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Dégâts d'oiseaux : "L’étalement urbain est favorable aux pigeons et corvidés"

François Chiron est enseignant chercheur à AgroParisTech, rattaché au laboratoire d’écologie de l’université Paris Sud. Il étudie plus particulièrement le pigeon ramier et livre son point de vue sur la façon de gérer cet oiseau dans les cultures.

François Chiron, AgroParisTech : " il manque les données d’occupation" concernant les pigeons ramiers.
© AgroParisTech

Que connaissons-nous des oiseaux et en particulier du pigeon ramier, en fort développement ces dernières années ?

C’est une espèce très banale mais peu connue. Nous avons les données de populations en France grâce aux suivis Stoc et de l’ONCFS. Mais il manque les données d’occupation, à savoir les facteurs qui influencent le plus les populations à une échelle paysagère.

Quels éléments de connaissance pourraient être utiles pour une gestion des populations en milieu agricole ?

Nous avons besoin de comprendre la dynamique démographique et spatiale des populations. Cela signifie de déterminer comment le pigeon effectue sa recherche alimentaire, voir s’il a un comportement social lui permettant de trouver plus rapidement une ressource fluctuante dans le temps, vérifier s’il y a un effet de mémoire qui permet à l’oiseau de revenir de façon récurrente sur un même site, déterminer s’il y a une sélection alimentaire vers des cultures plus énergétiques que d’autres… Tout cela, nous ne le connaissons pas avec précision.

Il y a quand même quelques données comportementales connues chez le pigeon ramier…

Oui. En Angleterre, on a pu corréler le développement de la culture du colza avec le maintien des populations de ramier en période hivernale, ce qui a engendré une forte augmentation des populations derrière. En France, une étude de l’ONCFS avec des ramiers munis de balise a permis de voir que les pigeons du jardin du Luxembourg dans le centre de Paris allaient s’alimenter sur le plateau agricole de Saclay, quelques dizaines de kilomètres au sud. Il y a manifestement une interaction entre l’environnement urbain et celui agricole pour des espèces généralistes comme les pigeons et les corvidés. Les effets de l’étalement urbain sont favorables à ces espèces qui y trouvent le logis alors que les parcelles agricoles de proximité sont leurs garde-manger.

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