Aller au contenu principal
Font Size

Dégâts d'oiseaux : des tours de parcelles toutes les demi-heures pour Antoine et Florian Deborde

Sur la ferme des Deborde qui compte 145 hectares, le tournesol perd des hectares en raison des attaques d'oiseaux.

"En 2017, pendant un mois, nous avons passé le clair de notre temps à surveiller nos tournesols des déprédations d'oiseaux."
© C.Gloria

À Saint-Martin-de-Fraigneau, Marc-Antoine et Florian Deborde ne ménagent pas leur peine contre les oiseaux sur tournesol. « Nous sommes aussi bien confrontés aux déprédations de corvidés pendant le semis qu'à celles des pigeons ensuite, souligne Marc-Antoine Deborde. Le seul moyen que nous avons trouvé pour préserver nos tournesols est de visiter en permanence nos parcelles pendant la période à risque. » « Cela revient à passer toutes les demi-heures en début et fin de journée et toutes les heures au milieu, précise Florian. Heureusement, les champs ne sont pas distants. Mais en 2017 où nous avons connu des soucis de levée des tournesols, la période de surveillance a duré un mois ! » Autant dire que les volatiles sont source de stress chez les Deborde père et fils. La proximité de la ville de Fontenay-le-Comte à 5 kilomètres explique la forte présence de pigeons et de corvidés. « Tous les matins, on voit arriver à 6 heures 30 les pigeons de la ville, par centaines », affirme Florian.

Pour réduire au minimum les déprédations, les semis de tournesol sont effectués à la mi-avril de manière regroupée et en même temps que les autres agriculteurs du secteur. Un ou deux canons à gaz sont disposés dans les champs. « Mais leur efficacité n’est bonne que sur cent mètres à la ronde. Nous devons respecter des créneaux horaires d’utilisation de façon à ne pas gêner les habitants alentour par les détonations. Le dimanche notamment, ces horaires sont très restreints. »

Les oiseaux ont raison de la culture du tournesol

Mais il n’y a pas de repos dominical pour les oiseaux dans leurs méfaits. « Nous déplaçons tous les jours les canons pour ne pas laisser les oiseaux s’y habituer et parce qu’il y a des vols de matériel", déplore Marc-Antoine Deborde. L’agriculteur constate que les gestes de malveillance concernent aussi les cages pièges gérées par la fédération de chasseurs ou celles mises à disposition par la FDGedon. Ces cages sont parfois retrouvées ouvertes. Leur efficacité est jugée moyenne.

Le prix bas du tournesol et l’impact des oiseaux risquent d’avoir raison de la culture. « Dans notre commune, nous connaissons au moins six agriculteurs qui l’ont abandonné. En ce qui nous concerne, nous en avons remplacé une partie par d’autres espèces comme le pois ou la carotte semence il y a deux ans. Nous cherchons effectivement des cultures de remplacement », admet Florian Deborde. Malgré tout, le tournesol garde une bonne part de l’assolement chez les Deborde. Rançon de la surveillance de tous les instants, les agriculteurs s’évitent les ressemis et parviennent à garder des rendements corrects, de 25 à 30 quintaux/hectare sur les terres limoneuses lors des bonnes années. Au final, ils se préservent une rentabilité économique sur la culture.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Réussir Grandes Cultures

Les plus lus

Récolte dans le nord de l'Eure-et-Loir. Le rendement national moyen de blé tendre est estimé à 6,83 t/ha par le cabinet Agritel, en baisse de près de 8 % par rapport à la moyenne olympique. © G. Omnès
Moisson 2020 : une récolte de blé française sous les 30 millions de tonnes
Les spécialistes du marché des céréales continuent de réviser leurs chiffres de récolte de blé tendre à la baisse. La production…
L'attaque de jaunisse constatée sur toute la zone de production française de production de betteraves pourrait conduire au plus bas rendement depuis quinze ans, selon la CGB, qui demande des mesures urgentes pour éviter l'effondrement des surfaces. © CGB
Alerte rouge à la jaunisse : les betteraviers demandent un plan d’urgence
La CGB craint une forte baisse des surfaces de betteraves en 2021 si aucune solution n’est apportée face à la jaunisse, avec un…
La collecte chute de 20 % en blé tendre et en orge d'hiver par rapport à la moyenne décennale à la coopérative Ile-de-France Sud. © Gutner archives
Moisson 2020 : le grand écart du rendement en Ile-de-France comme ailleurs
La récolte des orges d’hiver, colza et blé tendre a rendu son verdict en Ile-de-France : des résultats très hétérogènes avec…
La surface retenue dans la dernière publication officielle des services du ministère de l'Agriculture laisse présager une production française de blé tendre inférieure à 32 millions de tonnes, en baisse de 8 Mt sur un an.  © J.-C. Gutner
Moisson : les surfaces officielles de blé tendre plombent (un peu plus) la prévision de récolte française
Sur la base des estimations de surfaces officielles publiées début juillet, la récolte de blé tendre français pourrait s’établir…
Nouveau silo de Biocer dans l'Eure. Avec une collecte qui double tous les cinq ans, les organismes économiques doivent adapter leur infrastructure de stockage et de tri. © Biocer
Agriculture biologique : les céréales bio face au défi de la massification
La dynamique de croissance forte et régulière enclenchée depuis trois ans pour les céréales bio confronte la filière à de…
Aymeric et Margot Ferté, Gilles Lancelin, Romaric Paucellier : trois expériences du bio en grandes cultures. © DR/C. Baudart
Bio en grandes cultures : la nouvelle génération de convertis bouge les lignes
Une exploitation de grandes cultures qui passe en bio ? C’est désormais banal. Partout, des conversions s’engagent, souvent par…
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
Moins de 8.50€/mois
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Grandes Cultures
Consultez les revues Réussir Grandes Cultures au format numérique sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce à la newsletter Grandes Cultures