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Auxiliaires de l´agriculture
Des abeilles et autres insectes pollinisateurs à succès pour les cultures

Les insectes pollinisateurs sont à prendre comme un facteur de succès quand on recherche une production de graines optimale.


L´impact des abeilles n´est pas négligeable pour certaines grandes cultures. Les fleurs de colza, de tournesol et de féverole produisent nectar et pollen. Elles sont visitées par les abeilles et d´autres insectes pollinisateurs. Mais sur colza, l´impact des abeilles n´est pas évident. Sur les variétés classiques, l´autopollinisation passive (frottements entre fleurs, action du vent) en conditions de plein champ apparaît satisfaisante et le colza possède un fort pouvoir de compensation dans le cas d´une pollinisation et fructification médiocres.
En revanche, dans des types variétaux tels que les composites hybrides lignées (CHL), la qualité de pollinisation est très importante. Les hybrides mâles stériles constituent de 70 à 80 % de l´association variétale. Ils doivent être pollinisés par les 20 à 30 % des pieds restants de lignées, les seuls à produire du pollen. Ici, la présence des abeilles accroît de façon significative les chances de succès de pollinisation et donc d´obtenir de bons rendements. A noter que la teneur en huile des colzas peut être dépendante de l´activité pollinisatrice des abeilles. Des études sont en cours.

Sur tournesol, l´action des insectes pollinisateurs est plus importante. La fécondation des fleurs de tournesol est entomophile, c´est-à-dire réalisée par les insectes tels les abeilles mais aussi les bourdons. Sans ces insectes, on enregistrerait des chutes de rendement.
Les bourdons sont moins nombreux que les abeilles mais assurent une pollinisation efficace, en particulier sur féverole. ©N. Morison/Inra

Des bourdons plus efficaces que les abeilles
Autre grande culture dépendante des insectes pollinisateurs : la féverole. Mais l´importance de l´autopollinisation passive par rapport à la pollinisation entomophile varie fortement selon les variétés. « De plus, si les abeilles visitent en nombre les fleurs de féverole pour leur nectar notamment, elles ne sont pas les plus efficaces pour pénétrer à l´intérieur des fleurs et pour en assurer une pollinisation croisée. C´est là qu´interviennent certaines espèces de bourdons dont le travail de pollinisation apparaît plus performant », explique Bernard Vaissière, chargé de recherches en pollinisation entomophile à l´Inra d´Avignon. Le chercheur conclut que « plus la variété d´espèces pollinisatrices est grande, meilleure est la fructification des plantes et donc la production de graines ». En effet, les insectes pollinisateurs rencontrés sur les cultures ne se limitent pas aux seules abeilles domestiques. Il existe également des abeilles sauvages, diverses espèces de bourdons et autres hyménoptères (xylocopes, mégachiles, andrènes.), des syrphes (mouches ayant l´apparence de guêpes ou d´abeilles), voire certaines espèces de coléoptères et de papillons. Tous concourent à la pollinisation des plantes.
Des grandes cultures se passent complètement de leurs services comme les céréales mais aussi le pois, le lupin, le soja, le lin. où la part d´autopollinisation passive est très importante. En plus des grandes cultures, les cultures porte-graines mellifères (ou mellitophiles) comprennent beaucoup d´autres espèces cultivées comme la luzerne, les trèfles, les potagères.
Les agriculteurs multiplicateurs de semences connaissent bien le rôle prépondérant des insectes pollinisateurs pour une production maximale de graines, mais aussi pour une production de qualité en matière de faculté germinative par exemple. Sur les alliacées (oignons, poireaux.) et ombellifères (carottes, céleri, persil.), les abeilles sont accompagnées par les syrphes. Pour ces cultures, la biodiversité joue tout son rôle.

L´article a été rédigé avec l´aide de l´ouvrage « Le traité Rustica de l´apiculture », septembre 2002, 528 pages (nombreux auteurs).

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