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campagne 2010-2011
Démarrage en fanfare des exportations de blé français

Actuellement seule en lice avec les États-Unis pour alimenter le marché mondial en blé tendre de qualité, la France va enregistrer des exportations records cette année sur pays tiers.

Déjà 3.9 million de tonnes (Mt) de blé français expédiées au 5 novembre depuis juillet 2010 « Le débouché sur pays tiers serait potentiellement de 15 millions de tonnes, mais on ne pourra pas y répondre », a constaté Xavier Rousselin, de FranceAgriMer. L’office a donc placé les exportations sur pays tiers à 11 Mt dans son bilan prévisionnel. Un chiffre qui constituerait déjà un record, bien que reflétant une vision « modérée » aux dires même de FranceAgriMer. Une révision à la hausse en cours de campagne n’est donc pas à exclure. Les ventes à destination de l’Union européenne seraient en revanche en léger repli, à 6,9 Mt.

UNE QUALITÉ IRRÉPROCHABLE

La France bénéficie à plein de la défection de la Russie. Le géant céréalier a suspendu ses exportations de blé jusqu’à la fin de l’année, et devrait prolonger l’embargo jusqu’en juin. Jusqu’à l’arrivée des récoltes de l’hémisphère sud, seules l’Amérique du Nord et l’Europe restent en lice pour alimenter un marché mondial où les besoins sont importants. Dans ce contexte, la France dispose de deux atouts de taille : sa proximité géographique avec les pays à l’achat, majoritairement situés sur le bassin méditerranéen et au Moyen-Orient, et l’excellente qualité de sa récolte. L’Égypte avait déjà acheté 720 000 tonnes de blé tendre français début septembre, plaçant cette origine en première position de ses fournisseurs. Rançon de la gloire, la logistique tricolore peine à suivre. Les infrastructures portuaires tournent à plein régime et sont menacées d’engorgement. Jusqu’aux ports de Caen et des Sables d’Olonne qui participent à l’effort national.

L’ALLEMAGNE HORS-JEU

Avec un différentiel de prix avoisinant 20 euros la tonne entre le blé meunier et le blé fourrager, la France va chercher à valoriser au mieux son avantage qualitatif. Fait inédit, l’Hexagone devrait importer 1,2 Mt de blé fourrager, afin d’accroître son disponible exportable en blé panifiable. Les tonnages proviendraient essentiellement d’Allemagne. Ce pays, réputé pour l’excellence de ses blés, se retrouve avec une récolte largement déclassée en raison de pluies tardives, et doit importer du grain pour sa meunerie. Face à cette tension sur le marché, les fabricants d’aliments vont réduire les incorporations de blé à 4,6 Mt, le niveau le plus bas depuis 1993. C’est 800000 tonnes de moins que l’an passé. La demande se reportera essentiellement sur le maïs (+ 400 000 tonnes) et sur l’orge dans une moindre mesure.

La meunerie ne peut pas jongler de la sorte avec les matières premières. « Le problème n’est pas la disponibilité, mais le prix, précise-ton à l’Association nationale de la meunerie française. Avec une hausse des cours aussi importante, les meuniers seront obligés de la répercuter sur le produit fini. » Une simple « question de survie », pour Jean-Marie Poncey de la Générale des farines, qui souligne « qu’entre la volatilité et le niveau élevé des prix, il est difficile de donner des prix à des clients qui achètent sur de longues périodes, comme la grande distribution ».

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