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Des intrants de mieux en mieux modulés

En 2016, David Vincent a réduit ses dépenses en intrants grâce à des cartes de biomasse et à l’arrivée de son nouveau pulvé, qui lui a permis de moduler ses apports en fongicide.

« En 2015, c’était la cata, mais cette année, je suis dans la moyenne historique haute de l’exploitation», explique David Vincent. Côté prix, l’agriculteur a choisi au printemps dernier d’engager toute sa récolte en prix moyens auprès de sa coopérative, compte tenu des perspectives de prix moroses. Il a pour l’instant reçu un acompte de 140 euros/t. Après deux années difficiles, cela ne suffira pas. « Avec l’agriculture de précision, j’ai des charges de structure, souligne-t-il. Mon taux d’endettement est de 90 % foncier compris. Tout ce qui contribue à alléger la trésorerie est bienvenu. » Il a également un encours chez sa coopérative, préfinancé par un prêt court terme à 1,2 % garanti par sa récolte. Le système proposé par sa coop est rodé : l’acompte sur la récolte 2016 paie les charges 2015-2016, celles de 2016-2017 étant ensuite financées sur le même principe. « C’est une forme d’intégration mais c’est rare de trouver un banquier pour jouer ce rôle, reconnaît l’agriculteur. Et en ce qui concerne la vente, je ne peux et ne veux pas stocker car c’est trop risqué. Je préfère donc livrer à ma coop en prix moyens. »

Des cartes de biomasse pour diminuer le dernier apport d’azote

Pour retrouver de l’autonomie, David Vincent mise sur la technique et l’agriculture de précision afin d’ajuster au plus près de ses besoins ses intrants. Cette année, il a amélioré la modulation intraparcellaire grâce au programme SatRepère d’Arterris fondé sur l’analyse de photos satellites. « Ce service m’apporte des cartes de biomasse dans un format que je peux analyser avec mes outils, souligne-t-il. Ça m’a permis d’ajuster mes doses d’azote au quatrième apport. » Sur les quatre parcelles engagées (blés dur et tendre), il est parvenu à économiser 6 à 23 euros/ha d’azote. « J’avais gardé 60 unités/ha pour mon quatrième apport. Les cartes m’ont permis d’en mettre moins. Pour un service facturé 9 euros/ha, j’estime que je suis gagnant. » L’agriculteur a réengagé toutes ses surfaces de céréales pour 2017.

Le troisième traitement fongicide ajusté à l’aide du nouveau pulvé

David Vincent s’est également servi des cartes de biomasse pour ajuster les traitements dernière feuille étalée/épiaison : « là où le potentiel de biomasse était plus important, j’ai mis des pleines doses, sachant que nous étions dans un contexte de pression plutôt forte ». Son nouveau pulvérisateur Isobus lui offre cette possibilité, puisqu’il est capable d’appliquer en automatique une carte de préconisation modulant les volumes de bouillie. «J’ai fait descendre mon IFT à 0,7 et j’ai économisé au total 30 % de fongicides, j’ai même ramené à la coop des bidons de Ruby et de Prosaro inutilisés, observe-t-il. Et mon blé était sain partout. » Si l’investissement est lourd, 65 000 euros hors revente de l’ancien modèle, David Vincent ne regrette pas d’avoir changé de pulvé. «Le coût ramené à l’heure, qui intègre entretien et assurance, est peu différent : j’ai plus de remboursement mais moins d’entretien et plus de confort de travail, explique l’exploitant. Je suis entre 30 et 35 euros/h contre 26 à 43 euros pour mon ancien modèle. » Or cela lui permet d’aller plus loin dans sa stratégie.

Voir aussi : Trois stratégies à l'épreuve de la moisson 2016, Philippe Houdan : ventes anticipées et sarrasin pour sauver la mise, François Mellon : se sécuriser en diversifiant et en associant ainsi que Trois tendances qui remuent les grandes cultures.

Entre attente des aides PAC et nouveaux projets

David Vincent attend avec impatience les aides PAC sur la récolte 2015. « Mon raisonnement est le suivant : ma récolte doit couvrir les intrants et ma rémunération, tandis que les aides PAC servent à payer les charges de structure. Il me manque aujourd’hui environ 15 000 euros de primes. » Cela ne l’empêche pas de réfléchir à de nouveaux projets. Parmi ses idées : l’acquisition d’un capteur type NDVIA pour avoir des cartes de végétation aux étapes clés du cycle, ou l’achat d’une déchiqueteuse à bois pour valoriser le bois issu de l’entretien des haies et des arbres présents sur la ferme.

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