestion, le statut du fermage. Selon Guy Vasseur, ancien président de l'APCA, « il faudrait peut-être ouvrir le dossier, mais c’est un débat qui doit se faire au niveau syndical ».

Une année difficile aussi pour les ETA

L’année 2016 n’a pas été bonne non plus pour les entrepreneurs de travaux agricoles. « Pour la première fois depuis dix ans, nous avons perdu 1 000 emplois », confiait Gérard Napias, président de la FNEDT, fédération nationale des entrepreneurs du territoire, en conférence de presse le 6 décembre. Le président pointe du doigt la suppression des mesures d’allègement de charges pour les travailleurs occasionnels et demandeurs d’emploi TO/DE. Ce qui augmente de 2 à 3 euros l’heure travaillée.

Autre sujet d'inquiétude, le financement de la trésorerie des ETA. Alors que 40 % des surfaces en céréales sont récoltées par les entrepreneurs de travaux agricoles, la FNEDT craint des retards de paiement. La fédération a demandé des reports de cotisations sociales et des échéances de prêts, ainsi que l'aide au financement des trésoreries garanti par la BPI. « Même si les agriculteurs ont des difficultés financières, ils préfèrent payer l’entreprise qui leur fait leurs travaux », rassure toutefois le président.

Face aux trésoreries tendues, les banques ne finançant plus les achats de matériels, la FNEDT espère que les agriculteurs se tourneront davantage vers eux. « Il ne faut plus regarder le coût d’une prestation de services mais combien elle rapporte », conclut Patrice Gauquelin, délégué communication de la FNEDT.

« Les aides directes n’ont jamais été construites pour faire de la gestion de risque. Elles servent à faire monter le prix des intrants, voire l’aval. Et lorsque l’on a une aide au revenu directe, ça permet de prendre plus de risques. »

Jean Cordier, professeur d’économie à l’Agrocampus Ouest, le 6 décembre au congrès de la CGB

« L’argent public sera de plus en plus rare, le départ des Britanniques, c’est 10 millions d’euros à trouver dans l’Union européenne. Soit les Vingt-sept s’organisent, soit ils baissent les dépenses, et dans ce cas, le budget agricole, le premier budget européen, sera le premier concerné. »

Michel Dantin, député européen, lors du congrès de la CGB (betteraves) le 6 décembre

« Il faut aller voir en Irlande ce qui se passe en ce moment : on n’arrive plus à produire de blé parce que l’on n’arrive pas à gérer collectivement les résistances. »

Denis Tardit, président de Syngenta France, au congrès du négoce agricole (FC2A) le 25 novembre

«Encore faut-il que les primes PAC soient versées et que le plan de soutien financier des agriculteurs ne soit pas inutilement complexifié par l’administration… voire par le ministre de l’Agriculture lui-même quand il encourage publiquement […] à 'aller chercher du crédit chez les fournisseurs !'. Non, monsieur le ministre, les fournisseurs ne sont pas banquiers. »

Frédéric Carré, président de la FC2A, le 25 novembre

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