Aller au contenu principal

Méthanisation : « J'ai arrêté les Cive d’été, épuisantes pour les sols »

Agriculteur à L’Aiguillon-sur-Vie en Vendée, Francis Chiron a testé les Cive d'été en 2019 et 2020. La réussite aléatoire et l'impact sur le sol l'ont incité à renoncer à ce type de culture.

Francis Chiron : "Notre méthaniseur est alimenté par des productions végétales, qui ont remplacé notamment les graisses d'industries agroalimentaires que nous utilisions avant." © Gaec Chiron
Francis Chiron : "Notre méthaniseur est alimenté par des productions végétales, qui ont remplacé notamment les graisses d'industries agroalimentaires que nous utilisions avant."
© Gaec Chiron

« Depuis 2015, nous alimentons un méthaniseur avec du fumier, du lisier, des cultures ensilées et des graisses d’industries agroalimentaires. Au fil des années, nous avons délaissé ces dernières devenues coûteuses au profit de productions végétales. Nous avons utilisé de l’ensilage d’herbe, des couverts végétaux d’interculture et acheté de l’ensilage de maïs.

En 2019, après la récolte de 16 hectares d’orge, nous avons semé un mélange de sorgho, de tournesol et de nyger (methani.couv). Nous espérions 5 à 6 t/ha de matière sèche mais nous n’en avons obtenu que 3-4 t/ha sur la moitié de la surface, le reste n’ayant pas levé. En 2020, suite à un seigle non récolté pour cause d’excès d’eau, nous avons semé le mélange le 20 mai. Nous l’avons récolté fin septembre à 8 t/ha de MS. Mais cela n’a produit que très peu de méthane dans le digesteur, car les plantes étaient trop ligneuses à la récolte. À cause de la sécheresse estivale, nous n’avons pas retenté le mélange après les orges, d’autant plus que le coût des semences est élevé.

Par ailleurs, je remarque que la culture d’une Cive d’été induit une préparation de sol et le passage d’engins agricoles plusieurs fois à l’interculture. Nous avons des terres limono-sableuses sensibles à la compaction, humides l’hiver, séchantes l’été. Nous préférons en revenir à une production épuisant moins les terres comme la culture d’un ray-grass pendant 18 mois avec trois récoltes, suivi d’un maïs plutôt que trois cultures sur ce laps de temps. Le ray-grass passe très bien dans le digesteur. »

Gaec Chiron à 3 associés (Francis, Alain et Loïc Chiron) et 3 salariés ; 430 hectares dont 150 de prairie naturelle, 100 de maïs (dont 80 pour l’alimentation porcine), 50 d’orge d’hiver, 25 de blé et de triticale ; élevage de brebis (mouton vendéen), de vaches (charolaise), de truies.

Les plus lus

Moisson 2021 : une récolte de blé tendre en net rebond
Avec des rendements en blé tendre attendus autour de 75 q/ha, la moisson tricolore devrait renouer avec des volumes confortables…
L'indice des fermages pour les prochaines factures est de 106,48 © C. Baudart
Terres agricoles : hausse de l’indice des fermages 2021
Le nouvel indice du fermage vient de paraître au Journal officiel. Fixé à 106,48, il connaît ainsi sa troisième hausse en trois…
cartes agence bio surfaces 2020
Agriculture biologique : les surfaces continuent de croître en grandes cultures
Les surfaces certifiées bio ont continué d'augmenter en grandes cultures en 2020, mais les surfaces en cours de conversion…
« Pour l’implantation du colza, limiter au maximum le travail du sol pour maintenir la fraîcheur »
Le colza est une plante exigeante sur la structure du sol, surtout avec des semis effectués en plein été. Chargé d’études sur l’…
Moisson 2021 : vers une récolte abondante et historiquement tardive
En ce début juillet, le temps instable se poursuit et les pluies, même faibles, se succèdent, retardant les moissons. Les…
Moisson 2021 : brève accalmie avant de nouvelles pluies ?
De nouveaux orages sont annoncés pour la fin de semaine. Pour préserver la qualité de la récolte, les moissonneuses s’activent…
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 100€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Grandes Cultures
Consultez les revues Réussir Grandes Cultures au format numérique sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce à la newsletter Grandes Cultures