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Des goulets d’étranglement susceptibles de freiner lourdement les échanges mondiaux

Un rapport de la Chatham House montre l'importance des goulets d'étranglements dans la dynamique des échanges internationaux.

Chaque année, des millions de tonnes de blé, de maïs et de riz se déplacent des zones de production vers les zones de consommation. Et sur leurs trajets, elles rencontrent régulièrement des goulets d’étranglement. Dans un rapport publié cet été, l’institut royal britannique des affaires internationales, la Chatham House, montre que ces goulets, très rarement étudiés en tant que tels, sont générateurs d’une grande insécurité dans les échanges de grains mondiaux.

53 % des exportations mondiales de blé, de maïs et de riz transitent par les nœuds de transport identifiés aux États-Unis, au Brésil et en mer Noire. « L’un des principaux risques pour le commerce international agricole est le manque d’infrastructures adéquates, estiment les auteurs du rapport. Pour combler ce manque, il ne s’agit pas seulement de construire davantage. De nouveaux développements doivent permettre d’améliorer la résistance des infrastructures à des climats hostiles lorsqu’elles vieillissent. »

« Vieilles, congestionnées, vulnérables aux inondations et à la sécheresse », les voies fluviales du centre des États-Unis constituent ainsi pour eux un danger. En 2020, le système de transport sur le Mississipi et dans l’Illinois devrait atteindre 90 % de ses capacités, ce qui risque de ralentir les échanges. Même inquiétude vis-à-vis de la mer Noire où, en dehors des risques liés au froid, les auteurs estiment les capacités de stockage des six ports de la zone déjà atteintes.

Or pour approvisionner certaines zones, impossible d’éviter ces goulets d’étranglement, qui peuvent être bloqués pour des raisons logistiques, climatiques, mais aussi politiques. Un peu plus du tiers du grain importé en Afrique du Nord et au Moyen-Orient doit transiter par les détroits turcs, un point de passage très sensible mais incontournable. Dans un futur proche, « la croissance du commerce international va conduire à une augmentation de la dépendance vis-à-vis des goulots d’étranglement », prévoient les auteurs du rapport. Et pourquoi pas, à une remontée des cours.

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